29 septembre 2012

Prix plancher du vin: je ne comprends plus

Lu hier sur Vitisphère:

"Face à la petite récolte 2012, la production prend les devants. Dans le cadre de l’organisation de l’offre régionale, elle plaide pour la mise en place de contrats pluri-annuels et réclame des seuils de prix minimum pour les IGP. Dans un communiqué co-signé par les présidents de la coopération viticole, des vignerons indépendants et des ODG des IGP de la région, les représentants de la production estiment «nécessaire d’établir des contrats pluriannuels pour assurer une consolidation raisonnée des cours du vrac et assurer par la même occasion un approvisionnement quantitatif et qualitatif durable au négoce sur l’ensemble des segments». «Au regard des prix moyens constatés sur la campagne 2011/2012 (contrats d’achat vrac)», précise le communiqué, «les seuils minimum de prix en phase avec la réalité pour cette nouvelle campagne sont les suivants» :

Pour les IGP Cépages Pays d’Oc et autres :
- 75 €/hl pour les rouges
- 70 €/hl pour les rosés
- 90 €/hl pour les Chardonnay
- 85 €/hl pour les Sauvignon
Pour les IGP sans mention de cépage : 65 €/hl
Les co-signataires de ce communiqué demandent aux instances interprofessionnelles de prendre acte de ces orientations et d’assurer une gestion cohérente des prochaines négociations."

Deux choses que je ne comprends pas:

Primo, si la récolte est déficitaire, on ne devrait pas craindre une baisse des prix, au contraire - ou alors, ma conception de la régulation naturelle des marchés par l'offre et la demande est erronée.

Secundo, en parlant de régulation naturelle, ces prix planchers ne sont-ils pas une entorse à la libre-concurrence? C'est un dogme de l'Union Européenne, pourtant - au point que la Bulgarie vient de dénoncer les prix planchers du vin fixés par l'Ecosse, dans le cadre de sa politique de santé, devant la Commission Européenne.

Tertio, à quoi riment ces contrats pluriannuels - on se croirait revenu au temps des plans quinquennaux. Comment fixer un prix sans connaître les volumes ni la qualité - alors que  justement, si j'en crois le communiqué, c'est la qualité qu'on entend défendre...

Quarto, qu'est-ce que les instances interprofessionnelles peuvent faire? La fixation des prix demeure au libre choix de chaque entreprise, non?

Quelqu'un veut bien m'expliquer?

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France, Midi | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

20 septembre 2012

Laguiole, la marque ou le village?

Je vous parle beaucoup d'appellations et souvent à mon corps défendant, car si je dénonce les errements, les déviance  du système, j'y suis plutôt favorable.

J'estime en effet qu'il a contribué à sauvegarder un patrimoine. C'est juste quand la sauvegarde se transforme en sclérose, en pérennisation de droits acquis que je râle.

aoc,marque,france,laguiole

Qui aime bien, châtie bien

Il existe bien sûr une autre approche, que je qualifierai d'anglo-saxonne, pour simplifier: c'est celle qui consiste à mettre en avant les marques. La marque, détenue par une entreprise, un entrepreneur, garantit une qualité homogène, au contraire de l'appellation, partagée par une multitude de producteurs.

Coca-Cola m'assure que je bois toujours le même Coke Light parce que son nom est sur la canette. Clos Vougeot, lui, ne me garantit pas grand chose d'autre qu'un lieu où poussent les vignes. Et encore, il y a le bas et le haut, c'est bien connu. Qoui qu'il en soit, les vins qui en sont issus sont aussi différents que peuvent l'être les 70 producteurs qui se le partagent.

Pourtant, la marque n'a pas que des avantages. D'abord, elle ne s'embarrasse pas de patrimoine: c'est le marché qui dicte sa loi.

Et elle aboutit parfois à des aberrations, comme dans le cas de Laguiole. Lisez plutôt ICI.

Sans doute nous faudrait-il trouver un juste milieu.

Réformer les AOC, enferrées dans un système où le vigneron médiocre profite du bon vigneron, le fraudeur de l'honnête. Les AOC sont trop vastes, trop floues, trop incapables de faire respecter les règles vraiment utiles, mais leurs cahiers des charges sont pleins de niaiseries: un minimum de degré d'alcool, à l'heure du réchauffement cluimatique, je vous demande un peu? Est-ce un facteur qualitatif?

Et prendre dans la marque ce qui fait sa force, à savoir, la cohérence qualitative, sans pour autant mettre à mal les solidarités que génèrent les appellations. Vaste programme. Si j'avais le temps, je m'en chargerais. Je me vois bien Ministre des Appellations. Juste pour en supprimer la moitié et réduire la taille des autres. L'AOC devrait être  le fleuron du vin en France, pas la moitié de sa production.

Autre possibilité: changer le sens du sigle, pour l'adapter à la réalité potentielle. Que pensez-vous d'Association d'Onanistes à vocation Commerciale?

Rassurez-vous, je blague.

09:35 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Tags : aoc, marque, france, laguiole | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |