27 février 2012

Les VIF et la réglementation bio européenne: "peut mieux faire!"

Dans un communiqué, Les Vignerons Indépendants de France ont donné leur sentiment sur la nouvelle réglementation du vin bio.


"Les VIF ont, comme l’ensemble de la filière vin, pu apprécier que la commission européenne ait acté un cahier des charges pour le vin biologique, seul produit agroalimentaire qui n’en possédait pas jusqu’alors.


En revanche, les Vignerons Indépendants de France regrettent que la difficulté à se mettre d’accord sur ce cahier des charges ait engendré un accord a minima.

Avoir statué sur le plus petit dénominateur commun à l’ensemble des pratiques œnologiques observées dans l’Union Européenne, nous donne le sentiment d’une version de cahier des charges peu ambitieuse, qui ne pourra pas satisfaire le consommateur.

Le risque de créer une confusion entre vinification conventionnelle et vinification biologique est très élevé du fait de trop faibles différences de pratiques.


Un cahier des charges devrait être l’expression technique d’une philosophie. Quelle est la philosophie du vin bio aujourd’hui ?


Pour aboutir à un vin biologique, tout le travail de vinification et d’élevage doit se faire dans le respect des éléments naturels. Les Vignerons Indépendants de France revendiquent, depuis plus de 2 ans, que le vin biologique se base sur le respect du vivant dès l’entrée des raisins en cave.

Les Vignerons Indépendants de France auraient souhaité un cahier des charges beaucoup plus ouvert aux pratiques préventives et aux procédés essentiels pour garantir le maintien de la qualité gustative des moûts de raisins. Le vin bio ne pouvant pas être seulement une cuisine œnologique tant bien même les ingrédients seraient d’origine biologique.


Et le consommateur dans tout ça ?


Quelle garantie lui est donnée que le vin vinifié biologiquement est significativement différent du vin issu d’une vinification conventionnelle ?

Les Vignerons Indépendants de France attendent avec impatience la réouverture des discussions en 2015 pour présenter à nouveau la philosophie qu’ils veulent défendre".

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Europe | Lien permanent | Commentaires (10) | | | |

23 février 2012

Les "Printemps Arabes", le vin... et plein d'autres choses

L'arrivée au pouvoir de partis islamistes dans les pays du Maghreb - en Tunisie, au Maroc et peut-être bientôt en Algérie - pourrait-elle menacer la production viticole de ces pays, et donc leur exportation?

C'est une des nombreuses questions que l'on se pose, un an après ce qu'il est convenu d'appeler les Printemps Arabes. Si je la pose ici, c'est que ce blog traite de vin. Mais il y a tellement plus à dire! Et même si cela sort de ma sphère de compétence, vous comprendrez, j'espère, mon intérêt de Français pour des pays qui partagent non seulement une histoire commune avec le mien, mais plus important, je crois, un avenir.

Hier soir, justement, se tenait dans l'enceinte de l'Université Catholique de Louvain (bel exemple de l'acception grecque de catholique, à savoir "universel") un colloque intiltulé "Les Révolutions du Printemps Arabe: un premier bilan, un an après". Organisé par les étudiants de l'Arabikap, il réunissait les ambassadeurs des trois pays cités, MM. Amar Bendjama (Algérie), Farhat Ridha (Tunisie) et Samir Addhare (Maroc), ainsi que le Professeur Erwan Lannon, du Collège de l'Europe, le professeur Vincent Legrand, de l'UCL, et le représentant du Ministère belge des Affaires Etrangères, François de Kerchove.

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A l'UCL, hier, avec l'Arabikap

Ces personnalités de premier plan et très bien informées ont insisté sur le caractère spontané et social des mouvements révolutionnaires, sur les différences d'approche dans les trois pays, mais aussi, sur la grande soif de liberté de leurs peuples.

Cette soif, selon eux, n'est pas synonyme de radicalité, mais d'impatience. Il faut rapidement la traduire en termes politiques.  Les attentes économiques, politiques, et sociales, sont grandes, mais pas toujours concrètes ni objectivables. Parmi les problèmes les plus urgents à régler, il y a la corruption, et les partis islamiques, qui bénéficient dans ces pays d'une certaine image de virginité, pour n'avoir jamais été aux affaires - sauf en Algérie, partiellement - font figure de recours.

Mais ils ne sont pas seuls au pouvoir, et pour prendre l'exemple tunisien, la récession économique constatée depuis la Révolution du Jasmin ne devrait pas les inciter à priver le pays d'une source d'emploi et de devises importantes comme la viticulture, mais plutôt, à tout faire pour remettre l'économie sur les rails, et au premier chef, le tourisme.

Cela passe évidement par le rétablissement de l'image de "pays ami", de pays ouvert que la Tunisie avait su se construire. Idem au Maroc, où de nombreux Européens se sont installés, qui apportent beaucoup à l'économie.

La réaction de l'Europe sera également déterminante: respecter le résultat des urnes, dialoguer avec ceux que les Tunisiens et les Marocains ont désignés, c'est la meilleure façon pour les Européens de précher pour la démocratie par l'exemple. Plutôt que d'ostraciser, de stigmatiser, il faut parler, convaincre, échanger et commercer. La rue arabe ne comprendrait pas, en effet, que l'on traite plus durement, notamment dans les relations économiques, la démocratie d'aujourd'hui que la dictature passée.

Par ailleurs, j'ai noté dans la bouche de l'Ambassadeur de Tunisie un autre élément encourageant: les événements récents ont relancé le processus de rapprochement des économies de la région au sein de l'Union du Maghreb Arabe, une communauté économique dont l'idée est dans l'air depuis les années 70, mais que les dictateurs se sont bien gardés de faire avancer. Cette idée est pourtant on ne peut plus d'actualité: le coût de la non-intégration maghrébine est de l'ordre de deux points de croissance par an...

J'en saurai plus dans quelques jours à Paris, où j'en parlerai avec le directeur des Caves de Carthage, mon ami Belgacem D'Khili.

17:27 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France, Maroc, Tunisie | Tags : vin, printemps arabe, révolution | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |