04 septembre 2012

M. Hollande aime la Champagne et les droits de plantation

J'apprends que François Hollande a fait un déplacement dans la Marne, à la Foire de Châlons, où il a soutenu les droits de plantation et l'inscription des villages de Champagne au patrimoine de l'Unesco.

Je ne fais pas de politique, vous le savez.

Quelques remarques, cependant.

Primo, le président se rend dans la seule région viticole de France qui n'a vraiment pas besoin d'aide. Les ventes de Champagne se portent bien, merci.

Secundo, soutenir les droits de plantation, ce n'est pas vraiment "le changement maintenant" mais plutôt "le retour à la case '36". En outre, c'est en Champagne que ces droits aboutissent à la plus formidable flambée des prix du foncier. Ainsi, à la faveur de la prochaine extension de l'aire d'AOC, quelques céréaliers vont devenir très riches, sans trop d'effort, ce qui ne me paraît pas aller dans le sens de l'équité sociale prônée par le Président normal.

De toute façon, ce n'est pas M. Hollande qui décide des droits de plantation en Europe; leur suppression a été votée (y compris par la France), revenir sur cette décision demande l'accord de la moitié au moins des 27 pays de l'Union. Tous ne sont pas enclins à jouer les girouettes sur ce thème, malgré le lobbying intense auxquels ils sont soumis. Ces pays sont soucieux de leurs consommateurs et de leurs contribuables autant que de leurs agriculteurs. Eux.

Tertio, pour l'Unesco, idem, le classement de nos charmantes bourgades ne dépend pas de notre président. Son soutien ne l'engage donc pas à grand chose. Au fait, est-ce que le classement de paysages fait vendre une bouteille de plus dans les villages concernés? Cela a-t-il permis d'améliorer l'environnement et les capacités d'accueil des usagers  potentiels du "patrimoine mondial" à Saint Emilion ou à Lavaux, par exemple? Ou bien est-ce juste de la poudre aux yeux?

Pour en revenir au changement, thème cher à M. Hollande, j'aurais préféré que notre nouveau président soit plus concret dans son esprit de rupture. Qu'il demande, par exemple, à son gouvernement  de reprendre à son compte la proposition de loi des quelques sénateurs qui veulent faire officiellemnt du vin un élément constitutif de la culture française, à protéger au même titre que le Château de Versailles ou le Mont Saint Michel. Qu'il refreine les ardeurs anti-vins au sein de la haute hiérarchie de son ministère de la santé et oblige  enfin les associations oenophobes à siéger au Conseil de la modération quand elles ne veulent n'en parler que dans le cadre de la mission interministérielle contre la drogue et la toxicomanie (et oui, pour elles, le vin est une drogue, ni plus ni moins, et l'abstinence est la seule solution qui vaille).

Qu'il fasse en sorte qu'on ne traite plus le vin moins bien que les sodas, dont on sait les ravages qu'ils causent en matière d'obésité, sans que le ministère de la santé ne semble s'en offusquer, ni qu'aucune loi n'interdise de montrer des jeunes en consommant, alors que ce sont eux les plus touchés.

Qu'il fasse en sorte que le vin soit enfin découplé des alcools, notamment en ce qui concerne la publicité. Qu'il permette enfin aux producteurs, qui ne bénéficient pas de la force des marques des grands alcooliers ni des limonadiers, de communiquer sur une consommation raisonnable, des labels, des origines, dans l'espoir de relancer une consommation de qualité. Voila qui aiderait les vignerons, et pas seulement les Champenois.

Après tout, M. Hollande boit du vin, lui...

30 août 2012

Le millésime 2012 vu par François Lurton

François Lurton a construit son succès aux autre coins de l'Europe et du monde. Aussi sa vision va-t-elle plus loin que le bout du rang d'un domaine médocain ou libournais. Il nous envoie un premier aperçu des vendanges à venir dans ses propriétés européennes (le point au 29 août 2012).

En cette fin d’août très chaude, les maturités s’accélèrent. Cependant, les retards pris par les grappes en juin, lors de la floraison, ne peuvent être complètement rattrapés.

Nous constatons aujourd’hui pour beaucoup de cépages, comme le grenache, le mourvèdre, le carignan, le cabernet sauvignon mais aussi le viognier, des écarts de maturité entre les grappes d’un même cep qui peuvent aller jusqu’à quinze jours.

Aujourd’hui à Bordeaux, dans le Languedoc, mais aussi en Espagne, certains raisins finissent seulement de «vérer» quand d’autres l’ont fait début août.

Cela promet une vendange difficile à trier et compliquée.

Pour les blancs précoces comme le sauvignon et le chardonnay, les maturités sont un peu plus homogènes mais accusent un retard d’environ une semaine. Les acidités sont bien présentes, et laissent présager d’un bon millésime.


09:59 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, Europe, France, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |