14 décembre 2012

Un sale goût dans la bouche

J'ai extrait cette image d'un billet récent de Jacques Berthomeau - qui n'y est pour rien.

Je ne veux d'ailleurs même pas savoir d'où elle vient - je devine qu'il s'agit de prétendus défenseurs du vin français.

Quoi qu'il en soit, on est là au degré zéro de la communication, de l'ouverture, de l'humanité.

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On est même dans une sorte de xénophobie à l'eau tiède.

Oserai-je rappeler à ces chantres du "Consommer français" que la France n'a pas toujours craché sur les jolis rouges d'Algérie, du Maroc ou de Tunisie, quand ceux-ci venaient remonter le Beaujolais, le Bordeaux ou le Côtes du Rhône. Car les vins du Maghreb ne manquaient "ni de robe, ni de caractère", pour reprendre la formulation inepte de l'affiche...

Puis ce fut l'Italie - dans les années 70-80, les producteurs des Pouilles connaissaient très bien le port de Sète. Et puis, plus récemment, il y eut l'Espagne, qui fait toujours le bonheur de Vieux Papes ou du Jouvenceau.

Quant aux vins du Burkina Faso, il faudrait déjà qu'ils existent...

Par ailleurs, j'aimerais qu'on m'explique une fois pour toute ce qui fait la supériorité du cubi de gros rouge hexagonal sur ceux du reste du monde. Ma petite expérience en la matière m'a appris une chose: tout en bas de l'échelle des prix, la production française n'atteint généralement pas le niveau de qualité de ses concurrents espagnols, italiens ou chiliens, par exemple. Des concurrents qui bénéficient souvent de coûts de revient inférieurs et d'un marketing plus efficace. Et ne me parlez pas de terroir: je vous parle de vins de gros rendements.

Bref, cette affichette me laisse un sale goût dans la bouche: celui de la honte. Ce n'est pas digne de mon pays, ni de son patrimoine viticole.

Il serait temps que la France des vins accepte la concurrence, même celle des vins d'assemblages, et qu'elle apprenne à se battre avec d'autres arguments que la caricature, la mesquinerie, la haine. Il n'y a aucune honte à faire de bons vins bas de gamme; c'est tout l'enjeu du Vin de France, de la liberté de plantations...  A côté du vin d'artisan, il y a pour moi en France une place pour le vin industriel - du moment qu'on ne mélange pas les genres...

C'est même une obligation que de chercher à le développer: avec un marché national en baisse, la France viticole doit se tourner vers l'exportation, et ses seuls grands crus ne suffiront pas à payer tous ses vignerons. Il nous faut marcher sur nos deux pieds.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud, Chili, Espagne, Europe, France, Liban, Tunisie | Tags : vin, vignoble, france, reste du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

13 décembre 2012

Droits de plantation: Dacian Ciolos redit son soutien à la régulation des droits de plantations

Dacian Ciolos redit son soutien à la régulation des droits de plantation, à la veille d'une réunion au sommet où les consommateurs et contribuables européens auront peu de chances de s'exprimer, même si c'est eux qui paient.

Alors, je vous le redis aussi, Regulatorul, vous avez tort.

Contrairement à ce que vous dit la CNAOC, vous n'êtes pas sur la bonne voie, vous êtes juste en voie d'absorpsion par l'establishment syndicalo-viticole. Et pour ce qui est de la CNAOC, je souligne qu'elle se mêle de ce qui ne la regarde pas, puisque même sans les droits de plantations, les  aires des AOC ne pourront grandir que si les instances et l'INAO l'acceptent. Que n'ont-elles profiter de la réécriture de leurs décrets, avec le passsage en AOP, pour les restreindre? Le problème aurait été totalement réglé.

Vu de mon trou, M. Ciolos, votre gestion de cette question me semble pathétique; vous tournez au vent du corporatisme comme une girouette, et pour des raisons que je n'ose même pas soupçonner; et ce, en dépit de l'intérêt général et d'accords signés depuis des années.

Je doute que vous me lisiez, mais je tenais à vous renouveller ma défiance.

Vive la vigne... libre!

Et quant à vous, amis, lecteurs, je vous présente mes plus plates excuses pour avoir ainsi interrompu votre lecture d'un blog qui se veut convivial, apolitique et consumer-friendly.