17 janvier 2014

Jean Perrier Apremont 2012: "Vive la Jacquère libre!"

Que n'a-t-on dit sur la Jacquère, ce cépage savoyard capable du meilleur comme du pire...

Le pire, bien sûr, ce sont les vins de gros rendement, aussi neutres que la Confédération Helvétique toute proche, et qu'on descent comme une piste de ski. Vite bus, vite oubliés.

Le meilleur, ce sont les vins soignés. Mais il faut aussi que le dégustateur y mette un peu du sien.

La Jacquère n'est pas le Sauvignon, ni le Muscat. Un peu comme le Chasselas suisse, la Jacquère est une grande timide, qui ne donne pas tout tout de suite. Elle est aromatique à ses heures, mais dans l'élégance, pas dans l'exubérance. C'est tout sauf une fille facile. Surtout quand elle est de bonne famille. Car c'est aussi un révélateur de terroir.

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Fleur de Jacquère, de Jean Perrier & Fils (photo (c) H. Lalau)

J'en veux pour preuve l'Apremont de Jean Perrier 2012, que j'ai dégusté ce midi. Négociant et producteur, gros producteur, même (à l'échelle savoyarde), Perrier n'a pas honte de son cépage régional, il le revendique même, mentionnant même "Fleur de Jacquère" sur sa grande étiquette. Il a bien raison. Si tous les gros opérateurs avaient la même fierté de leur région, le goût du travail bien fait, à tous les niveaux de prix et pour tous les volumes, la France du vin ne s'en porterait que mieux.

Pour mémoire, l'Apremont - qui représente à lui seul 20% de la production savoyarde - est majoritairement issu de Jacquère, justement.

Au nez, cela démarre doucement, "c'est tout bon", par quelques notes de citronnelle - on ne se connaît pas encore; il faut s'apprivoiser. Alors on fait danser la donzelle dans le verre; et là, arrive un train d'arômes insoupçonnés - de l'abricot, du miel, une pointe de pamplemousse. En bouche, ce qui frappe d'emblée, c'est la vivacité; le vin a gardé un peu de gaz, il est légèrement perlant - d'aucuns parleraient de minéralité, je parlerai plus prudemment de "sympathique acidité". La finale, elle aussi, est vive. J'y trouve un peu de fumée. Serait-ce celle de la pierre à fusil?

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Apremont (Photo H. Lalau)

Ce qui me plaît, dans ce vin, c'est son côté espiègle. Il n'a rien d'explosif, mais une fois la conversation démarrée, il a plus à dire qu'on ne pouvait le soupçonner. Bref, la Jacquère ne sera peut-être jamais plantée dans le monde entier, mais ici, en Savoie, pourvu qu'on la traite bien, elle "fait le boulot".

Alors vive la Jacquère quand même! Les vins de Savoie ont trop longtemps vécu dans l'ombre des stations, de la vente locale à la clientèle captive. En fouinant un peu, pourtant, on trouve des produits qui méritent mieux, et même d'excellents. Faut-il juger Bordeaux d'après ses entrées de gamme? Alors, pourquoi le ferait-on pour la Savoie?

00:07 Écrit par Hervé Lalau dans France, Savoie | Tags : jean perrier, savoie, jacquère | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

16 janvier 2014

Boisset, Duboeuf et le Cellier des Saint-Etienne s'associent

B pour Boisset, C pour Cellier des Saint-Etienne et D pour Dubœuf, tel est l'attelage inattendu de BCD Développement, une structure commune aux trois groupes, dont l'objet est l'achat de vignobles. Notamment de vignobles d'adhérents du Cellier des Saint-Etienne, à Saint-Etienne des Oullières (Rhône), qui compte aujourd'hui 240 coopérateurs.

Une fois rachetés, ces vignobles seraient restructurés en lots d'une quinzaine d'hectares.

Les deux négociants s'assurent des approvisionnements, la coopérative des débouchés. Un contrat d'achats de raisins a été signé entre eux pour 5 ans.

 

08:57 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, Bourgogne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |