31 janvier 2012

IGP, AOC

Au détour d'un article sur les Côtes du Rhône (qui, si j'ai bien compris, engagent une action contre l'IGP Bouches du Rhône pour contrefaçon de sa typo), voici la distinction que l'AFP établit entre AOC et IGP.

"Tandis que les AOC certifient l'origine géographique d'un produit, au terroir défini et au savoir-faire généralement ancien, les IGP, attribués par l'Union européenne, englobent de façon plus large tous types de produits alimentaires et agricoles fabriqués dans la même région."

Juste une question: les  AOC (ou AOP) ne sont-elles pas attribuées par l'Union Européenne? Ou au moins, avalisées par elle?

En quoi les IGP seraient-elles plus européennes que les AOC/AOP, à partir du moment où elles protègent elles aussi le produit face aux tiers sur l'ensemble du territoire de l'Union?

Etonnante, cette Europe à géométrie variable, dans la bouche de certains Français.

18:49 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

26 janvier 2012

Plantations: Clamantis in deserto

Si j'en crois ce cher Google, je suis le seul "media" français à avoir reproduit le communiqué du Comité Européen des Entreprises Vins appellant à la libéralisation des plantations de vignes en Europe, comme prévu en 2008 dans le cadre de la réforme de l'OCM vins.

Dans le même temps, plusieurs dépêches réaffirmant l'opposition de la France à cette libéralisation ont été publiées, y compris la prise de position du ministre de l'Agriculture.

Passons rapidement sur le fait que la France a voté cette mesure en 2008  - il n'y a que les convaincus qui ne changent pas d'avis.

Passons encore plus rapidement sur le fait que cette libéralisation me semble aller dans le bon sens - ce n'est que mon avis, je suis ouvert au débat - je ne prétends pas avoir raison tout seul contre tout le monde.

Non, ce qui me choque, c'est justement qu'il ne puisse y avoir de vrai débat public.

Que les rares voix discordantes soient étouffées - passe encore pour moi, je ne représente rien que moi même, mais quand il s'agit d'un groupement de producteurs couvrant toute l'Europe, c'est autre chose.

M. le Ministre Bruno Le Maire se félicitait vendredi dernier que 12 pays soutiennent le retour à l'encadrement des plantations (encadrement qui n'a jamais cessé, en France, puisque nous sommes encore en période de transition).

Dois-je lui faire l'injure de lui préciser que 15 autres pays au sein des 27 que compte l'Union soutiennent toujours la libéralisation? Eux n'ont pas changé d'avis. Qui le dit? Et qui dit le pourquoi de cette étonnante obstination? La conviction, de la part de pays qui forment le plus gros des consommateurs de l'Union, que l'on doit passer d'une viticulture d'assistés, une viticulture sous bulle, payée par le contribuable plutôt que par le buveur, à une viticulture compétitive.

Je ne demande pas aux "responsables" qui sont convaincus que l'encadrement des plantations les protège contre quoi que ce soit (à tort, selon moi) de changer d'avis. Peut-être leurs attributions, leurs engagements passés, les promesses qu'ils ont cru devoir faire à leur affiliés, ou tout simplement leurs structures mentales les en empêchent-ils.

Je leur demande seulement d'arrêter de faire croire que tout le monde pense comme eux.

 

00:10 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Tags : plantations | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |