05 décembre 2014

Emmanuel Giboulot relaxé

Condamné en première instance, l'empêcheur de pulvériser en rond vient d'être relaxé en appel.

J'ai bien peur que rien de ce que je pourrais dire ne change votre opinion sur la question. Il s'agit en effet d'un sujet "clivant". 

Je me bornerai donc à demander ce qui va ce passer maintenant.

L 'arrêté préfectoral obligeant les vignerons à pulvériser préventivement contre la flavescence dorée a été invalidé par la cour d'appel au prétexte que le ministre n'avait pas donné son aval et que le caractère d'urgence n'était pas prouvé. 

Est-ce à dire que l'on peut refuser d'appliquer tout arrêté préfectoral tant qu'il n'a pas été approuvé par le ministre?

Par ailleurs, dans l'éventualité d'un développement de la flavescence en Saône et Loire, des vignerons pourraient-ils se retourner contre M. Giboulot?

00:39 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

03 décembre 2014

De la visibilité

Un commentaire récent sur le blog des 5 du Vin me donne à réfléchir.

C'est une question, en fait: "Est-ce que je fais partie des critiques "visibles", de ceux qui comptent dans le petit monde du vin?" 

La réponse est non.

Primo, je ne me considère pas comme un critique. Je suis journaliste, je l'étais avant de me spécialiser dans le vin, et je ne limite pas mon métier aux commentaires ni aux notations. 

Cet aspect mis à part, la réponse est encore non. Même comme journaliste.

Depuis 5 ans, je suis rédacteur en chef adjoint d'In Vino Veritas, une revue dont le slogan bien belge est 'probably the most modest Belgian wine magazine". Et je reprends cette modestie à mon compte.

Ce n'est pas moi qui fait le marché; ce n'est pas mon commentaire que les investisseurs attendent pour acheter ou pas une caisse de grand cru. Ce ne sont sans doute même pas les compte-rendus de mes pérégrinations entre Campanie, Chili, Saint Joseph, Pézenas ou Ajaccio qui peuvent décider massivement des comportements d'achat des buveurs qui me lisent, et encore moins de ceux qui ne me lisent pas.

Je ne suis ni Parker, ni Spurrier, ni Bettane. Je ne me prends pas non plus pour Decanter ou la RVF à moi tout seul.

Il y a bien les deux blogs pour lesquels j'écris régulièrement, celui-ci et les 5 du Vin.

Mais là encore, je ne me fais pas d'illusion. Quelle que soit leur audience (variable, mais je ne m'en plains pas, je m'étonne au contraire chaque jour d'avoir la chance d'intéresser quelques amateurs de vin), je ne pense pas être un véritable "influenceur". Je suis convaincu que les sites comme La Passion du Vin ont beaucoup plus d'influence.

Et ça ne me gêne pas. Il n'y a pas une once de jalousie de ma part envers des gens qui auraient plus de visibilité, plus de notoriété - grand bien leur fasse!

La seule chose à laquelle je tiens, et pour laquelle je suis prêt à me battre, c'est pour ma réputation. C'est pour cela que je n'admets pas que Mme Saporta puisse croire - ou faire croire - que les journalistes du vin mangent tous dans la main des producteurs par crainte de ne plus pouvoir écrire demain.

Je ne sais pas trop quel est l'avenir de mon métier. Je ne suis pas sûr que je le recommanderai à un jeune journaliste. Mais c'est le mien et j'y tiens, je fais de mon mieux pour en mériter le nom, et à ce compte-là, je pense qu'il est aussi noble de tenir la rubrique basket-ball à La Nouvelle République du Centre que de présenter le journal télévisé sur TF1.

Ce n'est sans doute pas le même salaire, mais ce devrait toujours être la même exigence.

06:41 Écrit par Hervé Lalau dans France, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |