21 novembre 2009

Et les prix dans tout ça ?

Où notre ami Eric B. nous entretient des cotations des Grands Crus sur la place de New York... Prout prout ma chère...

Le Beaujolais nouveau vient d’arriver et c’est une bonne nouvelle, enfin, tout bien réfléchi c’est quand même le signal clair que l’hiver est à nos portes.

Et pendant ce temps-là, de l’autre côté de l’Atlantique, c’est la déferlante ! En effet, le plus gros vendeur de grands crus classés bordelais aux States, une filiale de Diageo, le plus grand groupe de spiritueux mondial, vient d’annoncer qu’il arrêtait de jouer. C’est qu’au pays de la libre entreprise (on le prétend), vendre du vin n’est pas une sinécure, loin s’en faut. D’une part, il faut des licences différentes pour chaque état. Et, hormis dans le district de Columbia, où se trouve Washington, il est impossible d’être à la fois importateur et vendeur sous la même entreprise. Ajoutez à cela une administration tatillonne comme on en fait plus et un climat de plus en plus favorable à une nouvelle prohibition, vous aurez déjà une vague idée du paysage.

Diageo

Le ciel se couvre pour Château & Estate (une opportunité pour les autres agences?)

Mais ce n’est pas tout, il est vraiment difficile de vendre un vin qui n’est pas passé sous les fourches caudines d’un des grands magazines spécialisés en vin du pays. C’est hallucinant, de voir l’influence de mes collègues outre-atlantique, j’en rêve.Vous imaginez le coup ici ? Pas de vente si pas d’article dans In Vino Veritas, Vino Magazine ou une chronique dans votre DH ? Certes, ce serait le bonheur pour les rédacteurs, mais ça voudrait dire que vous n’êtes même plus foutu de vous faire une opinion par vous-même. Ce serait dramatique !

Mais ce n’est pas pour des raisons philosophiques que la maison jette le gant, ce serait trop beau. Non, ils arrêtent à cause de la concurrence sauvage. Comme je vous le dis bonnes gens. C’est trop concurrentiel pour eux. Mais alors, dans le genre bien rigolo, histoire de la faire à la Attila, les braves ont décidé de solder, ou pas loin, leurs stocks de grands crus. Et là, ça déchire sa race grave !

Pour vous donner une idée, on trouve actuellement les grandes marques, pardon, les grands noms, de Bordeaux au même prix en dollars qu’en euros. Si vous avez une vague idée du change, vous pouvez imaginer la différence de prix. Et encore, c’est sans négocier. Et comme cette entreprise avait des stocks plus que conséquents, on peut dire que le marché va être inondé au moins pour les six mois à venir si pas plus. Donc, s’il vous reste quelques menues monnaies, et que vous avez un ami sûr qui ne boit pas au pays de l’oncle Barrack, c’est le moment de passer commande.

D’autant que les derniers millésimes sont franchement surnuméraires, pour soutenir des prix qui ne le méritaient pas pour certain et pour alimenter une belle spéculation dans le cas des 2005 par exemple, un grand nombre d’acheteurs s’est couvert à outrance de grands crus. Mais lorsque la bise fut venue, c’est le bordel qui s’est déclanché. On déstocke donc, et comme en plus, pour une fois, le millésime qui s’annonce semble vraiment exceptionnel en qualité et dans des quantités sérieuses, il va falloir faire de la place…


Vous chantiez, j’en suis Fortis, et bien dansez maintenant !

 

Eric (Trader) Boschman

11:31 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis | Tags : vin, cotation, commerce | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

20 novembre 2008

Gros "turnover" dans les vignobles américains

Le jeune blog Find a Wine vient de me proposer un échange de liens. Que j'ai accepté d'autant plus volontiers que ces jeunes-là sont sacrément sympathiques, et leurs écrits aussi. Et puis je vois qu'Iris (lisson.over-blog.com) les suit aussi, alors...

Vérifiez vous même sur www.findawine.com/blog

En avant-goût, un article sur le vignoble américain:

États-Unis : dans 10 ans, 50% des domaines auront changé de propriétaire

 

Depuis quelques années, le vin est devenu une valeur spéculative, un produit sur lequel on investit, et cette tendance n’a fait que s’accélérer récemment. Aux États-Unis, elle commence à s’étendre puisque la tendance ne concerne plus que le vin mais aussi les domaines viticoles. Il paraîtrait même que la période est propice à l’achat de domaines, selon une étude de la Silicon Valley Bank, dont le siège est en Californie.

Une étude montre, entre autres, que la population qui possède des domaines viticoles en Californie, dans l’Oregon et dans l’État de Washington (les 3 états américains qui produisent le plus de vin) est une population vieillissante, qui ne va pas tarder à commencer à vendre ses propriétés. Évidemment, tous les héritiers ne sont pas forcément enclins à reprendre le flambeau…

Actuellement, les États-Unis comptent 5000 domaines viticoles (NB: ça semble peu), qui produisent du vin sous 7000 noms de marques différents, pour les vendre à 450 distributeurs. Au cours des dernières années, le nombre de marques a doublé, et celui de distributeurs a été divisé par deux. D’où des difficultés pour les petites propriétés familiales, incapables de négocier sur les prix et de se faire la place qu’elles désireraient dans les rayons des magasins.

La quantité minimale, pour être en mesure de négocier convenablement avec les distributeurs, se situe autour d’un million de caisses produites par an. Du coup, beaucoup de petits domaines en sont loin et les domaines de taille moyenne sont justement à la recherche de petites propriétés à racheter pour arriver à cette production plancher. D’où la prédiction suivante : dans 10 ans, plus de la moitié des propriétés auront changé de main, sans doute dans le sens d’une plus grande concentration.

Mais ce n’est pas la fin des petites propriétés non plus, qui peuvent toujours compter pour s’en sortir sur des clubs de vin (très populaires aux États-Unis), et la vente directe au consommateurs.

07:16 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |