04 septembre 2008

Osteria L'Intrepido

Connaissez-vous l'Osteria "L'Intrepido', à Milan? Le Wine Spectator la connaît, lui, et l'apprécie, puisqu'il vient de lui décerner son Prix d'Excellence.

Ce qui peut étonner au premier abord (et c'est ce qu'ont remarqué nos confrères du Chicago Tribune), c'est que plusieurs vins de prestige à la carte de ce restaurant ont été litéralement torpillés par le jury de dégustation du même Wine Spectator. Par exemple, l'Amarone Classico Gioe S. Sofia 1993, dont la description des arômes était la suivante: "diluant pour peinture et vernis à ongles". Pour faire bonne mesure, voici celle du Barolo riserva 1982 Bruno Giacosa (72/100 au WS): "tanins agressifs, âpres et grossiers". L'Amarone classico 1998 de Tedeschi a été noté encore plus bas (65/100), et le commentaire est sans appel: "Pas propre. Pue la réglisse". Le Barbaresco Asij Ceretto 1985 ("terreux, marécageux, viandeux, dur et tannique") ne s'en est pas mieux tiré. A croire que ce ne sont pas les mêmes qui dégustent et qui priment. Vous avez dit "cohérence"?

Mais là où l'histoire devient vraiment amusante, c'est quand on apprend que l'Osteria L'Intrepido... n'existe pas!

Cette adresse a été inventée de toute pièce par le critique Robin Goldstein, qui a inscrit ce faux restaurant au concours de WS (pour 250 dollars, tout de même), justement pour démontrer que bon nombre de prix gastronomiques et vineux ne sont pas sérieux. CQFD, Robin!

09:38 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

18 août 2008

TTB vs Saint Emilion

C'est fou ce que les autorités américaines sont tâtillonnes quand il s'agit d'appellations européennes; on avait déjà pu le constater à l'occasion du Brunello Gate - leur combat pour garantir au consommation américain qu'il consommait bien du 100% Sangiovese était des plus louables (bien qu'un peu surprenant). Les voici à nouveau en action pour garantir que les étiquettes de Saint Emilion Grand Cru Classés sont bien conformes à la loi française.

Un travail délicat, car la suspension du classement par le Tribunal administratif de Bordeaux introduit un élément perturbateur.

En attendant, 8 châteaux (Pavie Macquin, Troplong Mondot, Bellefont-Belcier, Destieux, Fleur Cardinale, Grand Corbin, Grand Corbin Despagne et Monbousquet) sont sous le coup d'une enquête pour fraude à l'étiquettage de la part du fameux American Alcohol and Tobacco Tax and Trade Bureau (TTB). On s'en rappelle, ils ont été promus en 2006 au rang de Premier Grand Cru Classé ou Grand Cru Classé, mais l'annulation de ce classement les ramène à la case départ. Pour le très sagace TTB (dont l'attention a peut-être été attirée par des jaloux, qui sait?), se pose donc le problème de savoir si ces châteaux pouvaient arborer les mentions du classement sur leurs étiquettes de 2006 et 2007.

Au fait, pourquoi les autorités nationales du pays de production (Italie et France) sont-elles toujours doublées par celles de l'Oncle Sam? N'en font-elles pas assez? Ou le TTB en fait-il trop? Il parle de "fraude potentielle". Ne vaudrait-il pas mieux qu'il annonce les résultats de son enquête une fois celle-ci ficelée, plutôt qu'au moment ou il l'engage?

09:56 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |