04 janvier 2014

Champagne 2030

Bonnes résolutions, ou wishful thinking?

Les institutionnels du Champagne préparent l'avenir de leur produit avec un plan "Champagne 2030", ce qui qui est tout à fait louable. Le défi étant bien sûr de concilier les intérêts des viticulteurs qui viticultivent et des négociants qui négocient.

Sans les premiers, pas de raisin, sans les seconds, pas de marques fortes et donc pas de ventes, surtout à l'étranger.

Or la grande exportation est la grande obsession des Champenois, qui voient leurs ventes en France se réduire, et celles des marchés les plus proches également.

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La Champagne dans la brume (Photo H. Lalau)

Pour y remédier, Pascal Férat, qui représente les vignerons, ne vise rien moins qu'à l'"excellence": "L’excellence implique le vignoble et passe par une viticulture professionnelle, formée et informée. En 2030, le monde entier doit être convaincu que le raisin de Champagne est unique et meilleur."

Vaste programme. Férat parle notamment de viticulture durable et d'allongement de la durée d’élevage.

Mais la voie est étroite: augmenter les contraintes à la production pour accroître la qualité, c'est prendre le risque de renchérir le produit alors qu'il perd déjà des marchés à cause du différentiel de prix avec, par exemple, le Cava, ou même les Crémants.

On pourrait bien sûr mieux segmenter l'appellation, établir une hiérarchie des produits en fonction de l'élevage, et plus seulement en fonction des terroirs (un peu comme le Cava l'a fait avec ses Reservas). Mais les maisons sont-elles demandeuses?

Vision d'excellence ou pas, aujourd'hui, le Champagne n'est pas forcément le meilleur des effervescents. Et surtout pas le meilleur rapport qualité-prix. Peut-il le (re)devenir d'ici à 2030? Ou bien s'agit-il seulement de le faire croire au consommateur avec un peu d'habillage cosmétique?

00:17 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, Etats-Unis, Europe, France | Tags : champagne, cava, vin, crémant | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

29 décembre 2013

Vin ou pas vin?

Un ami me demande si un produit titrant 6° d'alcool, ou un produit obtenu à partir de vin, mais désalcoolisé, peut porter la mention "vin".

D'après les textes dont je dispose, la réponse est non.

Le règlement OIV en vigueur (18/73) dit, primo, qu'un vin doit titrer au minimum 8,5°. L'Europe, dont la France, applique cette réglementation.
Par ailleurs, l'OIV dit aussi qu'un vin auquel on aurait enlevé plus de 20% de son alcool (quelle que soit la méthode soustractive) ne peut s'appeller vin.

Ces produits peuvent par contre mentionner "boisson à base de vin désalcoolisé".

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Le plus souvent, on les habille comme des vins, dans une bouteille de vin, on n'écrit rien sur la grande étiquette mais en dessous on met "sans alcool" (cf. "Bonne Nouvelle" d'UCCOAR)

Attention, cependant, ces matières évoluent assez vite (ainsi, l'interdiction de la mention "vin aromatisé" a été levée en 2012 en France). A mon grand regret.

09:30 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France, Vins de tous pays | Tags : vin, désalcoolisation, réglementation, oiv | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |