26 janvier 2012

Plantations: Clamantis in deserto

Si j'en crois ce cher Google, je suis le seul "media" français à avoir reproduit le communiqué du Comité Européen des Entreprises Vins appellant à la libéralisation des plantations de vignes en Europe, comme prévu en 2008 dans le cadre de la réforme de l'OCM vins.

Dans le même temps, plusieurs dépêches réaffirmant l'opposition de la France à cette libéralisation ont été publiées, y compris la prise de position du ministre de l'Agriculture.

Passons rapidement sur le fait que la France a voté cette mesure en 2008  - il n'y a que les convaincus qui ne changent pas d'avis.

Passons encore plus rapidement sur le fait que cette libéralisation me semble aller dans le bon sens - ce n'est que mon avis, je suis ouvert au débat - je ne prétends pas avoir raison tout seul contre tout le monde.

Non, ce qui me choque, c'est justement qu'il ne puisse y avoir de vrai débat public.

Que les rares voix discordantes soient étouffées - passe encore pour moi, je ne représente rien que moi même, mais quand il s'agit d'un groupement de producteurs couvrant toute l'Europe, c'est autre chose.

M. le Ministre Bruno Le Maire se félicitait vendredi dernier que 12 pays soutiennent le retour à l'encadrement des plantations (encadrement qui n'a jamais cessé, en France, puisque nous sommes encore en période de transition).

Dois-je lui faire l'injure de lui préciser que 15 autres pays au sein des 27 que compte l'Union soutiennent toujours la libéralisation? Eux n'ont pas changé d'avis. Qui le dit? Et qui dit le pourquoi de cette étonnante obstination? La conviction, de la part de pays qui forment le plus gros des consommateurs de l'Union, que l'on doit passer d'une viticulture d'assistés, une viticulture sous bulle, payée par le contribuable plutôt que par le buveur, à une viticulture compétitive.

Je ne demande pas aux "responsables" qui sont convaincus que l'encadrement des plantations les protège contre quoi que ce soit (à tort, selon moi) de changer d'avis. Peut-être leurs attributions, leurs engagements passés, les promesses qu'ils ont cru devoir faire à leur affiliés, ou tout simplement leurs structures mentales les en empêchent-ils.

Je leur demande seulement d'arrêter de faire croire que tout le monde pense comme eux.

 

00:10 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Tags : plantations | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

23 janvier 2012

Le Comité Européen des Entreprises Vins soutient la libéralisation des droits de plantation

Tiens, à lire ce communiqué du CEEV, je me sens un peu moins seul...

Le Comité Européen des Entreprises Vins (CEEV) salue la l’initiative annoncée par le Commissaire en charge de l’Agriculture, Dacian Ciolos, de mettre en place un groupe de réflexion à haut niveau sur l’avenir du secteur vitivinicole. Ce groupe doit permettre d’ouvrir une réflexion globale sur les enjeux futurs pour la compétitivité de filière viti-vivinicole, notamment dans le contexte de l’élaboration du rapport sur la mise en application de la réforme vitivinicole que doit remettre la Commission fin 2012.

«Le déploiement cohérent et équilibré de la récente réforme vitivinicole, selon les étapes qui ont été acceptées, doit être entièrement respecté » a déclaré José Ramón Fernández, Secrétaire Général du CEEV. «Il n’est pas concevable à ce stade, dans le cadre de la réforme de la PAC, d’engager la remise en cause d’un élément essentiel de l’équilibre de la réforme, tel que la fin de l’interdiction européenne des nouvelles plantations, sans aborder l’ensemble des autres problématiques liées au secteur vitivinicole, notamment les possibilités d’amélioration de la régulation économique de la filière».

Ce groupe de haut niveau peut être le cadre pour cette réflexion, permettant à l’ensemble des acteurs concernés de discuter le bilan de l’application de la réforme et de dégager d’éventuelles pistes de travail. Ainsi le CEEV considère que si le maintien d’une interdiction des plantations appliquée sans discernement sur l’ensemble du territoire de l’UE ne saurait être accepté, il est nécessaire d’entamer une réflexion sur l’amélioration de la régulation économique de la filière pour améliorer l’adaptation de l’offre à la demande des consommateurs.

«Nous devons sortir d’un système d’interdiction totale et aveugle au niveau de l’Union qui ne tient pas compte de l’extraordinaire diversité du vignoble européen et qui freine le dynamisme des opérateurs de notre filière et de leur l’adaptation au marché. Au même temps, nous devons repenser les modalités de régulation économique de notre filière ; et le potentiel de production, au même titre que d’autres facteurs, est un des éléments de cette régulation. Mais cela ne doit pas se faire dans un cadre réglementaire sclérosant mais au sein de la filière, respectant le principe de subsidiarité, et avec tous les acteurs impliqués» a affirmé Pau Roca, Président de la Commission OCM du CEEV «Nous sommes prêts à participer à ce groupe et à faire des propositions en ce sens».

Notez, s'il vous plaît, que je n'ai aucun lien, ni économique, ni de subordination quelconque avec le CEEV.

Pour plus d'info: CEEV, José Ramón Fernandez, Tél:+32 2 2309970

14:54 Écrit par Hervé Lalau dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |