21 décembre 2014

Terra Ancestra, un beau Lirac de garde

La Cave de Roquemaure - Rocca Maura, pour les intimes, figurait parmi les producteurs présents à Bruxelles, ce vendredi, venus entretenir la flamme du Lirac au Plat Pays (la Belgique représente 22% des ventes de ce cru gardois à l'exportation, ce qui la classe en deuxième position derrière le Danemark). 

Et les valeureux coopérateurs n'étaient pas venus les mains vides: outre leurs dernières cuvées de blanc (2013) et de rouge, 2012 (très friand), ils avaient apporté une bouteille de derrière les fagots, le Terra Ancestra 2007.

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"C'est une cuvée 1/3, 1/3, 1/3", précise le directeur de la cave, Olivier Mantovani.

"Un tiers de Lirac, seulement?", lui ai-je répondu malicieusement.

"Non, bien sûr! 100% Lirac, mais un tiers grenache, un tiers mourvèdre, un tiers syrah".

Pour compléter le tableau, notons qu'il s'agit d'une sélection de parcelles, doublée d'un tri à la vendange. Le vin est élevé 12 mois en futs de chêne neuf.

Compte tenu de son âge, et du procédé, j'ai été surpris par sa fraîcheur au nez - petits fruits rouges et noirs, ni cuits ni compotés (j'ai pensé à de la Montmorency, légèrement aigrelette); la bouche est suave, entre élégance et solidité, ni trop ni trop peu. Jolis épices - réglisse, cuir, poivre noir. Très juteux, gourmand, jusqu'en finale. Aucune sécheresse, le vin a absorbé le bois.

A mon sens, le Lirac n' a pas la vocation de jouer les Gigondas ni les Châteauneuf (sinon, à quoi bon 3 AOC) , je le vois plus comme un cru de bonne garde, certes, mais aussi de bonne fluidité.

C'est ce que m'a offert ce vin. Comme quoi, les coopératives, de nos jours... 

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

20 décembre 2014

Vive le foie gras quand même (millésime 2014)

Malgré les sondages annuels qui chiffrent à l'envi la sensiblerie de certains de nos concitoyens, malgré les effarouchés de la gastronomie bienpensante, malgré la complaisance des médias (1) qui ne semblent pas trop s'intéresser à l'avis des éleveurs, ni même au fait qu'une majorité de Français en mangera à Noël ou au jour de l'An, pourvu qu'ils en aient les moyens ou le goût, je maintiens mon attachement au foie gras. Je viens d'ailleurs, par esprit de contradiction, d'en acheter deux pour les fêtes. De l'Alsacien, cette année (publicité gratuite, je l'ai payé).

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J'étais loin d'être le seul, cet après-midi, à en acheter, ce qui me rassure un peu.

Je prie les abolitionnistes du gavage de ne pas m'importuner cette fois-ci. Inutile de me gaver... l'esprit. Vous ne changerez pas d'avis, moi non plus. Mais je tiens pour une liberté essentielle qu'un groupe d'activistes, quel que soit son nombre et sa véhémence, ne puisse m'empêcher de manger ce qui j'aime, et ce que l'on produit en France depuis des siècles.

PS. A quand un sondage émanant des producteurs, pour changer? Ou même, des pouvoirs publics?

 

(1) Ainsi, quand le Monde titre: La cruauté du gavage des oies indigne au Royaume Uni, il ne met aucun guillemets, ne prend aucun recul. Mais quand le même journal parle des sables bitumineux au Canada, il met "pétrole sale" entre guillemets, par exemple.

(2) Le même journal de référence (sic) résume le sondage d'Opinionway de la manière suivante "Près d'un Français sur deux favorable à l'interdiction du gavage". n'est-ce pas prendre les chiffres par le petit bout de la lorgnette? Pourqoui le Monde ne titre pas plutôt: "Plus d'un Français sur deux favorable au gavage des oies"?

20:17 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : bienpensance, sensiblerie, anti-gavage, gavage des esprits | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |