17 mai 2008

Mort de Robert Mondavi

Robert Mondavi est décédé à l'âge de 94 ans.

Producteur ambitieux, commerçant visionnaire et marketteer de génie, il a révolutionné le vin californien dans les années 1970, lui donnant accès à certaines des meilleures tables du monde.

Homme d'ouverture, il a initié des collaborations avec les plus grands chefs européens, et même avec le Baron Philippe de Rothschild, avec lequel il a lancé Opus One, illustrant les possibilités insoupçonnées d'une fertilisation croisée entre différentes cultures et traditions viticoles.

Aprés la vente de son empire, il y a trois ans, il avait décidé de repartir de zéro ou presque avec Continuum, une nouvelle aventure viticole menée avec ses enfants.

Robert Mondavi n'en aura vu que le premier millésime, qui vient d'être lancé.

08:42 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

09 janvier 2008

La Californie de Fiona

Notre amie Fiona Morrison (Master of Wine) évoquait récemment pour nous “sa” Californie.

«Ma première visite de la Napa remonte aux années 1980. Les vins californiens étaient en plein « boom », et je m’étais rendu chez Robert Mondavi, qui venait d’ouvrir sa nouvelle et impressionnante winery.
Les riches fonds de vallée de la North et de la Central Coast étaient plantés de vignobles bien espacés, faciles à travailler – en cépages français, plantés pêle-mêle.
La Napa Valley était évidemment une implantation de premier choix pour les nouvelles wineries. Proche de San Francisco, protégée des brumes du Pacifiques par les monts  Mayacamus, la vallée bénéficie d’un climat sec et chaud, très propice à la vigne. Peut-être trop propice.
 
California
E Pluribus Vinum
 

Pendant la décennie qui suivit, les vins de Californie ont connu des temps difficiles – le temps de l’apprentissage. Le public américain, qui avait découvert les vins d’Europe, plus sophistiqués, commençait à rejeter les vins trop doux et trop boisés des années 80.
Dans le même temps, progressivement, des vins plus intéressants émergeaient d’autres régions comme la Russian River (Sonoma), Santa Cruz, Monterey, et plus au sud, Santa Barbara. Les producteurs s’étaient mis à la recherche de terrains de pente, où des sols plus rocailleux et l’altitude reproduisaient des conditions plus proches de celles de l’Europe.
Graduellement, l’accent fut mis sur la complexité des terroirs plus que sur la facilité de la culture. C’en est fini aujourd’hui, des cépages complantés – les ravages de la Pierce’s Disease et du phylloxéra, dans les années 90, ont accéléré la reconversion du vignoble.    

Si Napa a toujours été la terre d’élection du Cabernet Sauvignon, le  Zinfandel a trouvé la sienne dans la Dry Creek Valley; le Chardonnay, lui, préfère les climats plus frais de     Carneros ou de Green Valley, en Sonoma. Enfin, depuis Sideways, la qualité du Pinot noir de Santa Barbera n’est plus à démontrer. .

Bref, en peu de temps, la Californie a changé de visage. Les wineries les plus récentes ont développé un concept de château proche de celui du Bordelais. Si la Napa et la Sonoma ont montré la voie, dans ce domaine, d’autres terroirs sont en train d’émerger. C’est passionnant.

Les zones de climat plus frais, comme la Valley d’Anderson (Mendocino), Carneros et  Santa Maria (Santa Barbara) présentent un intérêt manifeste. D’autres terroirs émergent dans quelques zones plus chaudes comme Paso Robles, Amador ou Lodi, mais plutôt grâce à leurs vieux Zinfandels ou leurs cépages rhodaniens, mis en valeur en par des   wineries comme Ironstone.  

La Californie a appris à marier cépages et terroirs, ses vins sont plus équilibrés, plus élégants, et présentent plus de personnalité. Le Golden State recèle bien des trésors…

Fiona Morrison MW 

06:19 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |