19 décembre 2014

Ils ont des abattoirs, vive la Bretagne...

"C’est un symbole de la Bretagne", a déclaré Manuel Valls en arrivant à l’abattoir Gad de Josselin. 

C'est drôle, pour moi, la Bretagne, c'est autre chose qu'une industrie intensive, polluante et subventionnée; quand je pense à la Bretagne, je pense aux Traou Mad, aux fars, aux phares, aux menhirs, aux dolmens, au Kouinn Amann, au Cidre de Fouesnant, au Chouchenn, éventuellement aux coiffes et aux chapeaux ronds... Et au Muscadet, bien sûr!

Pas à ces pauvres cochons malodorants et qui nitratent tellement les rivières que les algues vertes envahissent les baies de la région. Il est amusant de lire que la filière se vante du "lien au sol" de ses producteurs, qui possèdent en moyenne 83 ha de terres par exploitation: ces hectares, ce n'est pas pour les porcs, qui sont entassés à raison d'un m2 par animal dans des hangars chauffés, mais pour épandre les déjections des animaux. Encore un peu, et on nous parlera de terroir!

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Ces algues vertes qu'on ramasse au bulldozer...

Bien sûr, M. Valls fait son boulot, il entend sauver des emplois; mais qui aura le courage de dire aux Bretons que ces emplois auraient dû être développés dans d'autres industries moins concurrencées, des secteurs moins bouchés? La filière se dit "responsable" (mais apparemment pas coupable de ses rejets); ne faudrait-il pas aussi qu'elle soit rentable, sans les subsides du contribuable européen?

10:25 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

Pour Noël, pourquoi pas l'Hermitage bio de la Cave de Tain?

J'ai rencontré Xavier Gomart, le Directeur de la Cave de Tain, lors d'un voyage sur place, à la fin août. J'avais apprécié son Saint Joseph, dégusté à cette occasion; il a eu la gentillesse de m'envoyer une sélection de sa (large) gamme.

Me voila donc embarqué dans un voyage immobile, au fil de ses Crozes-Hermitage, de ses Cornas, de ses Hermitage, avec même un Collines Rhodaniennes; et au fil des millésimes (de 2012 à 2009).

Ce qui me frappe, c'est la diversité. Les élevages plus ou moins longs, les assemblages, les cuvées parcellaires, il y en a pour tous les goûts. 

Le mien me porte surtout vers les produits qui laissent le plus parler la syrah, en ce qui concerne les rouges.

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J'ai tout particulièrement apprécié L'Hermitage 2012, "Vin Biologique".

Merveilleux, ce vin!

Ce n'est pas le genre de qualificatif que j'emploie très souvent. 

Je n'en vois pas d'autre pour désigner le fruité, le soyeux, le gouleyant de ce vin et l'harmonie entre ces parties. Et son côté sauvage, aussi. Il m'a pris d'assaut comme le Napoléon d'Arcole.

Il y a de la magie dans ce vin.

Plus que dans les mots pour le décrire, pour l'habiller...

Aussi suis-je tenté d'arrêter là. Que vous importe, en définitive, que je vous parle de mûre ou de framboise, de burlat ou de réglisse, de prunelle, de cuir ou de tabac, de thym ou de romarin, que je parle de fraîcheur ou d'acidité, ce qui revient au même.

Ceux qui m'aiment prendront le train... je veux dire, ceux qui me font confiance choisiront ce vin. Ce sera certainement un excellent compagnon pour vos repas de fêtes. Il ne craindra ni la dinde, ni le chapon, ni l'oie, ni la canette. Un peu de gras lui siéra, il a la vivacité pour le soutenir. 

Pour finir, un petit mot pour enfoncer un de mes clous favoris: négociant, coopérative ou cave particulière, petit ou gros faiseur, ce n'est pas mon propos. Je déguste et je commente. Ce vin me plaît, je le dis, qu'il vienne de la Cave de Tain ou d'ailleurs. Qu'il soit nature, bio, biodynamiste ou conventionnel. Si vos préférez des blogs plus spécialisés, plus engagés, libre à vous, je ne crache sur personne.

Ma vérité est dans le verre, et en l'occurrence, dans le verre, il y a un vin bio de coopérative.

A oui, j'oubliais, cet Hermitage coûte 25 euros prix départ cave. Pour ce prix là, combien de grands Crus de Bordeaux ou de Bourgogne?

00:03 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |