12 avril 2015

Patrick Baudouin, Les Saulaies ou Les Gats?

A Chaudefonds sur Layon, Patrick Baudouin est un des plus ardents défenseurs de l'Anjou blanc (sec). Et il prêche par l'exemple.

En témoignent deux cuvées dégustées sur le Salon d'Angers, et qu'il m'a été bien difficile de départager.

D'ailleurs, je vous les présente toutes les deux. Baudouin © H. Lalau 2015.JPG

La première, c'est la cuvée les Saulaies (dans le millésime 2013)

Fruits jaunes bien mûrs et fleurs blanches, miel, badiane, poivre, le nez est très riche; on s'attend à une bouche co-confortable, voire molle, et c'est la surprise: une belle structure acide et beaucoup de matière; fraîcheur et fruit se complètent et se répondent, joli dialogue qui allonge les sensations. Un vin très intéressant, complexe, et pourtant accessible. Belle finale épicée, très fraîche aussi. Juste une touche de bois.

Le seconde, c'est la cuvée Les Gâts - un nom local pour les cailloux - des schistes, en l'occurrence.

Je les aime bien d'emblée, ces Gâts de la narine, avec leurs notes affriolantes de de pamplemousse et de cédrat confit; et en filigrane, de la pierre à fusil; cette ci-revient en bouche, associée à une belle acidité et à de la noix fraîche; c'est vif, mais solide, charnu; une petite pointe de fruit jaune très mûr évoque une sucrosité qui n'existe sans doute pas à l'analyse, mais qui prolonge le plaisir. Et le grain de sel en finale ne gâte rien.

Patrick Baudouin aime son Layon, son  Anjou, ses schistes et son métier, et ça se sent dans les vins.

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

11 avril 2015

Primeurs un autre jour

Les comptes-rendus des dégustations en primeur des Bordeaux 2014 déferlent sur les sites, les blogs et dans les pages des journaux plus ou moins spécialisés. 

Magie des nouvelles technologies de l'information, on sait maintenant, presque en temps réel, à peu près tout ce qu'il y a à savoir de vins qu'on ne devrait même pas ouvrir avant 3 ou 4 ans. Leurs arômes de jeunesse, l'empreinte du bois dont ils viennent à peine de sortir.

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Vu d'ici, c'est un peu Microcosmos: les salles des châteaux grouillent d'espèces de toutes sortes, cette semaine, et chacun se pousse de l'élytre pour pondre le plus vite, pour trouver la formule qui définira le millésime, le mot qui enfermera la chose. Pas évident, quand les vins sont encore à l'état de larve.

Rira bien qui tweetera le dernier!

La question a été posée - quelle effronterie! - de savoir si 2014 serait un tournant pour les primeurs. En termes plus clairs: si cette forme archaïque de commercialisation des vins n'allait pas disparaître, victime d'une série de 3 millésimes peu emballants mais toujours chers, avec la mévente qui s'en suit; victime d'un phénomène curieux: quand les millésimes sont bons, les prix des grands crus explosent; quand les millésimes sont médiocres, ils diminuent à peine.

Je ne suis pas sûr que 2014 change quoi que ce soit. Après tout, si le système des Primeurs avait dû exploser, il l'aurait sans doute déjà fait en 2013, sans doute le plus pitoyable millésime de ces 20 dernières années. 

Mais ne prolongeons pas d'avantage ce billet; les aficionados des grands Bordeaux n'ont rien à faire de mes humeurs, ils ont la caution sur l'étiquette, ça leur suffit pour acheter, pour stocker et même, parfois, pour trouver bon le vin; quand aux amoureux du vin, soit ils regarderont ailleurs - oui, il existe d'autres régions de vin, et qui vendent dans des conditions normales (et même en Bordelais, hors du petit cénacle des surcotés, des surfaits et des surfats), soit ils attendront que le vin soit fait.

Alors, comme dirait James Bond, Primeurs un autre jour!

primeurs,bordeaux

 

14:47 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, Etats-Unis, France | Tags : primeurs, bordeaux | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |