14 octobre 2009

Etiquetage énergétique du vin: la France tarde à se prononcer

Au nom de l'Association nationale des élus du Vin, le sénateur audois Roland Courteau demande au Premier ministre François Fillon que "la France sorte de son silence et prenne, sans délais, position afin que les produits viticoles soient exemptés de l'obligation d'étiquetage de la valeur énergétique, telle qu'elle pourrait être imposée aux produits alimentaires par la commission européenne".

M. Courteau souligne que cette proposition de règlement du Parlement européen et du conseil concerne l'information des consommateurs des denrées alimentaires, et rappelle, dans ce contexte, "que le vin est le produit agricole le plus réglementé et que déjà sa présentation et son étiquetage sont strictement définis, de même que ses pratiques oenologiques et ses normes de commercialisation". Il souligne en outre que "la spécificité de chaque terroir et des méthodes de production font que les vins sont différents dans leur teneur en calorie, d'une région à l'autre et d'une année sur l'autre; l'étiquetage de la valeur énergétique devrait donc être revu chaque année, ce qui engendrerait des coûts disproportionnés".

En vertu de quoi il piaide pour que la France soutienne la proposition d'exemption d'au moins 5 ans, telle qu'elle est formulée par la Commission européenne et soutenue par l'Espagne, l'Allemagne, le Portugal, la Grèce, la Bulgarie, la Roumanie et la Pologne, contre les 11 états qui s'y opposent". Curieusement, en effet, la France est l'un des derniers Etats à n'avoir pas pris position. "Il serait temps qu'elle manifeste son soutien, sur ce dossier, à la filière viticole", conclut le Sénateur.

La France peut-elle en faire moins sur ce dossier que la Pologne? Où est le problème? Qui bloque l'arbitrage?

 

06:18 Écrit par Hervé Lalau dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

29 septembre 2009

Pour les produits sous indication géographique, pas de qualité sans maîtrise de la production !

A Bruxelles se tenait ce matin une réunion avec pour thème la maitrise de la production au sein des Appellations d'Origine Protégées et des Indications Géographiques Protégées.

Voici le communiqué rédigé à cette occasion:

"Bruxelles, 29 septembre – Dans le cadre des discussions sur l’avenir de la politique de qualité, une table ronde au Parlement européen (PE) parrainée par le député Michel Dantin (PPE-FR), a réuni ce jour, le Président de la commission de l’agriculture du PE, M. Paolo De Castro (S&D-IT), M. Daniele Bianchi, membre du Cabinet de Mme. Fischer Boel et un large panel d’organisations représentants les Appellations d’Origine (AO) et Indications Géographiques (IGs) européennes1. A cette occasion, les représentants des AO et des IG ont insisté sur l’importance de la gestion du potentiel de production pour le développement de leurs produits. Pour eux, la gestion de la qualité à travers les cahiers des charges et la protection contre les usurpations ne sont pas suffisantes pour assurer la valorisation des IG.
Ils ont appelé la Commission européenne à proposer à une modification de la législation communautaire qui leur permette de maîtriser leur production.
Une réforme de la politique de qualité doit intervenir en 2010. En mai 2009, la Commission européenne a publié une communication dans laquelle elle expose ses pistes de réforme.
Cependant elle ne propose aucun instrument de maîtrise de la production.


Face à la disparition programmée des droits de plantations dans le secteur viticole et des quotas dans le secteur laitier, en 2015, les professionnels ont demandé aux pouvoirs publics de proposer des instruments de maîtrise de la production dans la législation communautaire.
«Une analyse économique de la maîtrise de l’offre dans filière du fromage Comté met en lumière une répartition équitable de la valeur ajoutée entre l’amont et l’aval, des producteurs
de lait aux affineurs, sans qu’il y ait un impact négatif sur le prix au consommateur», a déclaré Patrice Chassart, Président du Saint Nectaire et Vice Président du CNAOL.
«La libéralisation des droits de plantation en 2015 conduira inévitablement à des crises de surproduction. Rien que dans la Rioja, on pourrait assister à un doublement de la superficie plantée» a souligné le représentant de la Confédération Espagnole des Conseils Régulateurs viticoles.
Les exemples des succès des appellations Champagne et Porto, qui reposent très largement sur le contrôle des volumes de production, ont été mis en avant. Ces régions ont ainsi très souvent interdit les plantations dans leurs régions.
En conclusion, Paolo Tanara, Président du Consortium du Jambon de Parme, a rappelé: «Nous ne sommes pas ici pour demander une aide spécifique, mais pour obtenir la mise en place d’outils nous permettant de gérer de manière harmonieuse le développement de nos marchés et de prévenir les crises. Nous comptons sur l’appui du Parlement européen dans ce dossier et attendons de la Commission européenne des propositions concrètes en la matière».

 

J'adhère en grande partie. Sauf que d'ores et déjà, certaines aires d'AOP ne correspondent à rien: on trouve ainsi une AOP fromagère à l'échelle d'un pays entier (la féta); ou d'une région entière, plus grande que la Belgique et les Pays Bas réunis, comme La Mancha, pour le vin. Dans d'autres cas, ce sont les cahiers des charges, trop minces, qui posent problème. Sans oublier que certains pays sont trop laxistes en matière de contrôles. Et que penser de l'AOP allemande "Fromage de Chèvre d'Altenburg", qui n'oblige à utiliser que 15% de lait de chèvre? Bref, pour convaincre nos élus et leurs électeurs les consommateurs de mieux protéger les appellations, il faut d'urgence écrémer la liste actuelle, ou au moins renforcer les conditions d'octroi.

Politiquement, c'est difficile, on s'en doute. Mais si le but est réellement la protection du consommateur et du producteur honnête, il faut le faire, et vite. Le reste, c'est du discours.

15:58 Écrit par Hervé Lalau dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |