02 septembre 2014

Principi di Butera, en blanc et en rouge

La plus grande île de la Méditerranée abrite un vignoble étonnamment riche et varié, tant en termes de cépages que de types de production. Par ses plus anciens producteurs, on trouve le Feudo Principi di Butera, domaine historique aux ascendances normandes et lombardes comprenant aujourd’hui 180 ha de vignes, sur la côte Sud.

 

Feudo Principi di Butera Insolia IGT Sicilia 2013

Un des principaux cépages blancs de Sicile (et sans doute le plus ancien), l’Insolia ou Inzolia est connu en Toscane sous le nom d’Ansonica. Celui-ci présente un nez très riche de poire, d’abricot, de coing et de rhubarbe,  la bouche saline, iodée et noisette, elle, évoquant le Fino. La Sicile, l'autre grand blanc?

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Deliella Photo (c) H. Lalau

Feudo Principi di Butera Deliella Nero D’Avola IGT Sicilia 2011

Toute la richesse du roi des cépages rouges siciliens, qui n’est pas sans évoquer la syrah.

Ici, elle explose en notes fruitées (mûre, grenadine). Deliella est le nom du lieu-dit.

 

00:16 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

01 septembre 2014

Pourquoi importons-nous tant de miel?

Le marché du miel pourrait-il préfigurer l'évolution de celui du vin dans un futur plus ou moins proche?

Si c'est le cas, les viticulteurs français ont du soucis à se faire...

Jusque dans les années 1990, la France était globalement auto-suffisante en miel. Mais en 10 ans, sa production a été divisée par deux. Elle ne représente plus qu'un peu plus d'un tiers de la consommation nationale (15.000 tonnes sur 40.000).

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A quoi reconnaît-on une abeille française? Au prix de son miel!

Selon France AgriMer, la France a importé 25.500 tonnes de miel en 2012, principalement en provenance d’Espagne, de Chine, d'Ukraine, d’Argentine, d'Allemagne et de Hongrie. 

En cause, principalement le prix: un kilo de miel français coûte 3 euros à produire, pour seulement 1,5 euro en Espagne, par exemple. Difficile à comprendre si l'on se dit que l'essentiel du boulot est fait par les abeilles, qui ne connaissent pas notre code du travail et dont les habitudes ne dépendent a priori pas de la langue ou du modèle social du pays où leur ruche est implantée. Mais il y a tout le reste, la main d'oeuvre humaine, l'entretien des ruches, la récolte, la mise en pot - tout cela est imposé, encadré, assujetti - plein pot, au tarif national.

D'un autre côté, les producteurs français émettent de sérieux doutes sur la qualité de certains miels importés - notamment en provenance de Chine (premier producteur mondial, avec plus de 500.000 tonnes). Selon eux, les producteurs de l'Empire du Milieu écourteraient le cycle naturel de maturation du miel pour réduire les coûts, ne permettant pas aux abeilles de reboucher les alvéoles.

Pourquoi donc est-ce que je pense à des vins dont les raisins sont récoltés en sous-maturité et qui sont abondamment chaptalisés?

Qui qu'il en soit, le miel ainsi récolté contiendrait trop d'eau et se conserverait moins bien. 

Le hic, apparemment, c'est que le consommateur français ne fait guère la différence. Le produit s'appelle miel dans les deux cas, et l'origine est souvent assez discrète sur l'emballage. Alors il achète le moins cher.

Comment remédier à cet état de fait? Interdire les importations? Pour celles en provenance de l'Union européenne, ce serait contraire à la libre circulation des marchandises. 

Abaisser le coût du travail en France? C'est contraire au modèle français.

N'en déplaise à M. Montebourg, la part du miel national devrait donc continuer à baisser dans la consommation française.

 

08:10 Écrit par Hervé Lalau dans Chine, Espagne, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |