10 septembre 2014

Buvons du Tigné en attendant l'été!

Pourquoi ne pas essayer de prolonger l'été (ou ce qui en tient lieu) avec quelques jolies bouteilles de Cabernet Franc de Loire? On dirait que ces vins vifs, espiègles et joyeux sont faits pour ça. Il peut être amusant, aussi, de comparer les différents profils de ce cépage, de Saumur-Champigny à Chinon en passant par Saint Nicolas de Bourgueil, Anjou, Anjou-Brissac...

En voici déjà un: l'Anjou rouge du Château de Tigné, Cuvée Les Terres Chaudes 2009.

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Photo (c) H. Lalau 2014

 

Et oui, le vin de Gérard Depardieu!

Berrichon de naissance, c'est sur les conseils de son ami Jean Carmet, lui même natif de Bourgueil, que Gérard s'est intéressé au vin de Loire.

Et comme notre Gégé national ne pas jamais les choses à moitié, voici 25 ans, il achetait le Château de Tigné pour y faire du vin. Ses premiers pas dans la viticulture, bientôt suivis par d'autres, en France, au Maghreb, en Argentine...

Nous sommes ici entre Saumur et Cholet, dans la région du Layon; une zone plus connue pour ses blancs de Chenin que pour ses rouges de Cabernet - et pourtant, certaines parcelles leur sont propices, comme ces "Terres Chaudes", auxquelles cette cuvée doit son nom du sol - des calcaires de teinte claire (les faluns), qui restituent la nuit la chaleur accumulée le jour. D'où une certaine précocité par rapport aux autres parcelles.

Par ailleurs, il s'agit de vignes plus âgées que la moyenne du domaine. Un peu plus de 40 ans - quand elles ont été plantées, Gérard tournait ses premiers films, Le Viager ou bien les Valseuses... Souvenirs souvenirs...

On peut discuter les choix de Depardieu, l'acteur, l'homme public et l'homme d'affaires. Mais ce n'est guerre ma sphère de compétence.

Je me bornerai à discuter son choix de producteur de vin; celui de faire du volume; ce qui entraîne le choix des grandes surfaces pour l'écouler, ainsi que des prix pratiqués, et partant, la marge dégagée pour améliorer le vin. On appelle ça le positionnement. Même si ce n'est pas lui qui fait le vin, de sa décision initiale découle tout le reste.

C'est le moment d'être franc comme le Cabernet: je ne suis pas un fan inconditionnel de Gérard, le vigneron. Souvent maigrelets ou marqués par le végétal, jusqu'ici, les vins du Château de Tigné me m'ont jamais emballé.

Mais voyons ce 2009.

Dans le verre, on a un vin plutôt gourmand, prêt à boire; une bonne concentration (mais pas trop extrait). De l'ogre Depardieu, on s'attend, non pas au pire, mais à de la démesure; et voici un vin certes charpenté, mais élégant; petits fruits rouge, fraise, cerise, framboise, cassis, bonne mâche, jolis tannins soyeux, retour du fruit en finale (une pointe de poivron vert). Pas d'esbroufe, comme le brave Obélix, ce vin vous dit "je ne suis pas un monstre, juste un peu enveloppé"

En un mot comme en cent, ceci est le meilleur Tigné que j'ai jamais dégusté; mieux, c'est un bon vin d'Anjou, bien dans son millésime (2009, année bien mûre), dans son cépage (le côté tendu), bien dans sa région. Un vin honnête, facile d'abord.

Depardieu ou pas, voila le genre de vin qu'on peut recommander à un ami, un peu comme on recommanderait un bon film, une bonne toile...

Château de Tigné, 1 rue Jean Carmet, F-49540 Tigné

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Tags : loire, cabernet franc, anjou, tigné, depardieu | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

09 septembre 2014

Les vendanges démarrent dans le Beaujolais sous les meilleurs auspices

Reçu de la très efficace Mélina Condy, d'Interbeaujolais, ce communiqué qui sent bon le raisin frais: 

 "Les premiers coups de sécateurs ont été donnés en ce début de semaine, dans les secteurs les plus précoces du vignoble (16 500 hectares situés entre Lyon et Mâcon). Pour les blancs, les vendanges ont débuté autour du 5 septembre du fait d'une maturation plus rapide du chardonnay.

Pendant plus d'un mois, près de 50 000 « coupeurs » et « porteurs » vont animer les rangs serrés de gamay et de chardonnay - car, ne l'oublions pas, le vignoble produit également du vin blanc. Les cuvages et les domaines préparent l'arrivée de cette indispensable main d'œuvre, le Beaujolais étant le seul vignoble français, avec la Champagne, où les vendanges manuelles sont généralisées. 

Sur le plan climatique, les conditions printanières idéales ont permis le bon déroulement de la floraison. Si les températures plutôt fraîches de l'été ont ralenti la maturation des raisins, elles n'ont aucunement porté préjudice à la récolte. Le retour du soleil ces derniers jours a permis à la maturation de très bien progresser et laisse présager d'une belle qualité de raisins. Les vendanges peuvent donc se dérouler sous les meilleurs auspices.

La météo clémente prévue pour les prochains jours devrait permettre de maintenir le bon état sanitaire du vignoble constaté actuellement. La maturation pourra ainsi s'achever dans les zones les plus tardives dans de bonnes conditions.

En volume, la récolte devrait être légèrement supérieure à la moyenne de ces 5 dernières années.

Même s'il est encore trop tôt pour le qualifier, les viticulteurs du Beaujolais se montrent plutôt confiants quant à la qualité du millésime 2014. Les premières dégustations diront ce que donnent les vins et de quels adjectifs il faudra parer cette nouvelle année."

 

 

23:01 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |