12 janvier 2017

Michel Chapoutier, portrait et vin

Mes confrères d'In Vino Veritas, Johan De Groef et Marc Vanhellemont, ont interviewé Michel Chapoutier pour leur rubrique "Caracterres", qui mêle terroir et psychologie. C'est à lire ICI

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08:07 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

27 décembre 2016

Il y aura du mousseux dans l'IGP Méditerranée

Le Conseil d'Etat français a rejeté le recours des Crémants de France contre la production de vins mousseux IGP Méditerranée. Dans le même temps, cependant, il a refusé ce droit à l'IGP Oc.

Il paraît que la décision de la cour suprême de l'administration française se base sur l'antériorité de la production dans la zone; vu l'étendue et le côté disparate de l'IGP Méditerranée, qui s'étend de la Corse au Département du Rhône, je me demande bien en quoi la demande est plus légitime à l'Est qu'à l'Ouest du Rhône...

Je ne résiste pas au plaisir de publier ici l'article du cahier des charges de l'IGP intitulé: "7.1 – Spécificité de la zone géographique"

"La zone géographique de l’indication géographique protégée «Méditerranée» recouvre le quart sud-est de la France. Ce territoire est constitué de reliefs variés, encadrés par des sommets élevés tant sur le continent que sur la Corse. Vallées, plateaux et coteaux se côtoient dans une ambiance toujours méditerranéenne. L’architecture, les paysages, la culture, les usages, témoignent de cette histoire commune.

La mer Méditerranée est à l’origine de cette histoire, que ce soit au plan géologique (différentes incursions de la mer sur le continent actuel), au plan historique et culturel (influence des Grecs puis des Romains et des Génois en Corse), et surtout au niveau climatique. La culture méditerranéenne se traduit aujourd’hui dans des modes de vie (alimentation, région de l’huile d’olive) et dans des paysages marqués par une végétation résistante à la sécheresse et des reliefs toujours présents encadrant les vallées où l’agriculture a pu se développer en optimisant les faibles ressources en eau. Au sein de cette zone géographique, le vignoble est installé sous l’influence climatique méditerranéenne, sur des zones soumises à des précipitations irrégulièrement réparties au cours des saisons (concentration en période hivernale, et épisodes orageux parfois très violent aux périodes d’équinoxe et d’intersaison). Ceci entraîne une alternance de périodes de sécheresse plus ou moins longues et de séquences humides. Le climat méditerranéen comprend un régime de vents spécifiques marqué par le « marin », vent de secteur sud chargé d’humidité qui souffle sur le golfe du Lion et la Provence en modérant les excès de température et par le Mistral, vent sec parfois très violent, qui ventile l’axe Rhodanien du Nord vers le Sud en contribuant au maintien d’un bon état sanitaire du vignoble. Sur l’ensemble de la zone, l’ensoleillement et les températures sont exceptionnellement élevés".

Parler d'ensoleillement élevé, d'ambiance toujours méditerranéenne et d'huile d'olive à des producteurs situés dans les départements du Rhône, de la Loire et de l'Isère ou même, pour la "zone de proximité immédiate", dans l'Ain, la Savoie ou la Haute-Loire, voila qui ne manque pas de sel.

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Cherchez l'erreur: le climat méditerranéen ne monte pas jusqu'à Lyon... mais s'étend bien au Languedoc

 

J'en sourirais si la matière n'était pas aussi pathétique. 

Pour moi, primo, l'IGP Méditerranée ne devrait jamais avoir été acceptée sous ce nom (quid de la Méditerranée italienne, espagnole, marocaine, algérienne, tunisienne, turque, chypriote, croate, slovène, bosniaque, albanaise, grecque, maltaise, libanaise, syrienne, israélienne, égyptienne et libyenne?), ni avec un territoire si hétérogène. 

Secundo, toutes les IGP devraient avoir le droit de produire des vins mousseux. Comment peut-on refuser au pays d'Oc de produire des bulles sous prétexte d'un manque d'antériorité, quand son territoire englobe celui de Limoux?

Tertio, chacun devrait se mêler de ses propres affaires: libres aux Crémants de réglementer leur production, de se fixer des contraintes, mais qu'ils laissent les IGP, censées offrir plus de liberté aux producteurs, exercer cette liberté! Le Conseil d'Etat doit-il devenir le Conseil du Protectionnisme d'Etat?

08:11 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |