10 novembre 2014

Crémant d'Alsace Arthur Metz, Réserve de l'Abbaye

Une fois n'est pas coutume je laisse la place à un invité, mon ami Gérard Devos. Grand amateur de bulles (et accessoirement professeur en école hôtelière), il commente aujourd'hui, avec sa faconde coutumière, un vin que nous avons dégusté ensemble chez In Vino Veritas.

Arthur Metz Réserve de l’Abbaye Blanc de Noirs 

Dès sa présence dans la flûte, on ne peut nier visuellement la base rouge de ce 100% Pinot Noir. D’autres auraient certainement tenté une décoloration mais pas cette maison alsacienne, qui joue la franchise. Après 24 mois sur lattes, il vient offrir aux amateurs ses jolies perles à la crème abondante mais qui retombe assez vite. Malgré la puissance des fruits rouges (cerises, groseilles, fraises des bois) complétés d’une petite touche de fruits blancs, il ne manque pas de fraîcheur. La bouche franche invite à l’apéritif par la présence d’une pointe d’amertume. Le milieu de bouche est expressif et la finale bien persistante, sur des notes de torréfaction. 

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Bar de ligne en croûte, cabillaud aux poivrons, filet de veau ou volaille sauce crème seront d’excellents compagnons pour ce vin qui – et cela ne gâte rien, présente un excellent rapport qualité prix. 

Gérard Devos

00:39 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, France | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

09 novembre 2014

Bordeaux Blues

J'ai vécu mardi un moment... intéressant lors d'une dégustation de nouveautés d'In Vino Veritas.

Je vous rappelle le principe: on goûte tout et à l'aveugle - enfin, on connaît juste l'appellation.

A ce petit jeu, on a souvent des surprises; nous avons commencé allègrement avec deux Champagnes, dont un a passé tout aussi allègrement la barre de notre sélection.

Puis nous avons eu trois Bourgogne blancs. Un Pouilly-Fuissé, un Beaune Premier Cru et un Bourgogne générique. C'est ce dernier que nous avons retenu. Comme quoi la hiérarchie des AOP est toute relative.

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La preuve en est encore apportée avec les quatre Bordeaux qui suivent. On commence avec un Graves que je trouve assez amusant, joli nez de fruit noir, quoi qu'un peu fuyant en bouche. Les autres dégustateurs (nous sommes 5) ne sont pas enthousiastes. On en reste donc là.

Arrivent trois Saint Emilion Grand Cru (dont un classé), de trois années différentes - 2009, 2010 et 2011. 

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Dieu que ces vins étaient serrés, corsetés, austères. Il fallait vraiment se tirlipoter les neurones et les papilles pour y trouver du plaisir. Et c'était l'opinion générale (sommeliers et journalistes confondus). 

En comparaison, l'IGP Côtes Rhodaniennes et le Cairanne qui suivaient (deux 2012) nous ont semblé de vrais bijous, comme une rasade de jus de fruit au sortir d'un désert de bois brulé.

Bon, bien sûr, on objectera que ce ne sont que trois Bordeaux sur des centaines. 

Certes, il faut des vins pour tous les goûts et pour toutes les occasions. Mais attention à ne pas décourager l'amateur honnête qui veut d'abord un vin plaisant.

Ou bien sommes nous sur un autre créneau, celui des amateurs des GCC - Grands Crus Chiants

Votre avis m'intéresse.

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08:51 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |