03 septembre 2014

Tout le fruit du Fronton, la Guillotte 2012

La Guillotte 2012 est un vin guilleret, joyeux, plein de framboise et de violette, de réglisse aussi; une bouche aussi enlevée que Sabines à Rome; une belle acidité, beaucoup charme, et pas seulement en surface, en profondeur aussi - rien d'étonnant, car c'est un vrai Fronton de Négrette. 

campsas

La Guillotte (Photo (c) H. Lalau 2014)

 

Le vin chéri des Toulousains. Et pas qu'eux.

La Guillotte, c'est le nom de la parcelle - des boulbènes caillouteuses (troisième terrasse géologique du Tarn, pour ceux à qui cela dit quelque chose). Un sol maigre, en tout cas.

Pierre Selle, son propriétaire, l'a héritée de générations de vignerons avant lui. Et pour mieux en perpétuer l'originalité, le fruit, la grâce, la séduction, il a choisi de la vinifier séparément de ses autres cuvées du Château Bouissel.

Que dire de plus? Bravo! Une preuve de plus que bien des trésors se cachent au sein de la mêlée des vins du Sud-Ouest, terre de rugby, et terre de gastronomie.

Plus d'info: Pierre Selle, Château Bouissel, Campsas

 

00:15 Écrit par Hervé Lalau dans France, Sud-Ouest | Tags : campsas | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

01 septembre 2014

Pourquoi importons-nous tant de miel?

Le marché du miel pourrait-il préfigurer l'évolution de celui du vin dans un futur plus ou moins proche?

Si c'est le cas, les viticulteurs français ont du soucis à se faire...

Jusque dans les années 1990, la France était globalement auto-suffisante en miel. Mais en 10 ans, sa production a été divisée par deux. Elle ne représente plus qu'un peu plus d'un tiers de la consommation nationale (15.000 tonnes sur 40.000).

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A quoi reconnaît-on une abeille française? Au prix de son miel!

Selon France AgriMer, la France a importé 25.500 tonnes de miel en 2012, principalement en provenance d’Espagne, de Chine, d'Ukraine, d’Argentine, d'Allemagne et de Hongrie. 

En cause, principalement le prix: un kilo de miel français coûte 3 euros à produire, pour seulement 1,5 euro en Espagne, par exemple. Difficile à comprendre si l'on se dit que l'essentiel du boulot est fait par les abeilles, qui ne connaissent pas notre code du travail et dont les habitudes ne dépendent a priori pas de la langue ou du modèle social du pays où leur ruche est implantée. Mais il y a tout le reste, la main d'oeuvre humaine, l'entretien des ruches, la récolte, la mise en pot - tout cela est imposé, encadré, assujetti - plein pot, au tarif national.

D'un autre côté, les producteurs français émettent de sérieux doutes sur la qualité de certains miels importés - notamment en provenance de Chine (premier producteur mondial, avec plus de 500.000 tonnes). Selon eux, les producteurs de l'Empire du Milieu écourteraient le cycle naturel de maturation du miel pour réduire les coûts, ne permettant pas aux abeilles de reboucher les alvéoles.

Pourquoi donc est-ce que je pense à des vins dont les raisins sont récoltés en sous-maturité et qui sont abondamment chaptalisés?

Qui qu'il en soit, le miel ainsi récolté contiendrait trop d'eau et se conserverait moins bien. 

Le hic, apparemment, c'est que le consommateur français ne fait guère la différence. Le produit s'appelle miel dans les deux cas, et l'origine est souvent assez discrète sur l'emballage. Alors il achète le moins cher.

Comment remédier à cet état de fait? Interdire les importations? Pour celles en provenance de l'Union européenne, ce serait contraire à la libre circulation des marchandises. 

Abaisser le coût du travail en France? C'est contraire au modèle français.

N'en déplaise à M. Montebourg, la part du miel national devrait donc continuer à baisser dans la consommation française.

 

08:10 Écrit par Hervé Lalau dans Chine, Espagne, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |