02 août 2012

Droits de plantation: le Sénat français exige le statu quo

Lu chez mes excellents confrères de Vitisphère, ce matin:

Le groupe d’études Vigne et Vin du Sénat vient d’exprimer « sa vive préoccupation devant le blocage des discussions à Bruxelles » concernant le maintien des droits de plantation européens. Regrettant le manque d’informations sur les avancées du groupe de haut niveau décidé par Dacian Cioloș (pour en savoir plus, cliquer ici), les 22 sénateurs craignent «que ce groupe ne constitue qu’une manœuvre dilatoire, pour éviter de réexaminer sérieusement la question des droits de plantation».

Présidé par le sénateur girondin Gérard César, le groupe d’étude a conclu à l’unanimité que les Etats Membres de l'Union Européenne devaient lancer une "initiative politique forte et coordonnée pour décider dès maintenant le maintien des droits de plantation, sans attendre la fin des discussions sur la réforme de la Politique Agricole Commune, ce maintien étant demandé par la totalité des États producteurs de vins en Europe."

Du Sénat, on ne s'étonnera pas d'une position aussi conservatrice. Les corporatistes français dont il est le relai veulent bien d'un groupe de réflexion, pour autant que la réflexion aille dans leur sens. Il faudrait leur expliquer que l'Europe du vin, ce sont aussi des pays consommateurs qui n'ont aucune raison de continuer à subventionner des vins invendables (voir ICI). Et même, tous les producteurs français ne partagent pas l'avis des Sénateurs (voir ICI).

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Les Droits de Plantation, ligne Maginot du vin français... et crime contre l'avenir!

Dommage que le Sénat ait la mémoire si courte; la France a pourtant bien signé la réforme européenne, y compris la suppression des droits de plantation, et celle-ci va dans le bon sens, n'en déplaise aux corporatistes. Les droits de plantation datent du Front Populaire et de Vichy... Vous parlez d'une modernité!

Cette Ligne Maginot du vin n'a pas empêché la France de perdre des exploitations par milliers, pendant que ses compétiteurs chiliens, australiens, néo-zélandais plantaient sans contraintes et lui prenaient des parts de marché. La rentabilité ne se décrète pas, la consommation non plus.

Mais voila que je radote; ces arguments, vous les avez déjà lus ici. Hier encore. A ma décharge, les partisans des droits de plantation se répètent aussi, et médiatiquement, ils ont beaucoup plus de puissance de frappe que moi.

Dommage que ce lobby-là ne se consacre pas à d'autres croisades, plus légitimes.

Quand le texte de loi sur le vin, partie intégrante de la culture française sera-t-il voté?

Quand les barrières mises par le CSA et le Conseil d'Etat aux télévision thématiques sur le vin seront-elles levées?

Quand le vin sera-t-il officiellement découplé des alcools en matière de communication?

Il y a du pain de la planche, et pour ces sujets-là, la Winery France a tout mon soutien.

 

Delenda sunt jura plantationi (ou quelque chose du genre, M'sieur Caton)

 

11:50 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

01 août 2012

Droits de plantation: les ministres passent, le conservatisme reste

«Le vin n'est pas un produit banal et il faut pouvoir réguler sa production», a déclaré le nouveau ministre français de l'Agriculture Stéphane Le Foll.

Les ministres et les majorités politiques passent, le protectionnisme et le conservatisme restent, en matière viticole. Etonnant? Pas tant que ça: la régulation du secteur viticole par l'Etat et les corps intermédiaires, c'est une idée aussi vieille que le Front Populaire (et le régime de Vichy).

Dans un  second temps, il faudra aussi penser à réguler la consommation au niveau de la production régulée. Mais sans faire l'apologie du produit, bien sûr.

Régulez, y a rien à voir!

14:19 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |