22 février 2012

L'AREV nous donne sa vision des droits de plantation

L'Association des Régions Européennes Viticoles (AREV) a contacté mon confrère et ami David Cobbold pour lui proposer de participer à un voyage de presse à Bruxelles, le 2 mars prochain, avec comme thème les droits de plantation - cette association milite pour qu'ils soient maintenus.

Moi pas. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas lui donner la parole.

Voici donc sa lettre

Cher Monsieur,

Mme Carisio me fait suivre votre message. J’ai aussi lu les papiers de M. Lalau.
Je voudrais juste vous préciser que nous ne sommes pas des lobbyistes, comme vous le pensez à tort (et en tous cas, aucune strate de l’architecture européenne ne nous reconnaît comme tels).
L’AREV est une association politique. Les adhérents sont 75 présidents d’exécutifs régionaux  qui, en lien avec les responsables professionnels viticoles de leurs régions, s’efforcent de placer la viticulture au cœur de l’aménagement économique de leurs territoires.
La viticulture est source d’emplois directs (exploitants, salariés) et indirects (verriers, bouchonniers, imprimeurs, fournisseurs, services …), permettant parfois le maintien d’un artisanat, voire de PME(fabrication de machine à vins, d’outillage spécifique …) dans nos campagnes. La vigne façonne les paysages, les acteurs locaux s’y adossent pour construire des politiques d’accueil et d’hébergement, une  vie sociale est souvent maintenue par le dynamisme viticole dans les villages, etc …
Au moment des débats sur cette réforme de l’OCM-Vin, aucune étude d’impact n’a été mise en place pour évaluer les effets des politiques à engager et les mesurer sur tous nos territoires.
C’est pourquoi il nous apparaît utile d’y voir clair de façon scientifique, en définitive de juger si la viticulture familiale est plus porteuse d’avenir que la viticulture industrielle. C’est simplement de la politique…pas du lobby ! Cela explique aussi pourquoi, au-delà des régions, 1500 conseils municipaux en France ont déjà pris position pour s’inquiéter de l’avenir viticole de leurs territoires et s’interrogent sur l’emploi à réserver à leurs concitoyens.
Vous parlez de « privilège » des droits de plantation, je ne pense pas que tous les salariés connexes à une viticulture régulée soient des privilégiés.
Merci de votre attention.
 
Jean  Paul  ANGERS
Secrétaire Général

Mon commentaire: je n'ai rien contre le fait que l'on mesure l'impact de la libéralisation des plantations (pour autant qu'on ne reste dans les limites du vraisemblable, et non, comme dans un récent papier de Terre-Net Medias, qu'on évoque déjà l'éventualité de fraudes aux appellations). Je lirai donc avec intérêt les conclusions de l'étude que l'AREV va rendre publique à Bruxelles le 2 mars.

Mais tant qu'à fait, j'aimerais aussi qu'on mesure l'impact de la réglementation actuelle, des freins qu'elle a mis au développement d'une viticulture concurrentielle sur les marchés tiers, et surtout, qu'on m'explique son incapacité à stopper l'hémorragie du nombre d'entreprises viticoles en France. Cet impact là, il ne repose pas sur des hypothèses, mais sur des faits, sur plus de 70 ans d'encadrement de la viticulture en France.

Cette organisation de l'offre, ce système quasi-colbertiste a failli. Mais si grande, en France, est la force de l'habitude, si lourd est le poids des appareils, que tout, même l'inertie, semble préférable au risque de la liberté...

Enfin, c'est ce que je pense. Et je n'ai aucun mandat pour le dire.

00:11 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (8) | | | |

21 février 2012

100.000 visites pour les 5 du Vin

C'est officiel - aussi officiel que peut l'être le chiffre du compteur d'Overblog - le site des 5 du Vin vient de franchir la barre des 100.000 visites.

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Pour rappel, ce blog coopératif regroupe Jim Budd (il y officie le mardi), David Cobbold (le lundi), Michel Smith (le jeudi), Marc Vanhellemont (le vendredi), ainsi que votre serviteur (le mercredi).

Depuis peu, le samedi, les 5 accueillent des invités. Le premier a se prêter à cet exercice, samedi dernier, a été Franco Ziliani. Le prochain, ce samedi, sera Lincoln Siliakus.