08 octobre 2015

Guide Hachette numérique: peut mieux faire

Parce que je suis un homme moderne, j'ai acheté hier la dernière édition du Guide des Vins Hachette. En version numérique. C'est l'édition 2016. Comme le temps passe!

C'est pratique d'avoir les adresses des vignerons dans la poche, quand on arpente le vignoble, comme moi. Même pas besoin de connexion internet. Ce qui est moins moderne - et c'est pour ça que je vous en parle, c'est le moteur de recherche interne au programme.

hachette.jpg

Soit vous connaissez le nom du vin, et vous pouvez accéder à sa fiche directement, soit vous ne le connaissez pas, et vous devez faire votre recherche par appellation. Mais les paramètres sont très contraignants: pas question de taper Toul pour Côte-de-Toul. Ou même d'oublier les tirets! Vous n'obtenez qu'un page vide.

Et surtout, Hachette est en retard d'une guerre: il liste encore des "vins de pays"!

Pour info, les vins de pays sont devenus des IGP... En 2009!

Essayez, comme moi, de trouver les Côtes de Gascogne, et vous comprendrez.

La version papier non plus n'est pas exempte de défauts:  à quoi rime, en 2015, de séparer les IGP et les AOP? Il serait tellement plus facile pour l'utilisateur - et tellement plus logique - de les regrouper par région!

Imagine-t-on un guide où tous les grands crus seraient présentés à part, toutes régions confondues, puis tous les premiers crus, puis toutes les AOP communales?

Le rôle d'un guide de vin n'est pas de sanctionner un système de labellisation, aussi officiel soit-il, mais de bien guider son lecteur.

En espérant que ces remarques parviennent jusqu'aux éditeurs et qu'ils adaptent les versions futures de ce qui reste, malgré tout, un formidable outil.

 

 

07:06 Écrit par Hervé Lalau dans France, Luxembourg, Suisse | Lien permanent | Commentaires (12) | | | |

04 octobre 2015

Des Springboks en Roussillon

Des Français partis faire du vin en Afrique du Sud, ça n'a rien d'un scoop - c'est de l'histoire. 

Mais des Sud Africains qui viennent en France pour faire du vin, c'est plus rare.

Par atavisme, on aurait pu penser qu'ils reviendraient au pays du Chenin, dans ce Saumurois d'où pas mal de leurs ancêtres vignerons sont partis.

Ou alors, qu'ils se paieraient un château à Bordeaux - tant qu'à faire tout ce chemin...

Et bien non, pas les Grier, en tout cas.

Eux, qui ont un domaine à Stellenbosch, au cœur de la région viticole la plus ancienne d'Afrique du Sud, se sont acheté 25 ha... dans le Roussillon. Et même, dans le Far West du Roussillon, le Fenouillèdes!

grier, roussillon,vin, stellenbosch

Pas vraiment la voie la plus facile vers la notoriété....

Mais ce fut un choix réfléchi, dicté notamment par l'élément humain: les Grier ont développé une relation privilégiée avec Jean Louis Denois, un Champenois qui a vinifié les premières fines bulles d'Afrique du Sud, avant de tenter l'aventure dans le Midi de la France - lui, c'est à Limoux (Domaine de L'Aigle).

À Saint Paul, sur 25 ha, les Grier produisent blanc et rouge, mettant à profit une situation originale, sudiste, certes, mais tempérée par l'altitude et même quelques entrées océaniques.

Leur rouge reflète ces influences diverses. 

Il est fruité, d'un fruit plutôt rouge et solaire; groseille, fraise, framboise; mais aussi pas mal d'épices et de fraîcheur - la marque de la Syrah? 

La bouche est ouverte, sans chichis, les tannins sont solides mais juteux, ce vin se donne sans façons, il est prêt à boire.

Alors que la dernière gorgée file dans le gosier - et oui, j'ai avalé, c'était le déjeuner, et j'avais soif - je me dis que le vin n'a pas de frontières, que Stellenbosch est la banlieue de Perpignan, que le monde est Un, que tout est à tout le monde - c'est vous dire si je suis parti loin.

 

Même le fait que cette cuvée soit vendue - ou plutôt discomptée - en GD n'a pas réussi à m'ôter ma bonne humeur!

11:14 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud, France, Roussillon | Tags : grier, roussillon, vin, stellenbosch | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |