05 août 2011

En congė de la République... des blogs

Est-ce d'avoir parcouru les gros titres de la presse féminine, qui incite ces dames, non seulement à être belles, mais à se ressourcer grave? J'ai décidé de me ressourcer aussi, à défaut d'être belle. Et cela passe par un arrêt brutal de notre relation, amis du net.

Oh, rassurez vous, pas pour longtemps, juste quelques jours de farniente, de rien faire, au soleil de Gascogne - n'écoutez pas la météo, tous les jours on nous annonce du gris et tous les jours ça se lève, ça brille, ça chauffe. J'espère que les bulletins pour les pros ont plus précis et plus fiables! Parce que si j'étais vigneron à Fronton ou à Saint Sardos (ce qu'à Dieu ne plaise, ces gens-là ont une notoriété à défendre), et que j'écoutasse les bulletins nationaux, je crois que j'arracherais mes vignes pour les replanter, tiens, dans le Kent! C'est hyper tendance, le Kent, et en plus, c'est plein d'Anglais qui sont tout fiers de pouvoir enfin boire national. Et puis côté climat, dans le Kent, ça ne peut que s'arranger, à croire que le global warming est fait pour eux.

Donc, je coupe le lien pour quelques jours. Une première, depuis la création de ce blog. Mais je vois que d'autres blogueurs de vin, et pas des moindres, ne postent pas tous les jours et ne s'en portent pas plus mal! Quality versus volume, mind versus matter, etc...

Rassurez-vous, vous ne perdrez pas au change. Je continue à déguster, à visiter, je prends des notes. Je vous reviendrai en grande forme, j'espère. Et plus captivant que jamais (bon ça c'est pas difficile).

06:01 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France, Vins de tous pays | Tags : vins, vignoble, blogs | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

28 juillet 2011

Cáceres perd son "marquis"

Je ne l'ai rencontré qu'une seule fois, mais Enrique Forner, le fondateur de Marques de Caceres, dont je viens d'apprendre le décès, m'avait laissé une forte impression.

C'était au début des années 2000. Le groupe de journalistes dont je faisais partie visitait les grands vignobles du Nord de l'Espagne, et une grève d'avions nous avait fait arriver à Cenicero, là où se trouve la bodega, à une heure indue. Vraiment indue: je veux dire, vers 2 heures du matin. Qu'à cela ne tienne, M. Forner nous avait fait faire le grand tour du propriétaire, comme si de rien n'était; puis il nous avait invités à sa table. Nous avions devisé de nombre de sujets.

De la Rioja, mais pas seulement; de l'Espagne, de la France, aussi - il la connaissait très bien pour y avoir vécu de ses 11 ans jusqu'à ses 50 ans et y avoir appris le vin. Il y a avait même acquis, avec son frère, les châteaux Camensac et Larose Trintaudon.

Des modes du vin. Il en avait connu pas mal, les tout petits rendements, l'extraction, les macérations longues, etc... Aucune n'était vraiment sa tasse de tannins. Il se situait au-delà des modes.

De l'oenologie - il avait été l'élève du Professeur Peynaud à Bordeaux, et c'est avec ce même Peynaud qu'il avait choisi Cenicero pour implanter sa bodega, à la fin des années 60. Sa famille était de Valencia, pourtant.

De l'élevage. Forner avait été un des tout premiers en Rioja à refuser les passages très longs en foudre. Il avait d'ailleurs choqué pas mal de monde quand il avait introduit les cuves inox à Cenicero. Il savait pourtant utiliser le chêne - je me rappelle encore avec émotion du Gaudium 94 qu'il nous avait fait déguster cette nuit-là. Le premier millésime de cette nouvelle étiquette, si je ne me trompe. Gaudium, la joie. Tout un programme.

Et ce dont il était le plus fier, c'était d'avoir fait souche dans le vin, que sa fille Cristina ait repris le flambeau.

Depuis 2007, c'est elle qui avait en charge la gestion quotidienne de Marques de Cáceres.

Bref, Enrique Forner, pour les quelques heures que j'ai partagé avec lui, m'avait semblé personnifier l'honnête homme comme pouvaient l'envisager les philisophes du 18ème siècle. Un homme cultivé, mais pas imbu de lui même; un visionnaire, mais modeste, les pieds bien ancrés dans la réalité, dan sla terre. Un entrepreneur, mais toujours à l'écoute des autres. Un producteur et un commerçant, sans doute, mais un homme de grande classe, aussi. Un grand bonhomme du vin.

Il disparaît à l'âge de 86 ans. Mes condoléances à Cristina, que j'avais également rencontrée à cette même occasion - elle ne s'en souvient sans doute pas - et qui me semble avoir bon nombre des qualités de son père.

00:04 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, Europe, France | Tags : espagne, rioja, marques de caceres | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |