01 mai 2014

Après l'affaire Giboulot, le préfet de Saône & Loire adapte son dispositif de lutte contre la flavescence

Emmanuel Giboulot a été condamné (faiblement), mais la préfecture de Saône et Loire vient d'adapter son dispositif dans le sens réclamé par le vigneron.

En 2014, les viticulteurs des 49 communes du département fortement touchées par la maladie devront appliquer trois traitements insecticides; ceux des 52 communes où des pieds malades ont été trouvés de manière isolée devront appliquer deux traitements. Par contre, aucun insecticide ne sera imposé aux vignerons dans les 52 autres communes de la zone viticole où aucun foyer n'a été décelé, contrairement à 2013 où l'ensemble des communes viticoles, avaient dû passer trois traitements.

Par ailleurs, une zone expérimentale va être instituée entre Vergisson, Solutré et Pouilly, pour évaluer l'efficacité du premier traitement insecticide; en fonction des résultas, la seconde application pourrait être supprimée.

reste à voir ce que la préfecture de Côte d'Or décide - c'est là, en effet, et non en Saône et Loire que les vignes d'Emmanuel Giboulot sont situées. Et même si la flavescence ne semble guère respecter les limites départementales, les arrêtés d'application, eux, sont départementaux.

 

14:50 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, Ecologie/Bio/Biodynamie, France | Tags : flavescence, bio, bourgogne, giboulot | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

30 avril 2014

Envie de gerber

Hier, c'était la sortie officielle du classement 2014 des meilleurs restaurants du monde - pardon, The Worl's Best Restaurants, établi par le magazine anglais Restaurants et subventionné par Sanpellegrino (Nestlé).

Il y a beaucoup à dire sur la méthodologie de ce classement. Il suffit de gratter un peu. De faire fonctionner sa mémoire; même un poisson rouge devrait pouvoir se souvenir qu'en février 2013, le Noma de Copenhague (n°1 au classement) a dû fermer ses portes après que 63 de ses clients y aient contracté une intoxication alimentaire. Comme le Fat Duck de Londres, lauréat en 2005.

Un journaliste un tant soit peu curieux aurait pu aussi se demander pourquoi la majorité des restaurants cités sont des adeptes de la cuisine moléculaire; Perico Légasse l'a bien fait, lui!

Un rédac' chef un tant soit peu motivé aurait pu inciter ses troupes à s'interroger sur la représentativité de ce classement, sur l'influence exacte du sponsor, Nestlé, fournisseur officiel d'adjuvants textures moléculaires de ces majestés gastronomiques; sur le choix des restaurants en compétition... Avec, en question subsidiaire: où sont passés les restaurants français? Ne faut-il pas plutôt parler d'un classement des restaurants d'avant-garde, d'un classement de la cuisine expérimentale

Oui, mais en lui et place de ce travail d'investigation, hier, les téléspectateurs de la RTBF, télévision publique belge, ont eu droit à quelques minutes d'enfumage.

Mes confrères belges ont diffusé par deux fois, à 13h et 20h, un reportage consacré à ce classement, images et interviews de deux des chefs primés à l’appui – celui du Noma et celui de Can Roca.

Correction. Il ne s’agissait pas d’un reportage mais d’un "récit-montage" (c’est comme ça que c’était indiqué en petit à la fin sur l'écran). Car la RTBF n’a pas fait le déplacement de Copenhague ni de Barcelone. Pas assez d’argent. Ou pas assez de journalistes. Elle s’est donc contentée d’habiller les images reçues – de traduire les interviews, d'ajouter un plan passionnant du pilier de l'entrée du seul restaurant belge cité (le Hof Van Cleve) et de faire monter la sauce avec un petit commentaire enthousiaste. 

Le pauvre téléspectateur ne saura jamais rien des raisons de cette complaisance. Et voila 5 minutes de journal qui ne coûtent pas cher.

Vous me direz que ce n’est qu’un classement de cuisiniers, après tout. Que ça ne change pas la face du monde. Mais qu’est-ce qui me prouve qu'on consacre vraiment plus de travail quand on couvre l’actualité en Ukraine, les affaires de politique intérieure, DSK, Morelle, Cahuzac, le vrai faux téléphone de Sarkozy, le conflit israëlo-palestinien?

Pour le vin et la gastronomie, je connais un peu le dessous des cartes, alors je peux exercer mon esprit critique. Mais pour le reste, je n’ai  pas de compétence particulière et je ne suis parfois qu’un consommateur d’images. Tout ça me donnerait presque envie de gerber. Et pourtant, je fréquente guère les grands restaurants moléculaires.

09:44 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France, Gastronomie, Grande-Bretagne | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |