06 juin 2009

Le rosé de coupage au coeur des élections européennes

Belle réflexion de ma consoeur de Vitisphère, Catherine Bernard:

"Dans quelle mesure, la querelle autour du rosé ne révèle-t-elle pas le malentendu de notre relation à l’Europe ? En campagne, le député européen socialiste Vincent Peillon démontre dans son blog que Bruxelles ne fait que traduire dans les faits des propositions émises par le gouvernement français lui-même, sinon à la lettre du moins dans l’esprit.

Il écrit: «Comme en attestent les extraits suivants, c'est de leur propre initiative, et non sous la pression de la Commission européenne, que M. Barnier et M. Sarkozy ont initié un processus de libéralisation des pratiques œnologiques. Ils prônaient en effet, il y a tout juste un an, de s'aligner sur les pratiques autorisées par l'Office International de la Vigne et du Vin (OIV), lequel permet le coupage de vin rosé».

Vincent Peillon, mieux que les vignerons, a lu avec attention le plan quinquennal de modernisation de la viticulture française...

 

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(Extraits du Plan de modernisation)

 

 

Bref, incriminer "Bruxelles", aujourd'hui, c'est donc plutôt mesquin. Quant à ceux, parmi les défenseurs du rosé de tradition, qui feignent de s'étonner de la démarche, ils se réveillent un peu tard.

J'aime aussi beaucoup le couplet sur l'accompagnement social des viticulteurs et sur la reconquête des parts de marché mondiales. Vous noterez qu'il n'est pas fait mention de la promotion du vin dans l'Hexagone même. Pousser les étrangers à acheter du vin français, d'accord, mais pas question que les Français, eux, en redécouvrent les vertus. C'est pourtant en France que la consommation de vin descend le plus vite! Vous avez dit schizo?

07:25 Écrit par Hervé Lalau dans Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

12 mai 2009

Mort d'un pionnier de l'Europe viticole

Gérard Baloup, fondateur en 1988, avec les présidents Edgar Faure et Jacques Chaban-Delmas, de la Conférence Européenne des Régions Viticoles (CERV), qui devint en 1994 l’Assemblée des Régions Européennes Viticoles (AREV), est décédé le 2 mai 2009, dans sa 83e année.

Pour ce Girondin, au double sens du terme, l’engagement européen était comme une seconde nature. Il fut très tôt convaincu "que les Régions apporteraient à l’Europe le nouveau souffle dont elle a incontestablement besoin". Que loin de menacer les souverainetés et les Etats, la liaison Europe-Régions permettrait de formuler des réponses nouvelles aux nombreux défis de sa construction.

Gérard Baloud était diplômé Collège d’Europe à Bruges (première promotion).

Il aimait à souligner que quelles que soient les tendances ou les modes dans la société postmoderne, le principe de différenciation l’emporterait toujours sur la standardisation, qui est le lot de la logique industrielle, dont le projet d'autorisation européenne du rosé de coupage lui paraissait une illustration inepte.

Selon lui, l’avenir du vin européen était précisément dans le maintien des liens entre produit et territoire et dans la défense et la valorisation du modèle viticole européen, notamment par l’œnotourisme. Ceci passe inévitablement par la réaffirmation du principe de qualité et la gestion au plus près des espaces et des potentiels de production.

Gérard Baloup, de même que l'AREV, n' a pas ménagé ses critiques contre l'OCM vins, et notamment ses projets de dérégulation.

Plus d'information: www.arev.org

10:54 Écrit par Hervé Lalau dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |