17 mars 2014

Dans l'écurie d'Auzias

Non, la France n'a pas le monopole des vins chers. La Chine marche sur ses traces, avec le domaine Reifeng-Auzias. Chez Lavinia, on trouve ainsi deux cuvées de ce domaine proposées pour 222 euros (à prix d'ami)
Le terroir, à ce qu'on dit, est exceptionnel. D'ailleurs, Decanter prétend qu'il s'agit du meilleur Cabernet Franc au monde (la Loire appréciera). Finalement, c'est une affaire!
Dommage que des vignerons mal embouchés prétendent que le coût de revient d'un vin ne dépasse jamais 25 euros la bouteille, où qu'il soit produit. Des envieux, sans doute. Les gens sont médisants. En plus, ils n'ont rien compris à la loi de l'offre et de la demande.

D'auzias.jpg

06:54 Écrit par Hervé Lalau dans Chine, France | Tags : reifeng-auzias, vin, chine | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

14 mars 2014

France, où est ton patrimoine gastronomique?

Le repas gastronomique français est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis plus de 3 ans.

Bravo.

Mais où le trouve-t-on?

Pas au buffet de la gare du Nord. Pas chez Paul. Pas chez Flunch non plus. Pas chez la jolie Magali (22 ans), qui vient de découvrir le minutage des oeufs à la coque. Peut-être chez Mme Chombier (72 ans), retraitée des Postes et dépositaire de la recette de blanquette de veau de la tante Augustine?

Chez quelques restaurants étoilés, aussi. Mais ce n'est pas là qu'on va tous les jours.

220px-Cuisinierfrancois.jpg

La France de Hollande n'est plus celle du Cuisinier François

 

Sommes-nous toujours au niveau de notre réputation? Des amis étrangers me font régulièrement part de leurs doutes, voire de leurs déconvenues. A propos de ce qu'il y a dans l'assiette (qualité des produits, qualité de la cuisson, température, quantité) et autour - service désinvolte, manque de politesse, additions gonflées, conseil défaillant (notamment en matière de vin). C'est vrai que le "repas gastronomique français" est une expérience totale, rien ne devrait gâcher la fête.

Au point que certains me disent qu’on mange bien mieux "français" à New York ou à Bruxelles qu’à Lyon ou à Montmartre.

Soyons honnêtes, chers compatriotes. Trop souvent, chez nous, nous ne faisons plus l'effort, partant du principe que la France n'a plus rien à prouver. Rien n'est plus faux. Chaque étranger mal accueilli chez nous, ou qui y mange mal, ou qui y boit mal, rapporte chez lui ses expériences; il peut non seulement ne plus avoir envie de revenir, mais il peut aussi décourager ses amis d'y aller, voire faire une telle allergie qu'il boudera les produits français chez lui.

C’est d’autant plus dommage qu’en temps de crise, notre économie a besoin de devises étrangères.

Ma fille rentre de Thaïlande. Bien sûr,  les paysages l'ont enchantée, la cuisine aussi; mais ce qui l'a vraiment séduite, c'est la gentillesse des gens. Des gens qui se détournent de leur chemin pour vous aider, qui vous montrent un temple ou un point de vue, qui vous font goûter les spécialités locales, bref, des gens qui sont les ambassadeurs de leur pays. Je ne dis pas que ça n'existe pas en France. Je dis que ça devrait être plus développé.

En matière de vin, bien sûr, cela présuppose que les Français ne décrochent pas. J'ai quelques craintes à ce sujet, car l'éducation au vin est de plus en plus rare dans les familles. Comme l'éducation aux arts, d'ailleurs. Mais soyons positifs. A chacun de faire de son mieux. La prochaine fois que vous croisez des Américains, des Japonais ou des Russes dans les rues de Paris, de Versailles, de Bordeaux, de Dijon ou de Colmar, pensez à moi. Non, je ne vous fais pas la morale. C'est juste que j'ai trop bu de café brûlé ou dilué, de bière éventée ou de vinasse à faire pleurer les yeux, servie chaude ou glacée, le tout, dans de vagues brasseries qui sentent le graillon et dont les serveurs n'ont jamais appris à sourire.

D'accord, je caricature un peu - si vous êtes l'exception qui confirme la règle, ami bistrotier, bravo et tant mieux!   

Dîtes-moi comment vous faites, ne serait-ce que pour donner des arguments aux autres, à tous ceux qui me parlent des charges trop lourdes, du personnel mal formé, du manque de personnel, etc...

00:15 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |