20 novembre 2012

Le Barreau de Carpentras s'intéresse au vin

Le lundi 26 novembre 2012, le Barreau de Carpentras organise une conférence sur le thème "le Droit, avenir de la Viticulture?". Cela se passe au Palais du Vin à Orange.

L'organisation détaille ainsi ses intentions:

"Le ressort du Barreau de CARPENTRAS couvre de nombreuses appellations prestigieuses: Cairanne, Vaqueyras, Baumes de Venise, Gigondas, Ventoux, sans oublier la plus connue, Châteauneuf du Pape.

II paraissait donc logique aux avocats carpentrassiens, de se former pour acquérir une véritable compétence dans le domaine et ensuite de mettre à l'honneur Ia viticulture tout en réflechissant avec ses acteurs sur les spécificites de leurs métiers.

Surtout, en cette période troublée ou les viticulteurs doivent faire face à une concurrence de plus en plus rude, ou I'Europe impose de grands bouleversements, qui mieux que les avocats pouvez montrer combien le droit ne doit pas seulement être vu une comme une contrainte, mais comme un facteur de développement et de protection de notre viticulture ?

La seconde édition de cette Rencontre Vitivinicole accueillera un grand nombre de confrères, juristes, universitaires et viticulteurs qui y retrouveront l'esprit différent et détendu de notre dernier colloque, qui s'était illustré par la devise "les petites attentions font les grands évènements".

Car tout est fait pour délivrer une formation de qualité avec des spécialistes reconnus mais surtout pour faciliter les échanges et les rencontres.

L'accès à la journée d'étude est gratuit mais réservé aux professionnels du droit et du vin. On peut la consommer sans modération d'autant que cette 2e édition s'intéressera notamment à l'avenir des droits de plantation face à volontée européenne de les supprimer, aux conséquences de l'application du décret du mois de mai 2012 sur l'étiquetage et enfin à se qui permet de reconnaître la qualité d'un vin dans tous ces aspects.

Le Barreau de Carpentras voit grand et loin et chemin faisant "La rencontre Vitivinicole de notre barreau " deviendra le Rendez-vous de nos deux professions.

Grace à cette rencontre, la rentrée 2013 annonce une année placée sous le signe de l'excellence !

Didier ADJEDJ
Avocat, ancien Bâtonnier, Membre du Conseil National des Barreaux

 

Demandez le Programme!


Sous la direction scientifique de Madame Jocelyne CAYRON, Maître de Conférence à la Faculté de Droit d’Aix-en-Provence.
   
9h00 : Accueil des participants à Orange au Palais du Vin

9h30 : Allocution de Maître Yves Bonhommo, Bâtonnier de l’Ordre des Avocats

I. Présent et avenir des droits de plantation
10h-12h : La pratique actuelle des droits de plantation
Intervenants : Jocelyne CAYRON, René MAS, Agent des Douanes et Colette BOUSQUIET, viticultrice

12h-14h : Pause déjeuner offerte par le Barreau de Carpentras

II. Qualité du vin et classification
Modérateur : Maître Didier ADJEDJ, ancien Bâtonnier

Vers une suppression des droits de plantation? (pour ou contre la suppression, la vision européenne)
Guy GASPERINI, Président de la Fédération des AOC du Sud-Est

14h-15h30 : L’étiquetage des vins : les conséquences de l’application du décret du mois de mai 2012
Intervenant : Annie PALY, directrice de la FRAOC du Sud Est

Etiquetage et exportation
Intervenant : Sandrine BARROU, UBI France

Le contrôle de la qualité par l’administration des douanes
Intervenant : René MAS, Agent des Douanes

15h30-16h : A quoi reconnaît-on la qualité aujourd’hui : les signes de qualité, les labels, les nouvelles méthodes d’agriculture biodynamique
Intervenants : Maître Hervé de LEPINEAU, avocat et un oenologue

17h-17h30 : Débat

Inscription obligatoire auprès de l’Ordre des Avocats
par fax : 04 90 67 12 66
par mail : oda.carpentras@wanadoo.fr

17:20 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Tags : droit, vin, avocats, carpentras | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

19 novembre 2012

Poulet à la Valls

Le dimanche midi, très souvent, chez les Lalau, on mange du poulet.

Pas n'importe quel poulet - toujours du Label Rouge. Je connais le réseau, j'ai visité des élevages avec la Sopexa, à Loué, il y a une dizaine d'années (salut Vincent!). Et puis même si c'est plus cher, la vie est trop courte pour manger des volailles poussées aux hormones en 40 jours - pauvres bêtes, comme dirait Gaia.

Toujours est-il que ce dimanche, c'était du poulet blanc fermier du Maine.

 

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Liberté, égalité, poulet de Loué

Ayant entendu M. Montebourg nous dire qu'il fallait acheter français, je me suis dit, bravo, Hervé, tu es dans le bon, tu participes à l'effort collectif. Plus encore, même, car habitant l'étranger, je pourrais sans scrupules me dédouaner de cette impérieuse nécessité.

Avant de mettre mon poulet tricolore dans mon four (allemand, je le crains), je l'ai badigeonné d'huille d'olive. Hélas, c'était de la Tunisienne. Elle est excellente et beaucoup moins chère que celle des Baux, et même moins cher que la Puget, dont je ne suis pas sûr qu'elle soit 100% française. Et puis en plus, elle me rappelle les amis que j'ai en Tunisie - Pilar, Belgacem, Ines, je vous dédie ce poulet.

Tiens, vous savez quoi, ces gens sont presque comme nous, ils ont deux pieds, deux mains, une tête et ils parlent même le français. Ils gagnent leur vie, assez honnêtement au demeurant, en produisant d'excellents vins à partir de cépages français, espagnols ou italiens. A ce propos, il faudra que je demande à Arnaud Montebourg si j'achète bien français quand je bois un Languedoc à base de grenache (pardon, garnacha), un Roussillon contenant du carignan (cariñano) ou un Côtes de Provence blanc à base du rolle (vermentino) - sans parler du gewürztraminer.

Et je n'ai pas non plus les extraits de naissance des vignerons - il faut faire gaffe, il y a tant de Belges dans le vignoble hexagonal, et même quelques Suisses. Voila deux ans, Marc et moi, nous avons rencontré un flying winemaker suisse qui vinifiait alternativement à Leyda, au Chili, à Genève et aux Iles de Lérins. Le monde du vin est tout petit.

Une fois cuit, le poulet est arrivé sur la table. Chez nous, on aime bien les épices; on a mis du poivre -  je crois qu'il vient de Macassar, par la Porte d'Italie. Et puis mon fils a mis du Merken. Si vous ne savez pas ce que c'est, je vous le dis: c'est un mélange d'épices fumé des indiens mapuches du Chili. Là encore, souvenir, souvenir, ce sont des copines qui m'ont offert ce pot là bas, il y a deux ans.

Pour accompagner le poulet, ma femme avait fait du riz - un riz basmati du delta - non, pas le delta du Rhône, plutôt celui du Mékong.

Et pour arroser le tout, là, j'ai carrément dérapé. Après une demi-semaine à fêter le Beaujolais nouveau (plus une belle bouteille de Pouilly-Fumé, hier, signée Saget), j'ai trahi la nation (pire, la Bourgogne!). J'ai servi un excellent pinot noir de Nouvelle-Zélande. Notez, le domaine (Brancott Estate) est la propriété d'un groupe français, Pernod-Ricard, qui possède des vignes dans la plupart des pays du Nouveau-Monde; mais curieusement, pas en France. ils ne NZ'aiment peut-être pas les vins standardisés, comme disent les Jeunes Agriculteurs. Alors indirectement, avec mon pinot des Kiwis, je bois quand même français.

Bref, mon poulet n'est pas un poulet à la Montebourg, mais plutôt un poulet à la Valls. Ben oui, notre ministre de l'intérieur nous vient de l'extérieur. Il est né espagnol en 1962, naturalisé français en 1982.

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Drapeau français, européen... je ne vois pas l'espagnol?


Nobody's perfect.

Pendant que je trahis mon pays avec tous ces produits étrangers, heureusement, bon nombre de mes amis étrangers mangent, conduisent ou boivent français...

Alors, Arnaud, réfléchissez... consommer français, pourquoi pas, mais pas au détriment des bons produits d'ailleurs. Ne vexons pas nos clients étrangers...

00:02 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Espagne, Europe, France, Tunisie, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |