16 novembre 2014

Champagne Louis Roederer Rosé 2009

Mes confrères de la RVF ont établi un classement des marques de Champagnes - subjectif, certes, comme tous les classements, mais il a le mérite d'exister. Et puis, comment ne pas aimer les gens qui s'engagent!

Toujours est-il que le premier à leur palmarès s'appelle Roederer.

Le hasard fait bien les choses: j'en ai dégusté une cuvée la semaine dernière.

Dire que j'ai été scotché, bluffé, tétanisé, non, ce serait exagéré. La cuvée en question - le Rosé 2009 a tout de même été sélectionnée haut la main par notre panel, et Gérard Devos, notre maître ès-bulles, en a fait le commentaire suivant:

"Ce rosé de saignée 2009 a été élaboré avec 62% de Pinot Noir de Cumières et 38% de Chardonnay de la Côte des Blancs. Aucune fermentation malolactique n’a été effectuée et 7% des jus ont fermenté dans des foudres. Un dosage de 9 grammes s’inscrit dans la finalité de la cuvée. Pour son attractive parure rose saumon, la matière passe par une macération pelliculaire à froids de 5 à 8 jours.

Après la tombée de la crème généreuse, la fine effervescence s’assagit et forme un beau cordon. La seconde partie de la dégustation offre au premier nez, une belle mixité fruitière où les cerises, la groseille rouge, les agrumes et les fruits jaunes s’entremêlent. Le second nez complexifie l’ensemble par l’apparition de notes de brioche, de pâte d’amande et d’une touche florale. L’instant magique vient avec une bouche marquée par une grande fraîcheur et une amplitude croquante sur une matière riche et ronde. L’explosion de la bulle est jouissive car elle titille la langue sans agressivité. En finale, le jus, décline quelques notes chocolatées, ce qui nous pousse vers un mariage avec le gâteau  forêt noir ou le gratin de fruits rouges. Il conviendra également à l’apéritif ou en tête à tête. Les viandes rouges ou les petits gibiers accompagnés d’airelles seront aussi de bons partenaires gastronomiques."

Que ces gentilles choses là sont joliment dites...

05_rose_test_0.jpg

 

Gérard et mes amis de la RVF me pardonneront, j'espère, d'être un peu moins enthousiaste. Non que je n'ai pas aimé ce produit, mais mon coeur n'a pas vraiment battu la chamade. Et puis, au risque de paraître terre à terre, pour une cinquantaine d'euros (le prix de cette cuvée), je peux acheter une demi-douzaine de bouteilles de bon Vouvray, de Seyssel, de Saumur, de Crémant du Jura, de Bourgogne ou d'Alsace. Sans parler du Franciacorta, du Cava, du Chandon argentin ou californien. Et si je veux du rosé, dans un style plus gourmand, il y a le Cerdon...

Gonflé, le Lalau, de comparer la Rolls des Champagne et un pétillant de Gamay du Bugey!

Peut-être, mais je vous le dis tout net: pour dépenser 40 euros en plus, il faut vraiment que j'ai beaucoup de plaisir en plus. Tel n'est pas le cas avec ce Roederer Rosé.

 

00:03 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, France, Savoie | Tags : bugey, cerdon, chmapgne, roederer, revue du vin de france | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

15 novembre 2014

Pour la Belgique morte... enfin, pas tant que ça

Vivre en Belgique est une grande chance pour moi, puisque j'y ai l'occasion de déguster des vins étrangers - pardon, non français.

Et de profiter d'une belle convivialité. On peut aimer la France, et apprécier ce pays pas si plat, ses habitants accueillants, pour la plupart, et dotés d'un sympathique humour.

Tout le monde ne le sent pas comme moi. Prenez Baudelaire, qui, ayant séjourné un temps en Belgique, s'est pris de haine pour ce jeune pays, qu'il ose appeler "le bâton merdeux de l'Europe".

En témoigne ce quatrain:

"On me demande une épitaphe

Pour la Belgique morte. En vain

Je creuse et je rue et je piaffe;

Je ne trouve qu'un mot : "Enfin!"

On croirait entendre un nationaliste flamand... 

Bon, la Belgique n'est pas encore morte, et même si c'était le cas, c'est l'affaire des Belges...

 

08:58 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France | Tags : baudelaire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |