28 janvier 2010

Too fast, too furious, too simple?

Les Californiens aiment-ils encore le Cabernet Sauvignon?

S'il faut en croire mon confrère Dan Berger, du Napa Valley Register, la réponse est: "pas tellement".

Et Berger de retracer l'évolution de ce qui était le cépage-phare de la région il ya trente ans, et qui est devenu aujourd'hui, pour beaucoup de Californiens, un petit vin d'apéro à boire frais.

Dan a interrogé des producteurs qui, sous couvert de l'anonymat, lui disent "je fais toujours du cabernet, mais je n'en bois plus".

Made in USA

Certains Américains doivent encore apprendre l'authenticité


Je ne peux m'empêcher de penser cette formidable machine à accélérer le temps que constitue le marketing de masse. Il a fallu cinq cents ans pour faire la réputation des climats bourguignons. Il suffit d'un kangourou sur l'étiquette et d'un peu de sucre résiduel pour faire d'un pinard anonyme un pinard de marque. Vous voulez du cabernet? On vous en donne. Vous n'en voulez plus, on plante autre chose.

Je dis vous, mais je devrais dire nous. Car nul n'est à l'abri des tendances.

Ma morale de l'histoire? Le cabernet - ou tout autre cépage - n'est qu'une des clés d'entrée dans le vin. On ne devrait pas lui attribuer plus d'importance qu'il n'en a. C'est sans doute parce qu'on l'a mis au pinacle qu'on le rejette aujourd'hui. Par lassitude. Comme le Chardonnay, en blanc. Demain viendra le tour du merlot, de la syrah, du pinot noir,  du sauvignon. Mais qu'est-ce qui oblige les Californiens à mettre le nom du cépage sur la bouteille? Pourquoi donner au consommateur ce repère qui n'en est plus un si le vigneron a un tant soit peu d'ambition? Pourquoi ne parlent-ils pas d'où ils sont, de qui ils sont, plutôt que de leurs outils.

Et dire que nos producteurs, en France, se sont battus pour pouvoir mettre le nom de cépage sur leurs AOC... Pour la facilité du consommateur, qu'ils disaient. On en reparle dans 15 ans...

 


14:47 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis | Tags : californie, vin, marketing, cepages | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

11 décembre 2009

La faute au bouchon...

Ou plus exactement, au bouchage, puisqu'en l'occurrence, il s'agit de capsules...

C'est en tout cas ce que pense Francis Ford Coppola, qui assigne au Tribunal son bouchonnier, Vinocor USA. D'après le cinéaste reconverti dans le vin de la Napa, des capsules et des bouteilles déficientes ont causé la perte de nombreux lots de son édition "Encyclopedia," une gamme de vins conçue pour expliquer le monde et l'histoire du vin à ses clients, au travers de différents cépages et modes de vinification. Capsules et bouteilles  avaient été spécialement conçues pour cette série (le s capsules et les goulots étaient sensiblement plus larges que dans les grandes séries, de manière à attirer l'oeil), et l'ensemble adoptait une forme très particuklière (voir photo).

coppola

Apocalyse screwcap?

 

D'après Coppola, certaines capsules fuient, d'autres laissent passer l'oxygène; du côté des bouteilles, ce n'est aps meiux, puisque certaines ont le goulot tordu, d'autres se cassent au bouchage. Plus 700.000 bouteilles de vin auraient été ainsi rendues invendables. Apocalypse now appliqué au bouchage...

Coppola accuse nommément deux directeurs de Vinicor USA de l'avoir trompé, mais ceux-ci auraient à présent quitté l'entreprise pour fonder leur propre compagnie.

Un beau scénario de film pour le réalisateur du Parrain?

 

07:23 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |