19 avril 2014

Blanches Demoiselles des Corbières

Voici un blanc du Sud comme je les aime. 

Ni trop variétal, ni trop matraqué par le bois, ni trop oxydé, et du charme à revendre.

C'est un Corbières, le Blanc de blancs du Cellier des Demoiselles 2013 (puisque je me tue à vous dire que c'est un bon millésime en Languedoc!).

Le vinificateur ne s'est pas spécialement simplifié la vie, puisqu'il a assemblé 4 cépages: Macabeu, Marsanne, Grenache blanc et Bourboulenc. 

Le nez évoque les fleurs blanches, l'anis et le cédrat. La bouche est vive, mais ronde quand même, avec quelques notes de réglisse en finale; un bel équilibre.

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Pour information, le Cellier des Demoiselles, ainsi nommé en hommage aux femmes qui ont travaillé la vigne pendant la guerre de 1914-18, est situé à Saint Laurent de la Cabrerisse (sur le terroir de Boutenac).

Contact: Cellier des Demoiselles 

 

17:48 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

17 avril 2014

Portrait-robot du vin parfait

Me voici à Carcassonne, pour déguster un millésime prometteur - 2013.

Non, ce n'est pas une blague, ni une vacherie à l'attention des régions viticoles de France sinistrées à un titre ou à un autre, l'an dernier.

En Languedoc, 2013 est effectivement une belle année. Les blancs et les rosés sont très friands, les rouges présentent un bel équilibre - du fruit mûr, mais aussi une fluidité, de l'élégance. Comme d'habitude, certains vins sont meilleurs que d'autres, mais la moyenne est élevée. 

Téléscopage de l'actualité, j'ai lu hier dans la presse anglaise que le portrait-robot du vin qui plaît aux Britanniques est un genre de syrah-grenache australien, assez bodybuildé. Je suis aussi tombé sur deux autres portraits-robots: ceux de l'homme et de la femme idéale, publiée par le Daily Mail.

Je ne suis pas sûr que les canons de la beauté soient internationaux. Mais plus profondément, je suis assez allergique à cette idée du vin idéal, à cette sorte de check-list des éléments constitutifs du grand vin - la version liquide des cheveux de Scarlett Johansson et du ventre de Gwyneth Paltrow. 

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Photo: Daily Mail

Déjà, en ce qui me concerne, je ne décompose pas. Je dirais plutôt que je cherche à me faire une image globale du vin (et d'une femme aussi, d'ailleurs). 

Bien sûr, j'aurai tendance à vouloir identifier ce qui peut enlaidir un vin, le déséquilibrer, et cet élément-là interviendra dans mon jugement. Mais a contrario, ce qui pourrait passer pour un défaut peut aussi, à l'occasion, donner de l'intérêt à un vin. Des tannins un peu rugueux, une acidité à la limite du mordant, un peu d'amertume. Où commence la "typicité" (si elle existe) et où finit la rusticité, par exemple?

D'une femme, on dit parfois qu'elle a du chien. N'y voyez pas une insulte, mesdames, en ce qui me concerne, c'est un compliment. Du charme et de la personnalité. Je crois que ça s'applique au vin aussi; comme à la musique, à la peinture, à la littérature. Et la somme des pièces du puzzle ne suffit pas à expliquer ce qui nous plaît ou pas. Il y a une sorte d'alchimie, une harmonie, un équilibre qui se crée ou pas. 

Aucun des vins que j'ai dégustés ces derniers jours ne correspondent à l'idée de vin parfait, de vin idéal. Pour deux raisons. D'abord, parce que pour moi, ce vin n'existe pas. Le vin idéal est le prochain, l'espoir du vin à venir. Par ailleurs, je privilégie le caractère par rapport à une beauté lisse et froide.

On dit que la beauté est dans l'oeil de celui qui regarde (merci Shakespeare). Si on applique cette définition, alors, il ne peut pas y avoir un vin parfait, un vin idéal, il y a autant de vins parfaits et de vins idéaux que de dégustateurs. A un moment donné, et pour un type d'accord gourmand donné.

Oui, ça complique sacrément l'analyse. Mais je ne vous ai jamais dit que le vin était une chose simple!

08:38 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |