14 avril 2015

Mon coup de coeur du jour: le Cabardès 2014 "Rosé Traditionnel" du Château Salitis

Parce que c'était lui, parce que c'était moi, parce qu'il fait enfin beau ... ce rosé me plaît infiniment.

Pour sa belle robe saumon, pour son nez qui mélange groseille, litchi et badiane, fruit et fleur, pour sa bouche pleine et franche, son poivre, ses herbes de la garrigue. Et sa finale entre rose et fenouil, avec une belle pointe de sel et d'amertume qui réveille les papilles. Mais plus que n'importe lequel de ces éléments, c'est son équilibre, la fusion entre toutes les parties qui me séduit.

Salitis © H. Lalau 2015.JPG

Photo (c) H. Lalau 2015

J'avais aimé le 2013, très agrumes; j'ai adoré ce 2014, pour son côté à la fois épicé, charnu et sensuel. Charnel. Hot.

La preuve que le Cabardès, avec ses deux versants, atlantique et méditerranéen, et l'encépagement original qui en résulte (cette cuvée, par exemple, assemble cabernet franc, syrah et grenache), a aussi un bel avenir dans le rosé.

Des cuvées comme celle-ci, on en redemande!

Plus d'info: +33 (0)4 68 77 16 10 

 

13:38 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc, Midi | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

13 avril 2015

Pour Olivier de Moor

J'ai découvert "l'affaire De Moor" la semaine dernière sur le blog de Jacques Berthomeau; mais voici que mon compère des 5 du Vin David Cobbold la remet en perspective ce matin.

J'adhère totalement à la démonstration de David. Je pense qu'un producteur n'a rien à craindre de la comparaison avec ses collègues, et que même, l'émulation est importante. A fortiori si ce producteur entend élaborer des vins personnels, s'il adopte des méthodes différentes et les revendique: comme consommateur, comme critique, aussi, c'est le meilleur moyen pour moi de me faire une idée, de faire des choix ou d'émettre des préconisations, de trier le bon grain de l'ivresse.

C'est d'ailleurs un paradoxe à mes yeux: M. De Moor ne refuse pas d'être dans un guide - où l'on va forcément le comparer à d'autres vins, mais il se refuse à participer à des dégustations comparatives!

A priori, je respecte tous les vignerons; c'est un métier que j'aime, surtout quand il est exercé avec passion. Je pense que c'est sa passion qui dicte à M. De Moor - que je ne connais pas - des prises de position aussi tranchées. Peut-être a-t-il eu des déconvenues par le passé, en termes d'organisation des dégustations de l'interprofession? Juge-t-il que lui et ses semblables sont marginalisés dans les opérations syndicales? C'est son droit de le penser, c'est son droit de le dire. Mais pas au prix d'une plus grande marginalisation, et volontaire, en plus!

Quoi qu'il en soit, je le lui dis tout net - avec tout le respect du à un vigneron dont je ne me permets pas de discuter les choix de production, juste les paroles: cette position est intenable. Tout le monde peut se tromper, tout le monde peut déraper, moi le premier, et j'espère qu'il se ravisera, qu'il proposera de nouveau ses vins aux dégustations du BIVB ou d'autres, dans des conditions de stricte égalité.  

Pas pour me faire plaisir, à moi ou à mes confrères; mais pour lever toute ambiguité sur son attitude vis à vis de ceux qui suivent une autre route que lui - mais qui portent la même AOP. Et qui ont droit, a priori encore, au même respect que lui.

Et puis, aussi, pour ses vins: plus il les montrera, et plus il aura de chances de les voir apprécier. Et son travail avec. Vins d'auteur, ou pas - ce ne sont que des mots. Tous les vins ont un auteur, en définitive, le vin ne se fait pas tout seul.

Enfin, j'ai envie de dire; revenons-en au vin. Qu'importe la polémique, dégustons!

J'ai reçu récemment quelques bouteilles de producteurs de Chablis; aurai-je l'outrecuidance de demander à M. De Moor de m'envoyer une des siennes? 

09:11 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Tags : chablis, olivier de moor | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |