18 janvier 2013

Une histoire belge (ou plutôt, belgo-néerlandaise): le Fyra

Vous connaissez la dernière histoire belge? Ou plutôt, belgo-néerlandaise?

Elle s'appele Fyra. C'est le nom du nouveau train à grande vitesse qui relie Bruxelles et Amsterdam depuis le 9 décembre dernier.

Enfin, qui relie... quand il n'a pas de problèmes avec les aiguillages, quand il n'affiche pas de retards inexpliqués, quand il ne circule pas à vide et quand les portes s'ouvrent (embêtant, en cas d'évacuation forcée).

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Le Fyra a fière allure (Photo Wiki O5)

Dès le début, il y a à peine un mois, en effet, le Fyra a eu des petits soucis techniques - les Belges et les Néerlandais se rejettent la responsabilité - "c'est pas nous, c'est votre réseau qui est mal entretenu...", mais en définitive, c'est le voyageur qui paie. Deux fois, d'ailleurs, puisque les tarifs ont doublé par rapport au service préexistants.

Ce qui n'empêche pas les Anversois de l'appeller l'Alditrein, en référence à sa conception plutôt discount. Les Bataves, fidèles à leur réputation, ont acheté le moins cher, dit-on; et le moins cher était l'Italien Ansaldo, en l'occurrence... Résultat: 5 ans de retard pour la livraison des machines, et une flopée de flops. Ce TGV-là, c'est le Train à Grandes Variables.

Plus fort encore, le Fyra vient d'être interdit de circulation par les aurorités ferroviaires: on vient de retrouver un capot du train sur les voies!

Mais le plus drôle, c'est le nom Fyra. Le cabinet de "global marketing" qui l'a choisi indique que cela fait référence à des connotations de fierté (fyr) et de confiance (ra?). On peut juger à quel point la "promesse" sémantique a été tenue.

Bon, voila qui ne m'incite pas à prendre le train pour Amsterdam. Dommage, il y avait le salon France-Vins, mardi 22, et ça m'arrangeait mieux que la date retenue pour l'édition bruxelloise, lundi..

15:12 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe | Tags : france-vins, fyra, train, pays-bas, amsterdam | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

17 janvier 2013

Californian Champagne, Dopff Bundestag: nouvelles du front du chauvinisme

La semaine dernière, une polémique aussi futile qu'inutile avait fait un faible buzz dans le petit monde du Champagne, à propos d'une cuvée de Californian Champagne servie à la Maison Blanche. L'ordre des mentions légales avait été inversé sur le menu officiel, ou quelque chose du genre.

Pas de quoi fouetter un blanc en neige, si vous voulez mon avis, aussi n'ai-je pas répercuté sur le moment.

Il n'est Champagne que de Champagne, pour moi, bien sûr; mais les Champenois feraient mieux de mettre de l'ordre dans leurs cuvées vendues à perte (et de s'interroger sur l'aberrant système des achats sur lattes), plutôt que de dégonfler de si petites baudruches, les sommes qu'ils paient à leurs avocats seraient mieux utilisées.

Si je vous en parle quand même, c'est qu'une autre histoire du même tonneau vient d'éclater (comme une bulle de mousseux); en Allemagne, cette fois.

Un député libéral du Baden-Württemberg, sans doute inspiré par notre Arnaud Montebourg national, vient de dénoncer un kolossal scandale: un des effervescents servis à la bibliothèque du parlement allemand, sous le nom de Cuvée Bundestag... n'est pas allemand. Il s'agit en effet d'un Crémant d'Alsace de Dopff au Moulin.

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Etienne-Arnaud Dopff et sa cuvée Bundestag (Photo Hervé Kielwasser)

Le député en question (lui-même oenologue) a l'indignation tardive: cette cuvée, en effet, Dopff la vend au Bundestag depuis... 2006.

Par ailleurs, si je voulais mettre de l'huile sur le feu, je rappellerais à cet élu teuton (et à ce concurrent jaloux) un petit pan de son histoire: quand Julien Dopff a vinifié la toute première cuvée d'effervescent d'Alsace, dans les années 1900, l'Alsace était allemande... Riquewihr s'appelait alors Reichenweier (non, pas Reichwehr).

Toujours pour lui rafraîchir la mémoire, je lui rappellerais que la jolie bourgade alsacienne a vu naître Ulrich IV, 3ème Duc de Württenberg (et de Montbéliard), comme le rappelle une plaque apposée en 1904... En témoignent aussi les armoiries de la ville, aux trois ramures de cerf - celles du Württemberg, encore aujourd'hui. Alors les frontières, vous savez...

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Reichenweier-Riquewihr, lieu de naissance d'Ulrich von Württemberg (1487)

Bref, ce vin, c'est un peu les Malgré-Nous à l'envers...

Même aujourd'hui, si j'en crois mon GPS, à peine 36km séparent les communes viticoles de Riquewihr (Alsace) et de Breisach (Baden).

Enfin, et c'est beaucoup plus important: est-ce que ce vin est bon? Est-ce qu'il est digne d'être servi aux descendants du Duc de Württemberg et aux députés de la Fédération allemande?

Sans aucun doute, puisque cette cuvée n'est autre que la Cuvée Julien, que j'ai eu maintes fois l'occasion d'apprécier; en effet, mon beau-père, qui n'est ni français ni allemand... mais belge, est un fan. Et je lui donne raison.

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A part ça, l'Europe, ça va?

00:38 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne, Alsace, Europe, France | Tags : dopff, bundestag, vin, chauvinisme | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |