05 mars 2015

Le mystère de la cruche à vin de Lavau

Les fouilles de Lavau, près de Troyes, ont révélé un trésor inestimable: la tombe d'un prince celte datant du 5ème siècle avant JC.  

Certains, parmi les objets mis au jour, représentent  cependant un casse-tête pour les archéologues. Il y a en effet plusieurs artefacts en bronze de facture grecque ou étrusque, liés au vin. Notamment une oenochoé comme on peut en trouver aux musées d'Athènes ou d'Héraklion, ou encore au Louvre.

Le hic, c'est que selon les experts, les habitants du Nord de la Gaule ne consommaient pas de vin à cette époque.

Se seraient-ils trompés? Le vin aurait-il conquis nos terres septentrionales plus tôt qu'on le pensait jusqu'à présent?

Ou bien ces objets étaient-ils achetés à des marchands grecs au titre de simples décorations? 

Ou bien encore le fait de posséder des objets apparemment inutiles, ou en tout cas très peu utilisés, donnait-il un surcroit de prestige au chef?

Une théorie consiste justement à dire que la valeur du présent placé dans la tombe était proportionnelle à sa rareté, et inversement proportionnelle à son utilité terrestre. A moins que nos ancêtres n'aient pensé honorer leurs morts les plus éminents en leur offrant une boisson divine, celle de Dionysos, de Bacchus et consorts... le vin.640px-Herakles_Olympos_Louvre_F116_full.jpg

Une oenochoé, ou cruche à vin, -520 avant JC

Seule une analyse précise de ce que l'oenochoé a effectivement contenu (si c'est encore possible) pourra répondre à ces questions.

Affaire à suivre, donc...

Plus d'info: Inrap - Institut national de recherches archéologiques préventives

 

 

13:37 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France, Grèce | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Ortas, Les Hauts du Village 2010

A Rasteau, il y a des vignes, qui, non contentes de donner leurs raisins pour le VDN (AOC depuis 1944), permettent aussi de produire du Rasteau rouge "sec" (AOP depuis 2010).

Et comme dans toutes vignes de coteau, il y a le bas et il y a le haut. J'enlève le bas, reste les hauts, et c'est justement ceux là qu'Ortas utilise pour cette nouvelle cuvée. Des vieux plants de Mourvèdre, de Grenache et de Syrah installés sur des terrasses et collines plutôt caillouteuses, à forte proportion de marne. 

Est-ce la bonne exposition de ces vignes? Est-ce leur âge? Est-ce le soin que la coopérative leur a réservé? Un peu des trois?

Ortas.jpg

Toujours est-il qu'en 2010, cette cuvée présente un remarquable compromis entre puissance et gourmandise.
La belle charpente tannique (vive le Mourvèdre) et l'alcool (vive le Grenache) se font oublier derrière les fruits bien mûrs (la prune plus que le pruneau, la cerise), et la bouche, assez serré au départ, s'élargit sur du fruit frais - un peu de mûre espiègle - et pas mal d'épices (poivre, thym, sauge, menthe sauvage, vive la Syrah!). Pas de doute, on est bien en Méditerranée. On est bien tout court, on se laisse dériver au fil du Rhône, bercés par les cigales.

00:01 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |