20 février 2014

Giboulot, le retour: Olivier Leflaive, le bio et les traitements de la flavescence dorée

De Vitabella, je reçois ce midi ce texte d'Olivier Leflaive, que je ne peux m'empêcher de verser au dossier de l'affaire Giboulot, que j'évoquais hier.

Plus globalement, il pose l'éternel problème du but et des moyens. Et accessoirement, de la certification des produits de traitement bio - comment, par qui, pourquoi?

écologie,flavescence,giboulot,leflaive

Olivier Leflaive

Mais laissons la parole à Olivier Leflaive:

"Nous avons nos grands crus en biodynamie, nos premiers crus et villages en biologique, et nos petites appellations (bourgogne générique et aligoté) en lutte raisonnée, c’est-à-dire raisonnable. Mais nous achetons aussi des raisins à de nombreux viticulteurs qui ne sont pas en bio pour faire des vins qui n’auront pas de certification "bio". Alors, me direz vous, quelle est la conclusion de tout cela? Elle est simple: chez Olivier Leflaive, nous n’avons pas de certitudes absolues!

La seule philosophie à laquelle nous  croyons est notre envie de respecter l’environnement le mieux possible. En premier lieu, il faut savoir que le «bio» ou la « lutte raisonnée » ont 6 pratiques communes:
1) Labourer pour éviter les herbicides
2) Des engrais à base de  compost
3) Pas de préventif mais du curatif (sauf soufre et cuivre)
4) Le traitement par le soufre contre l’oïdium
5) Le moins possible de traitement  par le cuivre contre le mildiou (nocif)
6) La lutte prophylactique (aération   de la végétation, évasivage sévère)

En cas d’attaque violente, quel que soit le mode de traitement,  nous ne nous interdisons rien en choisissant bien évidemment le moins polluant. Nous sommes avant tout pragmatiques et refusons l’intégrisme aveugle car nous considérons qu’il y en a déjà assez dans le monde! Un exemple frappant? La lutte contre la flavescence dorée, fléau qui s’accélère et face auquel nous avons actuellement deux solutions :

1) la première acceptée par l’approche biologique: un produit (pyréthine) à base de molécule identique au sarin (un gaz mortel) qui élimine bien la flavescence mais qui tue aussi toute la faune auxiliaire (typhlodrome, abeilles).
2) la deuxième, un produit chimique (pyrévert) mais sélectif, donc qui n’attaque pas la faune auxiliaire.

Vous l’avez compris, dans ce cas le produit «bio» est plus nocif que le traitement chimique! Alors, que faut-il faire ? Que feriez vous à notre place?

Bio à fond ou décision raisonnée? Sans certitude absolue, nous avons décidé d’être raisonnable pour faire les grands vins que vous connaissez…"

11:59 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, Ecologie/Bio/Biodynamie, France | Tags : écologie, flavescence, giboulot, leflaive | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

Le foie gras, notre patrimoine... et le vin aussi

N'en déplaise aux anti-foie gras, qui, sous couvert de défense du bien être animal, n'hésitent pas à recourir à l'intimidation et à la désinformation, je suis heureux de rappeler ici que le Parlement français a voté en 2006 le texte suivant: «le foie gras fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé, en France...» (article L. 654-27-1 du code rural et de la pêche maritime (article 74 de la loi n° 2006-11 d’orientation agricole du 5 janvier 2006).

En bon Français, je continuerai donc à soutenir cet excellent produit et sa filière, Comme je soutiens le vin. Un produit noble qui mériterait lui aussi d'être protégé au titre de notre patrimoine culturel, avant que des fous furieux, nouveaux bigots du végétalisme ou de l'antidépresseur, ou simplement désinformés, nous en privent au nom de leur conception personnelle de ce qui est bon pour nous.

08:21 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France, Gastronomie | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |