16 mai 2015

Journée internationale du Whisky

Je le découvre sur le site de mes confrères d'Harpers: c'est aujourd'hui la Journée Mondiale du Whisky.

Il paraît que 35 pays la fêtent.

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Rien de mal à ça. Il y a d'excellents single malts, ce qui se rapproche certainement le plus de la notion de cru en matière de vin. Et pas seulement en Ecosse.

Mais pourquoi fêter cette boisson le troisième samedi de mai plus particulièrement?

Comme aurait dit Dali, "Pourquoi pas?"

Et pourquoi pas un jour la journée mondiale du (bon) vin?

12:15 Écrit par Hervé Lalau dans Canada, Etats-Unis, Europe, France, Grande-Bretagne | Tags : whisky | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

01 avril 2015

Et si les industriels du vin arrêtaient de nous bourrer le moût?

Quand on parle de must, la plupart des gens pensent au dernier smartphone ou à la dernière paire de chaussures à semelles rouges.

Mais pour nous, Must, c'est d'abord le réseau des producteurs européens de moûts concentrés. Must, c'est son nom.

Un joli petit club qui regroupe les Espagnols d'Azumancha et les Italiens de FederMosti. Si je vous en parle, c'est qu'ils viennent de signer un accord avec l'ODG de l'IGP Pays d'Oc, pour lutter contre ce qu'ils conçoivent comme une distorsion de concurrence: le fait que les vignobles du Nord de l'Europe aient toujours le droit de chaptaliser, et pas ceux du Sud, tandis que l'aide européenne aux moûts concentrés à été supprimée.

Les trois nouveaux fiancés entendent communiquer auprès du public dans leurs pays respectifs. Ils réclament également l’obligation de mentionner sur l’étiquette tout ajout de saccharose dans les vins.

Je trouve cette prise de position particulièrement hypocrite.

Comprenez moi bien: je suis favorable à l'interdiction de la chaptalisation dans le vin, et ce, partout en Europe.

Et je précise: sous toutes ses formes, y compris l'ajout de moût concentré, dont le résultat est bien le même: faire monter le degré d'alcool.

J'irai même plus loin; on peut, à l'extrême, comprendre que l'Europe ait maintenu la possibilité de chaptaliser dans des régions septentrionales souffrant d'un déficit d'ensoleillement, avec comme conséquence de faibles degrés. Même si, avec le réchauffement climatique et une meilleure maîtrise des fermentations, la sélection de levures, etc, le problème semble de plus en plus hypothétique.

On ne comprend plus de tout, par contre, que des producteurs du Sud, aux vignes gorgées de soleil, et dont les productions souffrent même souvent de degrés d'alcool trop importants, puissent devoir recourir à l'ajout de moût concentré. Les seules raisons qui peuvent être invoquées sont d'ordre financier: en récoltant plus tôt et en sucrant, on produit plus à moindre coût.

Mais est-ce là le type de vin que l'Europe veut produire, surtout sous les mentions IGP ou AOC? Est-ce l'intérêt à long terme de ses producteurs que de continuer à miser sur les volumes dans un marché qui régresse?

Quant à communiquer sur l'ajout de saccharose (1) auprès du grand public, je crains qu'il soit à double tranchant. 

Révéler au consommateur la tambouille que l'on fait pour produire du vin, et qui ne se limite pas au sucrage, quelles que soient ses formes, n'est pas de nature à lui faire aimer ce produit. Lui qui croit bêtement que le vin est le produit tout simple de la fermentation du raisin. Ne me dites pas que cela comprend le fait de réincorporer du moût concentré d'autres raisins.

Et puis, montrer du doigt les vilains sucreurs tout en édulcorant soi-même ses vins par d'autres moyens, au mépris des conditions naturelles et de ce fameux terroir que tout le monde prétend défendre, cela pourrait passer pour un poisson d'avril. Malheureusement, ce n'est pas le cas.

C'est une véritable information; la preuve que l'argent passe devant les principes. 

Que les industriels du vin veuillent défendre leurs intérêts n'a rien de choquant; qu'ils veuillent prendre à témoin le consommateur, en lui cachant la vraie nature du problème, par contre, c'est pitoyable.

Comptez sur moi pour le rappeler autant de fois que ce sera nécessaire.

It's a must. 

 

(1) Ca serait pas des fois d'la betterave?

00:29 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |