31 mai 2010

Ce que veulent les régions viticoles européennes

Je reçois à l'instant le texte de la résolution de l'AREV à propos de la réforme viticole OCM vins.

Résolution

"Réunis en session plénière à Poreč/Istrie/Croatie, les représentants politiques et professionnels de l’Assemblée des Régions Européennes Viticoles (AREV – 70 régions de 17 pays), après avoir échangé leurs expériences sur la mise en œuvre de la réforme de l’OCM-Vin et conformément aux décisions prises à Evora 2009 et précédemment, ont adopté à l’unanimité la résolution suivante :

Constatant la difficile situation des marchés vitivinicoles dans la plupart des régions européennes en dépit des importantes mesures d’arrachage et de promotion engagées depuis 2008, l’AREV craint que les objectifs majeurs de la réforme, qui étaient d’accroître la compétitivité des producteurs européens, de récupérer des parts de marché dans le marché mondial, de rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande, ne soient réalisables. Elle redoute que la déréglementation engagée n’accroisse au contraire les effets néfastes au plan socio-économique, notamment pour les petites et moyennes exploitations.

Dans ce contexte, l’AREV exige que l’évaluation des effets de la réforme imposée à la Commission lors du Conseil de ministres des 18/19 décembre 2008 et stipulée à l’article 184 alinéa 8 du Règlement CE 1234/2007 ne constitue pas un simple rapport  d’étape, mais bien l’occasion de juger de la nécessité de réformer la réforme, à la lumière de son impact économique, social et environnemental, à savoir :

•    le maintien du cadre général des droits de plantation,
•    le maintien et le renforcement du cadastre viticole,
•    le maintien des règles d’étiquetage différenciant les AOP/IGP des autres vins,
•    le maintien du dispositif financier propre au secteur viticole dans le premier pilier,
•    la liberté pour les Etats membres d’orienter les aides de l’Union Européenne (promotion à l’extérieur ou à l’intérieur de l’Union Européenne ou soutien aux vignobles à caractère particulier, comme les vignobles à forte pente).

L’AREV réitère en outre sa demande pressante visant à la mise en place d’un Observatoire de la viticulture européenne qui donne les moyens de connaître précisément la situation dans les différentes régions et les différents Etats membres".

En un mot comme en 100, il y a du moratoire dans l'air - toutes les mesures d'inspiration libérale de Mme Fischer Boel ou presque sont désavouées. Reste à savoir si les autres régions  d'Europe (non-viticoles) et surtout les Etats qui les représentent, accepteront ce revirement.

15:19 Écrit par Hervé Lalau dans Europe | Tags : lobbying | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

22 mai 2010

Nouvelle réglementation du bio: les Vignerons Indépendants ont des doutes

Les Vignerons Indépendants ont lu avec attention les projets de la Commission Européenne qui visent à réglementer le vin biologique. Jusqu'ici, on le sait, il n'y a que les raisins qui peuvent être labellisés bio. Demain, ce sera le produit fini. D'où l'importance du cahier des charges des vinifications.

A ce propos, justement, les Vignerons indépendants ont des doutes. Ils jugent les maximums de soufre autorisés beaucoup trop élevés, et ils rejetent l’osmose inverse, par exemple. Ils ont donc écrit à la Commission pour que le texte soit remis sur la table.

Comme beaucoup d'adeptes du bio avant eux, les Vignerons Indépendants craignent la mainmise des industriels du vin dur la filière bio et un nivellement vers le bas des pratiques bio.

AB

 

Moi aussi.

Rappelez-vous la prédiction d'Antoine Gerbelle, voici quelques années: "Dans 20 ans, le bio sera la norme".

A l'époque, on se disait, "Dieu t'entende, Antoine." Mais si l'idée du législateur est de baisser la norme pour que tout le monde puisse se dire bio, alors, les consommateurs et la planète n'auront rien gagné.

Que l'Europe prenne garde: si elle cède aux pressions du moins-disant biologique, les vrais bio trouveront un autre nom, fonderont d'autres labels, pour satisfaire ceux qui veulent voir dans le bio plus qu'un sigle ou un logo, une réalité, un message d'espoir pour la santé humaine et pour l'environnement.

 

 

 

21:14 Écrit par Hervé Lalau dans Europe | Tags : bio, normes, environnement, europe | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |