06 février 2014

Lasagnes de cheval, un an après - et dans le vin, c'est impensable?

Un an après la crise de la viande de cheval, la France et l'Europe sont loin d'avoir tiré tous les enseignements de ce fiasco dans les contrôles alimentaires.

Bien sûr, "il n'y a pas eu mort d'homme", mais le sérieux du système est remis en question, de même que l'engagement de l'Europe pour la protection du consommateur.

Ceci est très bien expliqué ICI

Pourquoi est-ce que je me dis qu'un scandale comparable pourrait très bien éclater dans le vin, un jour pas trop lointain? Le vrai faux pinot de Limoux n'était peut-être qu'un amuse bouche. 

De temps à autre, un négociant indélicat est discrètement mis à l'amende, à Bordeaux, en Bourgogne, en Champagne; mais les cas sont assez rares et semblent reposer plus souvent sur des dénonciations que sur des enquêtes spontanées des services des fraudes. Ce qui, à tort ou à raison, crée le doute: de gros fraudeurs passent-ils par les mailles du filet? Il y a-t-il des protections? Ou bien est-ce juste une question de moyens insuffisants? Ou bien est-ce moi qui me fait des idées?

J'ai de plus en plus de mal, par exemple, à accorder toute ma confiance aux certifications bio, à mesure que la production sous ce label se développe dans le vin.

Je me demande aussi si les cahiers des charges des AOC, souvent si sérieux sur le papier, sont toujours bien respectés sur le terrain. L'exemple de la tractopelle de Gevrey-Chambertin, pour ne prendre que celui-là, me fait douter.

Là non plus il n'y a pas mort d'homme, mais il peut y avoir mort d'entreprises. Dans un marché qui met de plus en plus l'accent sur le prix (ce qui ne devrait pourtant pas être le principal soucis d'une AOC ou d'un label) le margoulin qui produit moins cher finit par éliminer le vigneron honnête.

C'est là mon principal souci. Je ne suis guère inquiet quant à la nocivité du produit vin - les quelques cas de fraudes dangereuses survenus en Italie dans les année 70 semblent appartenir au passé. Par contre, j'ai peur du low cost appliqué au vin.

00:47 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

03 février 2014

Des viticulteurs australiens portent plainte contre trois grands négociants

L'association des viticulteurs de la vallée de Murray a lancé une action auprès de la Commission Australienne de la Concurrence et de la Consommation, contre trois grands groupes de vin australiens, pour abus de position dominante.

Les trois groupes sont Treasury Wine Estates, Accolade Wines et Pernod Ricard.

Selon les viticulteurs, tous les producteurs de la région (ils sont plus de 500) travaillent en dessous de leur coût de revient.

"Bienvenue au club!", pourraient leur dire pas mal de producteurs européens...

La grande différence, c'est que le système australien ne prévoit guère d'amortisseur quand le dollar australien fait du yoyo, par exemple, ou quand les conditions climatiques plombent la production.

L'Europe n'a pas toujours bonne presse, mais reconnaissons que la zone euro garantit aux producteurs européens une certaine stabilité. Sans compter que le marché intérieur européen est d'une autre dimension que le marché intérieur australien: aujourd'hui, en termes de  consommation de vin, la petite Belgique pèse aussi lourd que l'Australie.

00:09 Écrit par Hervé Lalau dans Australie, Belgique, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |