14 août 2014

Nicolas Feuillate est mort, la coopérative continue

Le Centre Vinicole-Champagne Nicolas Feuillatte (CV-CNF), ce sont 82 coopératives de Champagne, 5.000 vignerons et 2.300 hectares de vignes; ou encore, 10,4 millions de bouteilles produites en 2013.

Il est assez paradoxal qu'un tel attelage, une entreprise aussi collective,presque prolétaire, ait pu porter le nom d'un seul homme, et qui plus est, d'un grand capitaliste. Celui d'un ancien magnat du café, Nicolas Feuillatte, accessoirement ami du Gotha américain de la politique et du cinéma. 

Mais le commerce a ses raisons que la raison, la politique et le coeur ignorent bien souvent. Seul un petit code sur la capsule du champagne (CM, pour coopérative de manipulation) permet de relier la marque et son statut de coopérative.

Pour la petite histoire, Nicolas Feuillate avait cédé son nom à ce qui s'appelait encore la Cave de Chouilly en 1986.

Et si je vous en parle, c'est qu'il vient de mourir, à l'âge de 88 ans.

Le groupement continue, bien sûr - les marques ne meurent jamais,tout au plus peuvent elles se dévaluer et tomber dans l'oubli. 

 

00:06 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, France | Tags : feuillatte, champagne, france, coopérative | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

13 août 2014

Rosé-pamplemousse: une précision

Je précise ma pensée. 

Ce n'est ni l'existence, ni la présence des aromatisés dans les supermarchés, ou même chez les cavistes que je remets en question. Chacun voit midinette à sa porte, je ne considère pas ces produits comme du vin, je n'en bois pas, je n'en recommanderai jamais, pas plus que les vins désalcoolisés (merci à mes amis attachés de presse de le noter), mais le consommateur a le droit d'aimer et de choisir ce qui lui plaît, plaît, plaît.

Ce que je conteste, c'est que ces produits soient positionnés dans le même rayon, et bien souvent, au sein même des catégories de vins auxquels ils sont censés appartenir: ainsi, sur la photo ci-dessous, prise au Leclerc de Plan de Campagne, l'été dernier, on voit nettement que les rosés-pamplemousse sont présentés au milieu des vins rosés, d'appellation ou non. Et ça se passe en Provence, la région qui revendique les meilleurs vins rosés...

 

Rosé pamplemousse.jpg

En Provence, au pays du rosé... (Photo (c) H. Lalau 2013)

 

Quand un rosé pamplemousse voisine avec un rosé de syrah ou de cinsault, est-on sûr que tous les consommateurs font encore la différence entre cépage et arôme ajouté? Et notamment ceux qui sont censés accéder au vin via les aromatisés.

Au fait, je pense que c'est plutôt le contraire qui se passe: des amateurs de rosé traditionnel peuvent s'en détourner au profit de produits standardisés, à l'aromatique forte, constante et facile à reconnaître, et de très bas prix.

Je trouve ce voisinage dangereux pour les vins, alors que les aromatisés, eux, ne font que profiter de l'image du vin. D'ailleurs, la présentation évoque clairement l'univers vin. Il ne faut pas vraiment s'en étonner: les producteurs d'aromatisés sont pour la plupart des gros groupes de vins et jouent délibérément la carte de la confusion pour augmenter les ventes de cette catégorie qui monte en flèche depuis 3 ans.

Bref, ce que je demande, c'est que les aromatisés aient leur propre rayon, pour qu'on ne mélange plus torchons et serviettes. 

Last but not Listel, j'aimerais bien que les ODG des vins rosés me disent ce qu'ils en pensent, ce qu'ils comptent faire dans ce domaine. 

12:45 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France, Provence | Tags : rosé aromatisé, vin, boisson à base de vin | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |