03 avril 2014

2013 à Bordeaux, un nouveau 2007?

Mon excellent confrère des 5 du Vin David Cobbold se demande si l'on ne va pas avoir avec les Bordeaux 2013 les mêmes (relativement) bonnes surprises qu'avec les 2007, dont certains échantillons dégustés ces jour-ci, s'ils n'ont pas la profondeur d'un grand millésime, sont "très bien, aujourd'hui'. On parle de Grands Crus, bien sûr, les autres étant bus ou à l'évier depuis longtemps...

Une remarque. Si je me réfère à nos commentaires chez IVV, 2013 est bien en dessous de 2007, en matière de rouges.

J'ai fouillé dans mes archives. En 2008, le "Monsieur Primeurs" d'IVV, l'œnologue Fabian Barnes, épinglait deux grands vins de 2007, Troplong Mondot et Château Margaux, qu’il qualifiait de "bluffants". Il énumérait aussi une quinzaine de "très beaux vins" (aussi bien rive-droite que rive gauche, type Rol Valentin, Pavie, Saint Pierre, Domaine de Chevalier…). Pour 2013, cette année, il ne cite qu’une dizaine de "bons vins". Principalement en Libournais.

Je lis ça et là que l'élevage pourrait améliorer les vins. Avec le temps, avec le bois, va, tout va mieux... J'ai du mal à y croire, compte tenu du défaut de matière des 2013. Une autre piste, dont on parle moins, serait l'assemblage:15% de 2012 ou de 2011 dans une cuvée de 2013 pourraient effectivement changer la donne.

Mais si c'est l'artifice utilisé, alors à quoi bon encore nous faire parler de millésime? A quoi bon les Primeurs, à quoi bon convoquer la presse? Comme le disait hier, sur les 5 du vin, l'excellent M. Mauss, "réservons les Primeurs aux courtiers et aux marchands!"...

 

00:50 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

02 avril 2014

Vive Beaucaire quand même!

Les dernières élections municipales ont porté à la tête de Beaucaire un maire front national.

Je n'y vis pas, je n'y vote pas, je n'ai aucune compétence pour juger le choix des Beaucairois; je suis démocrate, je respecte donc le verdict des urnes; et quand bien même, a priori, il me déplairait, ce blog n'est pas le lieu pour vous le dire, alors que vous ne me demandez rien. Alors que je n'ai aucune autorité sur la question.

Si je vous en parle aujourd'hui, c'est qu'il se trouve que j'ai visité cette ville à plusieurs reprises. La ville, et plusieurs de ses domaines viticoles. Je n'ai pas demandé eux vignerons leur couleur politique. Ce n'était pas l'objet. Bien sûr, je j'ai pas pu ne pas entendre que certains d'entre eux sont amers devant le chômage, les incivilités, les vols ou les agressions dans la région; mais c'est loin d'être un phénomène isolé. Et si certains désignent un peu vite des boucs émissaires, cela n'a rien de typiquement beaucairois. Et ça ne se traduit pas forcément par un vote.

Lundi, j'ai lu que des communes de gauche suspendaient leurs jumelages avec les mairies FN. C'est dommage pour les habitants. Les habitants des deux parties, je veux dire.

Et si l'idée est de "punir" les électeurs de leur vote, c'est une mauvaise idée. Les mettre au ban de la société ne peut, à mon avis, que les braquer encore plus. Jouer une France contre l'autre, je trouve ça moche. Et contreproductif: en faisant preuve d'ostracisme, on justifie en quelque sorte celui de l'autre. A l'heure où l'on nous vante tellement le vivre ensemble, c'est pour le moins paradoxal. 

En ce qui concerne le vin, je ne me vois pas faire des recommandations en fonction de la couleur politique d'un vigneron, a fortiori celle de sa ville, à laquelle il n'adhère peut-être même pas.

Je continuerai donc à déguster les vins de Beaucaire, Costières de Nîmes, Clairette de Bellegarde, IGP, Vin de France ou internationaliste. Domaine des Chardons. Mas des Tourelles. Cave de Bellegarde. Les Mourgues du Grès... D'où qu'ils viennent, s'ils sont bons, je les vanterai.

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A Beaucaire, au Domaine des Clos, ancien domaine viticole transformé en chambres d'hôtes

Cela va sans dire, mais apparemment, encore mieux en le disant.

Non seulement c'est ma conviction intime, mais c'est surtout ma mission de journaliste.

J'ai entendu ce soir Marc-Olivier Fogiel interviewer le Frontiste Florian Philippot sur RTL, à propos du nouveau gouvernement. Je n'ai guère pas senti d'empathie entre les deux hommes. Le journaliste semblait un peu sur la défensive. Peut-être n'avait-il pas envie d'être là. Il n'a pas servi la soupe, non; il n'a sans doute pas convaincu non plus les partisans de M. Philippot. Mais au moins l'interview a-t-elle eu lieu. En Belgique, ce serait impossible puisque l'extrême droite est interdite de micro, en vertu du "cordon sanitaire". Je le regrette car je pense que les électeurs ont le droit de tout entendre.

A fortiori les buveurs, parce qu'on ne doit pas mélanger les genres. 

 

 

19:31 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |