09 août 2016

A l'abbaye de Belleperche, et nulle part ailleurs

Si vos pas vous mènent du côté de la Gascogne, cet été, et plus précisément près de Castelsarrazin, je vous conseille la visite de l'abbaye de Belleperche, qui abrite un musée des plus intéressants: celui des Arts de la Table.
Vous y apprendrez, comme moi, mil et un détails de l'histoire gastronomique, du tranchoir à la fourchette en passant par la mandrina. Car si les collections sont belles, les commentaires sont bien écrits, didactiques, enrichissants.

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Saviez-vous que le nom de guéridon vient d'une personnage de la commedia del Arte?

Que nous pratiquons aujourd'hui le service à la russe?

Qu'il a fallu attendre le premier empire pour pouvoir déguster le café comme nous l'appelions aujourd'hui, et non, à la Turque? Que la fourchette, qui nous vient de Byzance, a longtemps été précédée d'une réputation sulfureuse?

Savez-vous ce qu'était une cuillère aux apôtres?

Savez-vous que c'est à l'anglophilie de nos compatriotes du 18ème siècle que nous devons les tables fixes de salles à manger (jusque là, on utilisait des tréteaux)IMG_9668.jpg


Et le vin dans tout ça? Il est présent, bien sûr, au travers de la verrerie, de magnifiques services à boire, et même de bacs à rafraîchir.
Mais il n'y a pas que le vin dans la vie. Il y a l'art de vivre, bon sang, et il en fait partie.

http://www.musee-arts-de-la-table.fr/

12:30 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France, Gastronomie, Grande-Bretagne, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

06 août 2016

A l'ami Pousson, à propos des cocktails au Cahors

De retour de vacances dans le Sud-Ouest, je découvre une polémique qui m'avait échappé. Elle concerne les cocktails au Cahors.

Cette idée lancée par l'interpro a suscité pas mal de réprobation dans la blogosphère du vin. Vincent Pousson en tête. Voici son billet.

Je lui concède d'être articulé, argumenté. Même si je ne suis pas d'accord. Je pense en effet que la réaction est démesurée. 

Je ne suis pas fan des cocktails, mais je constate qu'il s'en pratique un peu partout et avec toutes sortes de vins. On n'a pas dû attendre la mixologie ni l'Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors pour que le vin serve de support à toutes sortes de mélanges (sans parler des élucubrations de blogueurs et blogueuses branchouilles - je ne parle pas de toi, Vincent, j'ai des noms, mais je n'ai pas envie de leur faire de la pub).

Ni toi ni moi, Vincent, ne pouvons dicter au consommateur ce qu'il doit faire du vin, en toutes occasions - après tout, une fois le vin acheté, cela nous dépasse. Et qui n'a pas mis un jour des glaçons dans un rouge trop chaud, ou du sirop dans un mousseux trop acide? Et quid du Spritz? Et puis, je pense qu'on le fait plus facilement avec un petit jaja pas cher qu'avec un vrai vin de terroir, celui que nous aimons, celui que nous défendons et illustrons au quotidien.

Mais plus important, je suis atterré que la critique visant cette opération - locale, et très marginale, dans l'action de l'interpro - soit élargie à l'ensemble de son oeuvre.

Ton attaque contre le prétendu "tout marketing" et le "tout Malbec", cher Vincent, relève de l'amalgame.

Regardons un peu ce qui s'est passé ces dernières années sur les rives du Lot et au-delà: on n'a jamais autant parlé de Cahors. La recherche des terroirs n'a jamais été aussi poussée - je peux en témoigner pour les avoir touché du doigt, littéralement, dans les fosses creusées à cet effet, lors du Festival Cahors Malbec. Et dans la dégustation des vins qui a suivie - ceux-ci étant justement rangés par terroir.

D'ailleurs, la communication sur les sols n'a fait que s'intensifier  - demande un peu à Claude et Lydia Bourguignon.

Parallèlement, bon nombre de vins de base, qui ne méritaient pas de figurer sous l'étiquette de Cahors, sont sortis de l'appellation pour se replier en IGP. Le syndrome de la vieille Carte Noire, dont tu parles à juste raison, se résorbe peu à peu, on commence à voir se dessiner une vraie hiérarchie des Cahors. Et des prix rémunérateurs, qui sont à la base de toute action.

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Je peux aussi témoigner du fait que le Malbec n'est qu'un vecteur, pas une fin. Les liens noués avec les Argentins, aujourd'hui principaux dépositaires du Malbec dans le monde, me semblent une preuve de bon sens, pas une dérive mondialiste: à chacun son Malbec, mais plus on en parle, mieux c'est pour tout le monde. Ne pas le revendiquer, c'eut été le laisser aux autres.

Au fait, ceux qui oublient Cahors au profit du Malbec ne sont pas les responsables de l'interpro, mais plutôt des gens qui misent sur leur marque, et grand bien leur fasse, tout le monde n'a pas la fibre de l'appellation.

Tu égratignes la Cave des Côtes d'Olt et Vinovalie; tu parles du Rosé de Piscine (IGP Comté Tolosan élaboré à Rabastens, rien à voir avec Cahors), mais tu aurais pu aussi parler de l'excellent Château des Bouysses - c'est juste une question de point de vue.

Il aurait été au moins aussi intéressant de se pencher sur le cas de Lagrézette, qui, lui, en appellation Cahors, et avec la notoriété qu'il a, et les réseaux qu'il a, préfère se profiler sous le logo "Château Lagrézette Malbec depuis 1503" (dans l'ordre que tu veux).

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Bref, je trouve quant à moi que la politique suivie par l'interprofession a été éminemment positive pour les vins de Cahors, leur image, leur segmentation, et qu'on aurait tort de jeter le bébé avec l'eau du bain, sous prétexte qu'une opération - mineure - de communication ne va pas dans notre sens, ne correspond pas à notre philosophie du vin.

Ceci dit en toute amitié, Vincent, parce que je pense que tu es sincère.

Moi aussi, soit dit en passant.

Car je ne suis pas payé par l'interpro pour écrire cela; j'ai eu moi même l'occasion de mettre en doute, il y a quelques années, la stratégie de Cahors. Je me suis rendu sur place, j'ai écouté, j'ai dégusté, redégusté, et j'ai changé d'avis.

Coïncidence troublante - parce que Jérémy Arnaud n'est pas derrière chaque cuve!, je pense que les Cahors, en moyenne, n'ont jamais été si bons. Les ténors sont toujours là, mais d'autres prennent la relève, et je trouve aujourd'hui du plaisir à différents niveaux de prix. 

A propos de l'interpro, et au-delà des personnes, il faudrait évoquer l'aide apportée aux viticulteurs en matière de connaissance de leurs sols, justement; en matière de pratiques culturales et oenologiques, et plus globalement, de leur fierté retrouvée. Ce qui est lié, bien sûr, à la hausse des cours, car pour faire de meilleurs vins, il faut pouvoir les vendre à bon prix.

11:01 Écrit par Hervé Lalau dans France, Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |