17 juin 2013

Nouvelles du front de la francophonie (ou l'exception culturelle à la Belge)

La scène se passe au Shopping de Nivelles (Wallonie, Belgique francophone).

Je me gare près du Car Wash. Quittant le parking, je rentre dans le hall du shopping, je passe les boutiques Take Off et Ikks Women, je tourne à droite et je laisse la devanture du Jbc à gauche - ce sont les Days Of Summer.

Chez Jules, à côté, la promo Love Road m'incite à me rhabiller pour les holidays.

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Quelques pas plus loin, le Free Record Shop me propose ses DVD, Coolcat ses t-shirt, Mac Line ses iPad. Je laisse America Today et Lipstick à ma droite, le Mobistar Center à ma gauche et j'entre chez Delhaize.

A la caisse, trois slogans attirent mon attention:

This bag is Green
Quick Scan
Self Scan

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Je n'ai rien inventé: toutes ces enseignes, tous ces panneaux existent.
Depuis le temps qu'ils sont là, personne ne remarque plus qu'ils sont en anglais.

A l'heure ou l'on glose sur l'exception culturelle, constatons qu'en Belgique, où l'on est si sensible à l'emploi des langues (surtout à ne pas employer celle de l'autre communauté quand on n'y est pas contraint et forcé), les grands groupes ont tranché: ce sera l'anglais pour tout le monde.

On peut rigoler de la Loi Toubon, qui oblige à tout afficher en français en France, mais de temps à autres, en Belgique, on se dit qu'elle a peut-être... du bon.

14:10 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

12 juin 2013

Quand le patron de la RTBF donne des leçons d'indépendance à la Grèce

Voici un petit billet qui n'a rien à voir avec le vin, mais qui me soulage d'une exaspération montante depuis pas mal d'années.

"L'Union européenne de radio-télévision (UER) a demandé aujourd'hui à la Grèce d'annuler sa décision de fermer ses chaînes de télévision et de radio publiques ERT.

Le président de l'UER, Jean-Paul Philippot, et sa directrice générale, Ingrid Deltenre, ont écrit au Premier ministre grec Antonis Samaras pour l'appeler à "user de tous ses pouvoirs pour annuler immédiatement cette décision", indique un communiqué de l'UER.

"L'existence de médias de service public et leur indépendance à l'égard du gouvernement sont au coeur des sociétés démocratiques", souligne l'UER."

Je n'ai pas d'avis autorisé sur la question de savoir si les chaînes grecques doivent ou non cesser d'émettre.

Mais pour rappel, Jean-Paul Philippot, outre ses fonctions à l'UER, est administrateur délégué de la RTBF, un organisme public qui ne brille pas toujours par son indépendance - nombreux, dont je suis, y voient  même l'organe officiel du pouvoir en  Wallonie et à Bruxelles, avec ses journalistes statutairement encartés, et dont pas mal se lancent dans une carrière politique. Sans parler de son parti pris évident dans bon nombre de matières touchant aux faits de société, au régionalisme, à la religion, à l'économie, au syndicalisme. Ni du manque de professionnalisme  dès que l'on touche à des sujets un tant soit peu pointus. Au point que pour un apolitique comme moi, le lavage de cerveau des journaux télévisés de la RTBF devient de plus en plus insupportable.

Le summum, en la matière, ayant été la couverture de l'élection du Pape (traduction indigente, analyses mal fondées et commentaires déplacés, à la limite de l'anti-cléricalisme).

Par ailleurs, avant de prendre ses fonctions à la tête de la RTBF, M. Phillippot a fait partie du cabinet du Ministre-Président socialiste de la Région de Bruxelles, puis du ministre socialiste de la Communauté Française de Belgique.

Attention: loin de moi l'idée de nier au pouvoir politique d'organiser ses chaînes publiques comme il l'entend, ni de nommer à leur tête des personnaliéts engagées - je ne vote pas en Belgique, donc, sur ce chapitre, je ferme ma gueule. Mais de là à ce qu'elles posent en arbitres, et qu'elles fassent référence à une indépendance et à une neutralité qu'elles ne démontrent pas, ça non.

Quant à la légitimité de l'UER, qui est d'abord une structure d'échanges de programmes, à s'immiscer dans la politique télévisuelle publique de la Grèce, elle me semble proche de la mire, de l'écran noir, du zéro.

07:22 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, Grèce | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |