13 novembre 2012

Si j'étais vous, cher voisin...

Je lisais la semaine dernière sur le site du Figaro un article intitulé "Les pistes de Berlin pour redresser la France".

Cela m'a fait sourire: généralement, quand un voisin vous dit quoi faire pour améliorer votre intérieur, embellir votre jardin, mieux habiller vos gosses, il y a trois solutions:

1° Vous lui mettez sur la gueule;

2° Vous l'écoutez poliment mais vous ne faites rien;

3° Vous faites exactement le contraire de ce qu'il dit. C'est humain, de quoi il se mêle, celui-là, et puis il les a vus, ses sales gosses, à lui, et sa foutue baraque, et son jardin de merde...

Bon, la 4ème solution, ce serait de vous dire qu'il a peut-être raison, qu'il veut bien faire. Mais psychologiquement, à moins que vous soyez sous Prozac, c'est improbable.

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Chers Voisins, de Bercovici & Dal

Toujours est-il que ça m'a donné des idées.

Imaginez un peu que la Bourgogne dise au Bordelais ce que le mot Grand Cru doit recouvrir (c'est à dire un terroir, une parcelle, et non un domaine).

Imaginez que le Rhône Sud dise au Rhône Nord que l'assemblage est la condition sine qua non pour obtenir de grands vins, que la Syrah est trop capricieuse...

Imaginez que l'Alsace dise à la Champagne que ses rendements sont trop élevés (bon, OK, mauvais exemple).

Imaginez que le Roussillon dise à la Loire qu'il ne faut pas chaptaliser.

Imaginez que le Layon dise à Sauternes qu'on ne peut pas cryoextraire.

Imaginez que des vignerons bio disent à des coopératives qu'on a pas le droit d'employer la flash-détente.

Imaginez que la France dise à l'Espagne qu'elle n'a pas assez d'AOC.

Imaginez que l'Australie dise à la France que toute AOC doit pouvoir planter toute sortes de cépages.

Imaginez que l'Espagne dise à la France qu'elle ne tient pas aux droits de plantation.

Imaginez que l'Afrique du Sud nous dise qu'il doit y avoir un minimum de propriétaires noirs dans la viticulture française.

Imaginez que le Chili dise à l'Europe que le rosé de coupage, finalement, donne de bons résultats si les deux vins utlisés dans l'assemblage sont de qualité.

Imaginez que je dise à mes copains Marc, Jim, Michel et David comment ils doivent écrire...

Heureusement que c'est la journée mondiale de la gentillesse...

 

12 novembre 2012

To bee or not to bee

"A quoi sert une chanson si elle est désarmée?", écrivait Roda-Gil. A quoi sert un blog si ce n'est pour gueuler sa rage face à l'inique, à l'inepte, à l'ineffable, à l'impardonable?

Alors je retourne au front. Le front des abeilles, en l'occurrence. Ceux qui s'en foutent peuvent aller voir ailleurs si j'y suis. Je n'y suis pas.

Je ne suis pas apiculteur, mais je séjourne depuis longtemps, l'été, dans des régions apicoles où la disparition de nos chères pollénisatrices inquiète... Et puis j'aime la Nature, je ne suis pas rancunier.

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Abeille butinant (photo Jon Sullivan)

 

Voici donc la lettre ouverte de Nicolas Laarman, le Délégué Général de Pollinis, que m'a transmise l'excellent Laurent Gibet

La bataille qui a lieu en ce moment au niveau européen peut être déterminante pour la survie des abeilles – et notre avenir à tous.

Les lobbys agrochimistes sont sur le point d'imposer trois types de pesticides néonicotinoïdes notoirement dangereux pour les abeilles dans tous les pays européens. La seule façon de leur barrer la route, c’est que des centaines de milliers de citoyens se mobilisent à travers toute l’Europe pour obliger les députés européens à intervenir.

Aidez-nous à sauver les abeilles ! Signez dès maintenant la pétition aux députés européens en cliquant ici.

C’est le dernier round d’un combat mené au corps à corps depuis l’été dernier, rappelez-vous :

Après plusieurs études qui, coup sur coup, ont montré les ravages de certains pesticides neurotoxiques (les néonicotinoïdes) sur les abeilles, et le retrait de la vente d’un de ces pesticides – le Cruiser OSR - en France par le Ministre de l’Agriculture, la Commission Européenne a demandé à son autorité sanitaire (l’EFSA) de réévaluer la dangerosité de ces substances. Et plus particulièrement celle du Thiametoxam, de l’Imidaclopride et de la Clothianidine, trois types de néonicotinoïdes responsables à eux seuls de la mort de millions d’abeilles chaque année en Europe.

Seulement voilà :

Les lobbys agrochimistes ont toutes les chances de gagner la bataille. Pourquoi ? Parce que ce sont EUX-MÊMES qui sont chargés d’évaluer la dangerosité de leurs produits !

Incroyable, mais vrai… Les autorités sanitaires européennes chargées de garantir notre sécurité alimentaire sont composées de technocrates, pas de scientifiques. Personne, dans les institutions européennes, n’est capable de mener les tests scientifiques nécessaires pour évaluer la dangerosité d’un pesticide sur les abeilles. En clair, ce sont les fabricants de pesticides eux-mêmes qui évaluent la dangerosité de leurs produits. Et vu le chiffre d'affaires phénoménal qu'ils tirent de ces pesticides, on ne peut pas s'attendre à ce qu'ils les interdisent !

Résultat: les autorités sanitaires délèguent ce travail à un groupe « informel » d’experts, l’ICPBR (International Commission on Plant-Bee Relationships)… qui, lui, est composé aux deux tiers par des membres de l’industrie agrochimique !

Notre seule façon d’agir, en tant que citoyens, c’est de dénoncer ce scandale haut et fort, et d'exercer une pression maximale sur les députés européens pour qu’ils interviennent avant que les agrochimistes aient eux-mêmes déclaré leurs produits «inoffensifs».

Le temps presse: le verdict doit être rendu en décembre. Il n’y a pas une minute à perdre : s’il vous plaît, signez vite cette pétition et faites-la suivre à tous vos amis.

Toute la communauté scientifique sait que ces pesticides néonicotinoïdes font des ravages irréparables sur les abeilles:

Dans les ruches en bonne santé, ces produits neurotoxiques agissent sur le système d’orientation des abeilles, les empêchant de revenir à la ruche. Incapables de retrouver leur chemin, elles finissent par mourir d'épuisement. Petit à petit, les ruches se vident, les essaims sont décimés, et c'est tout l'écosystème qui se trouve en danger. Dans les ruches déjà affaiblies par un parasite ou une maladie, les néonicotinoïdes apportent le coup de grâce aux abeilles, qui n’ont plus assez de force pour résister à ce poison trop violent.

Alors oui, il y a urgence à retirer ces substances toxiques du marché!

J’espère que je peux compter sur votre action. Vous, moi et tous les citoyens qui se soucient des abeilles, de la biodiversité et de l'avenir des générations futures, nous sommes le seul rempart face à la rapacité des firmes agrochimiques.

Ces firmes l’ont déjà annoncé : elles mettront « tous les moyens » pour continuer à faire autoriser leurs produits. Et quand on voit les ressources financières énormes dont elles disposent, il y a de quoi s’inquiéter!

Aussi, je vous demande de signer dès maintenant votre pétition aux députés européens, et de transmettre ce message à vos proches, vos amis et vos collègues, pour leur demander d’agir, eux aussi, pour faire barrage aux fabricants de pesticides tueurs d’abeilles.


Par avance, merci.

Nicolas Laarman, Délégué général - Pollinis/Conservatoire des Fermes et de la Nature
 

A quoi bon, me direz-vous?

A quoi bon les abeilles, vous répondrai-je!

Ce sera un petit clic pour l'homme, mais un grand pas pour la Nature...

14:28 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |