07 septembre 2017

Le vin à nouveau stigmatisé

J'ai reçu ce matin ce communiqué de Vin & Société que je souhaite partager avec vous - d'autant plus que c'est aussi mon avis...

Le ministère des Solidarités et de la Santé et l’INCA (Institut National du Cancer) ont lancé le 5 septembre une vaste campagne d’information visant à modifier les habitudes alimentaires des Français, consommation d’alcool incluse, afin de prévenir les cancers imputables à l’alcool.   

 

Le symbole de la convivialité et de l’art de vivre « à la française » est stigmatisé

 L’un des visuels de la campagne d’information cible directement le vin à travers la représentation d’un tire-bouchon complétée d’une signature « Franchement c’est pas la mer à boire ».

« Je suis particulièrement indigné par cette campagne qui vise directement notre produit. Chacun le sait, le tire-bouchon est le symbole de la consommation de vin, du partage et de la convivialité. Je constate qu’elle est déployée massivement alors que les exploitations viticoles françaises sont en pleines vendanges et que se déroulent les traditionnelles foires aux vins de la rentrée » déclare Joël Forgeau, vigneron et Président de Vin & Société.

Le parti pris de cette campagne réduit le vin à une simple molécule d’éthanol, et, symboliquement, elle lui impute la responsabilité des cancers liés à la consommation d’alcool en général.

 

Une consommation sans repère

En recommandant de « limiter, voire d’éviter la consommation d’alcool », cette campagne opère un glissement du discours de santé publique visant à  passer de la lutte contre la consommation excessive d’alcool à l’idée que toute consommation est nocive, même en quantité minime. Elle s’adresse d’ailleurs à l’ensemble de la population française plutôt qu’aux populations à risque et aux consommateurs excessifs.

Vin & Société a toujours plaidé en faveur de repères de consommation chiffrés et facilement compréhensibles par les consommateurs. En juin dernier, la filière viticole avait spontanément pris acte des nouveaux repères de consommation à moindre risque proposés par un groupe d’experts sous l’égide de Santé Publique France*.

 

Vers la fin d’une consommation modérée et de plaisir ?

« Notre société doit-elle être gouvernée par le seul principe de précaution ? » interroge Joël Forgeau.

Ce fléchissement est d’autant plus surprenant que la consommation de vin s’est déjà profondément transformée, baissant de près de 60% entre 1960 et 2015. 1 Français sur 2 est un consommateur occasionnel (1 à 2 fois par semaine), 15 % sont des consommateurs réguliers, et 33% des Français sont abstinents.

« Vin & Société est attachée à la lutte nécessaire contre les risques pour la santé liés à une consommation excessive d’alcool.  Nous renouvelons notre demande de dialogue constructif avec les pouvoirs publics pour bâtir une approche équilibrée entre santé, éducation, culture, viticulture et économie » ajoute le Président de Vin & Société.

09:54 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

05 septembre 2017

Quand je me regarde...

Parfois, je me demande à quoi rime ce métier. Après tout, personne n’est obligé de boire du vin, et il y a tant de sujets plus importants à traiter pour un journaliste.

Peut-être n’est-il pas essentiel de couvrir l’actualité du vin, de brosser le portrait de vignerons, de commenter leur production.

Mais j’aurais pu plus mal tomber. Quand je me regarde, je me désole; quand je me compare, je me console.

Et je compatis avec ceux de mes confrères qui doivent écrire des papiers sur des starlettes des émissions de téléréalité. J’ai une pensée émue pour Laurent Patrick, de La Libre Belgique, qui a dû se rogner les méninges pour sortir une histoire sur « Kylie Jenner : sa première séance de photos totalement nue ».

Ou pour la Rédaction Lifestyle du même journal, qui nous gratifie d’une sorte de roman photos sur « 15 stars folles de leur chien ». C’est un des rares types d’articles où un journaliste doit être content de se cacher derrière un collectif !

Mais c’est un peu trop facile de taper sur la téléréalité. Intéressons-nous plutôt à la politique.

Là encore, je plains ceux qui doivent la décrypter par le tout petit bout de la lorgnette.

Comme mes confrères (anonymes) du Figaro qui nous demandent si nous pensons que la popularité de M. Macron peut remonter. Comme si la popularité était l’indice suprême de la qualité d’une politique.

Alors, en définitive, si ces chroniques peuvent aider à faire connaître quelques régions, producteurs ou vins qui méritent l’attention du public des buveurs, aficionados ou néophytes, ce n’est pas si mal.

13:36 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |