12 juin 2012

Droits de plantation: attention, un Castellucci peut en cacher une autre

J'ai rencontré à plusieurs reprises Federico Castellucci, le Directeur Général de l'OIV. Un type qui compte, dans notre secteur. Intelligent, compétent, fin négociateur. 

Je ne savais pas que sa fille, Giulia, était également active dans le domaine du vin. Voici qu'elle vient de se voir confier la mission de défendre les intérêts de la Confédération Européenne des Vignerons Européens (CEVI) le groupe de pression des vignerons indépendants à Bruxelles. Sans surprise, elle plaide pour le maintien des droits de plantation: «le système des droits de plantation agit non seulement comme un garde-fou contre les déséquilibres économiques, mais aussi comme un garant d’investissements durables, au-delà de la filière viticole européenne. La fin des droits de plantation signifierait la délocalisation des vignobles et représenterait un risque important de détournement de notoriété des appellations d’origine. De plus, la suppression du système, en appauvrissant subitement les entreprises de vignerons, viendrait déstabiliser profondément la vitalité économique des territoires ruraux.»

Pas très jeune, tout ça, comme rhétorique.

A écouter tous ces gens qui évoquent les risques potentiels de situations à venir, mais se gardent bien de parler des problèmes  qui se posent pour les jeunes candidats vignerons, et l'iniquité d'un système sclérosant qui survalorise des droits acquis, je vais finir moi-même par avoir peur de toute réforme.

Et si on maintenait les droits de plantation? Tant qu'à faire, il faudrait aussi réfléchir à mieux fermer le marché européen, parce que si l'on restreint les possibilités d'expansion du vignoble, qu'on ne donne pas aux gros opérateurs les moyens de lutter contre les production extra-européennes à bas coût, alors il nous faut un vrai bunker, que dis-je, une Festung Europa.

Mais ça, Papa Castellucci peut-il le défendre auprès de ses membres du Nouveau Monde?

16:45 Écrit par Hervé Lalau dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

07 juin 2012

La critique vineuse mieux encadrée en France

Attendus du Jugement du TASCF dans l'affaire Lalau contre Lalau

Attendu l'exception culturelle française et la nécessaire protection des droits acquis.

Attendu que le nombre de vignerons a baissé en France de 25% en 20 ans malgré le système actuel de protection des droits de plantation et l'excellence de leur production, notamment dans le cadre des appellations d'origine.

Attendu que la France a signé la réforme de l'Organisation Commune du Marché Vin au sein de l'Union Européenne, prévoyant la libéralisation des droits de plantation.

Attendu que la France n'a pas encore appliqué la libéralisation des droits de plantations.

Attendu que la France n'a jamais compté appliquer la libéralisation des droits de plantations.

Attendu que la France réclame un retour à l'encadrement des plantations de vigne.

Attendu qu'avec la libéralisation prévue dans le cadre de la réforme européenne, on peut craindre l'arrivée de nouveaux grands opérateurs qui risquent de concurrencer la production officiellement qualitative des producteurs existants.

Attendu que les vins qui seront produits par ces nouveaux opérateurs seront forcément moins bons, puisque leurs vignes ne seront pas aussi officiellement encadrées.

Attendu que la baisse de consommation de vin en France interpelle les clients étrangers.

Attendu que le vin, partie intégrante du patrimoine national, nécessite des relais d'opinion.

Attendu que le nombre de magazines spécialisés en vins est en diminution constante.

Attendu que le nombre de pages consacrées au vin dans la presse généraliste est en diminution constante.

Attendu que le nombre de journalistes spécialisés en vin est en diminution constante, malgré l'excellence de leur production.

Attendu que les blogueurs font peser une menace réelle sur cette activité, en s'arrogeant le droit d'émettre des jugements de valeur sur des vins.

Attendu que seule une bonne formation sur le vin, son patrimoine, la justesse du système d'appellations à la française autorise un auteur à émettre de tels jugements de valeur.

Considérant les points qui précèdent, le Tribunal Arbitral du Sport Cérébral de France (TASCF) ordonne:

- Primo, que soit instauré un droit d'exercice de la critique vineuse, sur le modèle des droits de plantation. Ce droit d'accès à la profession sera matérialisé par le titre de Journaliste Vineux Qualifié (JVQ).

- Secundo, toujours en adéquation avec le système des droits de plantation, et selon le principe "possession vaut droit", que tous les journalistes encore en exercice dans le domaine du vin soient réputés habilités à poursuivre leur activité officiellement qualitative. Ce droit est inaliénable mais cessible contre rémunération.

Dans un second temps, un système d'homologation annuelle des nouveaux candidats journalistes sera mis en place, sous les auspices de l'ANIVIN de France (pour les articles concernant des vins hors appellation) et de l'INAO (pour les articles concernant des vins d'appellations françaises) et du Ministère des Affaires Étrangères (pour les articles concernant les vins non français).

Ces trois organismes seront chargés de vérifier la qualité des articles publiés dans l'année écoulée, en concertation avec la Haute Autorité du Journalisme Vineux, installée dans le cadre du CSA, sous la présidence d'Hervé Lalau.

- Tertio, que les blogueurs de vin établis sur le territoire national cessent toute activité (sauf s'ils sont habilités comme Journalistes Vineux Qualifiés).

- Quarto, qu'un fond d'indemnisation des JVQ soit institué, pour compenser la perte du revenu  des JVQ sur les 5 années écoulées du fait de la distorsion de concurrence. Ce fond sera alimenté par les contributions volontaires obligatoires des blogueurs de vins non homologués, en fonction de leur classement Wikio ou par ordre alphabétique (au choix). Les modalités d'assiette et de perception de ces contributions seront arrêtés par le Ministère du Budget en concertation avec la Haute Autorité du Journalisme Vineux.

Ce fond pourra être abondé par d'autres contributions volontaires obligatoires de la part des producteurs, mais aussi par les impôts, ou par des dotations des Pouvoirs Publics. A terme, il s'agit de faire du Journaliste Vineux Qualifié un véritable agent de la fonction publique, afin de garantir son indépendance et son impartialité en le mettant à l'abri des tentations et du mercantilisme.

Fait à Lézignan-Colmar, le 6 juin 2012

00:22 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (9) | | | |