09 mars 2015

Deux grands noms de l'oenologie

Vous allez dire que je suis dur avec l'AFP...

Est-ce ma faute à moi si notre agence officielle se mélange si souvent les pinceaux, ces temps-ci?

Prenez son communiqué sur les vins chinois passés au crible par Bettane et Desseauve.

bettane et desseauve

Michel Bettane

Je vous donne l'intro: "Pékin, 7 mars 2015 (AFP) - Le sourire sur les lèvres bleuies par la dégustation, Michel Bettane et Thierry Desseauve, deux grands noms français de l'œnologie, ont salué vendredi à Pékin la qualité croissante des vins chinois, dont une trentaine seront intégrés à la deuxième édition en mandarin de leur célèbre guide."

Ce n'est pas faire injure aux deux dégustateurs que de rappeler qu'ils ne sont pas oenologues (pas plus que moi, d'ailleurs). Ce sont donc sans aucun doute de grands noms de la critique vineuse, voire de l'oenophilie, si ce terme existe, mais pas de l'oenologie.

bettane et desseauve

Thierry Desseauve

Cela vous semble un détail? Moi, j'aime que les mots disent ce qu'ils doivent dire. Surtout quand ils émanent d'une source "de référence"...

 

00:23 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire | Tags : bettane, desseauve, oenologie, critique viticole | Lien permanent | Commentaires (7) | | | |

06 mars 2015

AFP not dead?

Conséquence de l'annonce prématurée de la mort de Martin Bouygues, mais aussi, sans doute, des défauts dans l'organisation que cette affaire a laissé entrevoir, l'AFP a décidé de licencier son Directeur France et son Rédacteur en Chef France.

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Deux fusibles situés assez haut dans la hiérarchie, ce qui peut susciter quelques interrogations. Leur mise à pied va-t-elle améliorer en quoi que ce soit le fonctionnement de l'agence?

Ne faudrait-il pas plutôt revoir les procédures de vérification de l'information, le recoupement?

Et si c'était un problème d'effectifs? 

J'ai eu l'occasion, à plusieurs reprises, ici-même, de dénoncer certaines erreurs dans des dépêches AFP, qu'elles soient de type court - le scoop, toujours dangereux - ou de type long, qui donne en général plus de temps pour l'analyse. Encore faut-il bien sûr qu'on se donne la peine de contacter des spécialistes, et cela ne semble pas toujours le cas. Dans ma petite sphère de compétence, en tout cas.

Il serait cependant trop facile de tirer sur l'ambulance AFP quand c'est tout l'hôpital qui se fout de la charité.

Je veux dire: ceux qui publient les dépêches de l'AFP, sans aucune vérification, sans en changer une virgule, parce que c'est plus facile, parce que le journal a un abonnement, parce que ça évite de réfléchir, sont aussi coupables à mes yeux que les "petits télégraphistes" de l'agence.

Quand même l'Union de Reims, journal champenois, recopie une dépêche de l'AFP où le nom de Vranken est mal orthographié (Vrancken), on se dit que la presse, régionale ou nationale, n'est plus ce qu'elle était. On finit par mettre en doute la presse en général, ce qui est grave pour la démocratie, dont elle est censée être un des piliers. Un contre-pouvoir, dit-on dans les écoles de journalisme. A condition d'être crédible.

Bon, bien sûr, l'erreur est humaine. Il n'y a pas mort d'homme - non, justement. 

Mais il faudra plus qu'un double et spectaculaire licenciement pour que l'AFP ne devienne pas l'Agence France Potins. 

Cette affaire pose pour moi un problème beaucoup plus vaste: quelle importance accordons-nous à la qualité de l'information. Quel prix sommes nous prêts à lui donner, à l'heure des journaux gratuits, des chaînes d'info, des blogs, des réseaux sociaux.

Il n'est pas normal, à mon sens, que l'information se fasse en 140 signes sur Tweeter. 

Il n'est pas normal que les journaux n'aient plus les moyens de bien traiter l'information.

Martin Bouygues finira bien par mourir - comme nous tous - mais cette rocambolesque affaire a déjà fait une victime: la confiance.

 

09:49 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : afp, information | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |