11 mai 2014

In Vino... L'Hospitalitas

Hier, j'ai ouvert une bouteille de L'Hospitalitas 2011, une des cuvées parcellaires de Gérard Bertrand - celle-ci vient du Château de L'Hospitalet, à La Clape.

Je connais l'endroit (j'ai séjourné plusieurs fois à la Clape); de plus, je connais la plupart des rouges de cette gamme - j'ai eu l'occasion de les déguster à Carcassonne lors de Millésimes en Languedoc.

Depuis, j'ai un a priori plutôt favorable sur Gérard Bertrand, sa philosophie, son travail, ses équipes.

Oui, mais chaque vin est différent, il faut se débarrasser de ses a priori à chaque nouvelle bouteille.

Des a priori, ma femme n'en a pas, en la matière. Elle ne connaît pas Gérard Bertrand, elle ne situe pas La Clape sur une carte, elle n'a aucune préférence pour le mourvèdre, la syrah ou le grenache, aucun avis sur la longueur d'élevage ou le type de barrique. Si moi, je déguste le crayon à la main, si j'analyse, si je décortique, elle, elle goûte avec le seul souci de savoir si elle va finir le verre. 

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Hier, je lui ai servi L'Hospitalitas. Elle ne m'a pas parlé de ses jolis arômes (de fruits noirs et de cuir), ni des épices (allez savoir comment, le romarin et le thym de la garrigue ont sauté dans le verre!), elle m'a seulement dit ceci: "C'est le meilleur vin que j'ai bu depuis longtemps. Tu m'en ressers?".

Je précise que le vin ne manque pas à notre table, c'est un des avantages de ce métier. Parmi les derniers que je lui ai servis, il y avait pas mal de grands noms. 

Ce qui m'a frappé, aussi, c'est qu'elle ait instinctivement apprécié ce vin, certes corpulent, solaire, mais aussi élégant, et très frais (il y a une superbe touche d'eucalyptus et de menthe en finale). La somme, le tout vaut plus que l'addition des éléments, des arômes, des textures, ce vin a du fond, une matière, une sorte de magie, la coexistence pacifique mais improbable de plusieurs couches de saveurs. Vous voyez ce que je veux dire? Sinon, même pas grave, il suffit de boire!

L'Hospitalitas mérite bien son nom, puisqu'il accueille aussi bien les oenophiles, les oenolâtres et ce que j'appellerai, sans mépris aucun, "le commun des buveurs". Ceux qui apprécient le vin sans trop se poser de questions, ceux qui gardent l'esprit et la bouche ouverts. Ceux qui ne se paient pas de mots.

J'arrêterai là. Quand c'est bon, c'est bon!

00:19 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Tags : gérard bertrand l'hospitalitas | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

08 mai 2014

Faugères, tout crus

La Cave Coopérative de Faugères, alias Les Crus Faugères, représente à peu près la moitié des 2.000 ha de l'appellation éponyme. Elle est issue du regroupement de trois unités plus petites. On la connaît également sous le nom de sa principale marque, le Mas Olivier

"C'est le lieu dit où la cave est installée", précise Philippe Maury, son président. Maury, un nom prédestiné quand on travaille sur des schistes!

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Faugères (Photo Fagairolles 34)

Pas question pour lui, d'ailleurs, que la Cave de Faugères ne mette en marché autre chose que des vins marqués par le schiste. 

"C'est notre origine et notre originalité, on ne va quand même pas les gommer par un élevage trop prononcé!". 

Même pas pour la garde? "Je ne suis pas convaincu que nous ayons des vins faits pour une grande garde, dans le Sud. 10 ans, c'est déjà bien. Et puis, quand nous utilisons le bois, c'est plus pour arrondir."

Vous pensez bien que je buvais ses paroles. Et puis ses vins. En voici quelques uns...

Rosé des Schistes 2013

Un joli rosé de table qui évoque la framboise et le jasmin; la bouche est enlevée, guillerette, mais pourtant souple; belle finale de pierre à feu. Bouteille à vis. 14,5/20

Terrasses de Rieutor 2013

Oui, on fait du blanc à Faugères, et même du bon! Les cépages utilisés ici sont la marsanne, la roussane et un poil de grenache.  6 mois de fut 

Très joli nez de poire et de pêche blanche bien mûre, accompagnées de fleurs blanches même d'un peu de violette. En bouche, bois est là, qui donne un peu de gras et de fumé, mais très bien intégré. N'oublions pas la belle salinité en finale, ni la petite pointe de fenouil. 15/20

Les Tourelles 2011

On change de couleur, de cépages, mais pas de sol: c'est toujours du schiste bleu. Est-ce pour cela que la violette réapparaît, et les fleurs blanches aussi? Ajoutez un peu de questche, des épices, de la menthe et puis de la pierre à fusil. Etonnant comme la fraîcheur et le croquant du fruit reviennent en finale! Ca c'est du vin!  16/20

Sélection de parcelles.

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Voila qui donne l'envie d'aller saluer les vignerons...

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Tags : faugères, mas olivier, vin, france | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |