25 janvier 2013

Per un amico

Franco Ziliani est un de mes rares amis dans ce métier d'individualistes. Je ne le vois pas souvent, mais je lis régulièrement son blog - j'essaie, au moins, car mon italien n'est pas fameux. De temps à autres, aussi, on se téléphone, et c'est toujours avec plaisir que j'entends son français chantant.

Franco est un type de convictions. On lui prête parfois mauvais caractère - à moi aussi, d'ailleurs, mais je m'en arrange en me disant qu'on n'a pas mauvais caractère, juste du caractère.

Comme Churchill, Franco n'est pas difficile: il ne demande que le meilleur.

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Il n'aime ni la médiocrité, ni l'hypocrisie, ni les faux semblants, ni la magouille.

Aussi s'est-il fait de solides inimitiés dans le monde du vin italien. Notamment à Montalcino, car il fut celui par lequel le Brunellogate a été révélé.

Pourtant, c'est tout sauf un sectaire. Je peux témoigner de son ouverture d'esprit pour l'avoir vu à l'oeuvre lors d'un voyage de presse en Slovénie. Il a tout dégusté, tout essayé, sans autre a priori que de chercher ce qui pouvait être original, authentique, sincère.

Originaire du Nord de l'Italie, et grand connaisseur des vins du Piémont, de Lombardie ou du Trentin, c'est aussi un grand supporter des vins du Sud de la Botte. Notamment des vins des Pouilles et de Campanie.

Il s'est d'ailleurs beaucoup investi dans Radici del Sud, l'événement annuel qui a remis les vins du Sud de l'Italie, et leurs singuliers cépages autochtones, sur la carte de la Planète vin.

Franco n'aime rien tant que partager - la vin, les idées, l'histoire, la musique, les mots - il y a plus chez lui que les indignations (celles qu'on a trop tendance à retenir de ses blogs, Vino al Vino et Millebolle).

S'il ne recule jamais devant une polémique, ce n'est pas pour le buzz, c'est pour faire avancer les lignes. Pour défendre les producteurs soucieux de qualité face à tous ceux qui, en Italie, voudraient des DOC laxistes, volumineuses, dénuées de contenu. Abaisser les exigences qualitatives, ou les contourner.

Il n'est pas d'accord avec Ezio Rivella, par exemple, quand celui-ci dit que le consommateur est seul juge, que le marché a toujours raison - Franco pense (et je le pense aussi) qu'on peut éduquer le consommateur, l'informer, et qu'il y a assez de clients différents pour que les vignerons sincères puissent continuer à produire des vins qui leur ressemblent plutôt que des vins pour plaire au plus grand nombre.

Bref, ce type est un fou. Un fou de vin, un type pour qui ni la vérité, ni le bon goût n'ont de frontières - il aime autant le Champagne que le Franciacorta, le Tavel que le bon rosé des Pouilles.

Il est aussi pour moi un incroyable vulgarisateur - c'est grâce à lui que j'ai pu découvrir la diversité des vins du Mezzogiorno, que je ne soupçonnais pas (et Jancis Robinson non plus, je pense). C'est grâce à lui que j'essaie à mon tour de les faire mieux connaître.

Alors, chapeau l'artiste , et salut l'ami!

00:23 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

18 janvier 2013

Une histoire belge (ou plutôt, belgo-néerlandaise): le Fyra

Vous connaissez la dernière histoire belge? Ou plutôt, belgo-néerlandaise?

Elle s'appele Fyra. C'est le nom du nouveau train à grande vitesse qui relie Bruxelles et Amsterdam depuis le 9 décembre dernier.

Enfin, qui relie... quand il n'a pas de problèmes avec les aiguillages, quand il n'affiche pas de retards inexpliqués, quand il ne circule pas à vide et quand les portes s'ouvrent (embêtant, en cas d'évacuation forcée).

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Le Fyra a fière allure (Photo Wiki O5)

Dès le début, il y a à peine un mois, en effet, le Fyra a eu des petits soucis techniques - les Belges et les Néerlandais se rejettent la responsabilité - "c'est pas nous, c'est votre réseau qui est mal entretenu...", mais en définitive, c'est le voyageur qui paie. Deux fois, d'ailleurs, puisque les tarifs ont doublé par rapport au service préexistants.

Ce qui n'empêche pas les Anversois de l'appeller l'Alditrein, en référence à sa conception plutôt discount. Les Bataves, fidèles à leur réputation, ont acheté le moins cher, dit-on; et le moins cher était l'Italien Ansaldo, en l'occurrence... Résultat: 5 ans de retard pour la livraison des machines, et une flopée de flops. Ce TGV-là, c'est le Train à Grandes Variables.

Plus fort encore, le Fyra vient d'être interdit de circulation par les aurorités ferroviaires: on vient de retrouver un capot du train sur les voies!

Mais le plus drôle, c'est le nom Fyra. Le cabinet de "global marketing" qui l'a choisi indique que cela fait référence à des connotations de fierté (fyr) et de confiance (ra?). On peut juger à quel point la "promesse" sémantique a été tenue.

Bon, voila qui ne m'incite pas à prendre le train pour Amsterdam. Dommage, il y avait le salon France-Vins, mardi 22, et ça m'arrangeait mieux que la date retenue pour l'édition bruxelloise, lundi..

15:12 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe | Tags : france-vins, fyra, train, pays-bas, amsterdam | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |