11 décembre 2009

La faute au bouchon...

Ou plus exactement, au bouchage, puisqu'en l'occurrence, il s'agit de capsules...

C'est en tout cas ce que pense Francis Ford Coppola, qui assigne au Tribunal son bouchonnier, Vinocor USA. D'après le cinéaste reconverti dans le vin de la Napa, des capsules et des bouteilles déficientes ont causé la perte de nombreux lots de son édition "Encyclopedia," une gamme de vins conçue pour expliquer le monde et l'histoire du vin à ses clients, au travers de différents cépages et modes de vinification. Capsules et bouteilles  avaient été spécialement conçues pour cette série (le s capsules et les goulots étaient sensiblement plus larges que dans les grandes séries, de manière à attirer l'oeil), et l'ensemble adoptait une forme très particuklière (voir photo).

coppola

Apocalyse screwcap?

 

D'après Coppola, certaines capsules fuient, d'autres laissent passer l'oxygène; du côté des bouteilles, ce n'est aps meiux, puisque certaines ont le goulot tordu, d'autres se cassent au bouchage. Plus 700.000 bouteilles de vin auraient été ainsi rendues invendables. Apocalypse now appliqué au bouchage...

Coppola accuse nommément deux directeurs de Vinicor USA de l'avoir trompé, mais ceux-ci auraient à présent quitté l'entreprise pour fonder leur propre compagnie.

Un beau scénario de film pour le réalisateur du Parrain?

 

07:23 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

21 novembre 2009

Et les prix dans tout ça ?

Où notre ami Eric B. nous entretient des cotations des Grands Crus sur la place de New York... Prout prout ma chère...

Le Beaujolais nouveau vient d’arriver et c’est une bonne nouvelle, enfin, tout bien réfléchi c’est quand même le signal clair que l’hiver est à nos portes.

Et pendant ce temps-là, de l’autre côté de l’Atlantique, c’est la déferlante ! En effet, le plus gros vendeur de grands crus classés bordelais aux States, une filiale de Diageo, le plus grand groupe de spiritueux mondial, vient d’annoncer qu’il arrêtait de jouer. C’est qu’au pays de la libre entreprise (on le prétend), vendre du vin n’est pas une sinécure, loin s’en faut. D’une part, il faut des licences différentes pour chaque état. Et, hormis dans le district de Columbia, où se trouve Washington, il est impossible d’être à la fois importateur et vendeur sous la même entreprise. Ajoutez à cela une administration tatillonne comme on en fait plus et un climat de plus en plus favorable à une nouvelle prohibition, vous aurez déjà une vague idée du paysage.

Diageo

Le ciel se couvre pour Château & Estate (une opportunité pour les autres agences?)

Mais ce n’est pas tout, il est vraiment difficile de vendre un vin qui n’est pas passé sous les fourches caudines d’un des grands magazines spécialisés en vin du pays. C’est hallucinant, de voir l’influence de mes collègues outre-atlantique, j’en rêve.Vous imaginez le coup ici ? Pas de vente si pas d’article dans In Vino Veritas, Vino Magazine ou une chronique dans votre DH ? Certes, ce serait le bonheur pour les rédacteurs, mais ça voudrait dire que vous n’êtes même plus foutu de vous faire une opinion par vous-même. Ce serait dramatique !

Mais ce n’est pas pour des raisons philosophiques que la maison jette le gant, ce serait trop beau. Non, ils arrêtent à cause de la concurrence sauvage. Comme je vous le dis bonnes gens. C’est trop concurrentiel pour eux. Mais alors, dans le genre bien rigolo, histoire de la faire à la Attila, les braves ont décidé de solder, ou pas loin, leurs stocks de grands crus. Et là, ça déchire sa race grave !

Pour vous donner une idée, on trouve actuellement les grandes marques, pardon, les grands noms, de Bordeaux au même prix en dollars qu’en euros. Si vous avez une vague idée du change, vous pouvez imaginer la différence de prix. Et encore, c’est sans négocier. Et comme cette entreprise avait des stocks plus que conséquents, on peut dire que le marché va être inondé au moins pour les six mois à venir si pas plus. Donc, s’il vous reste quelques menues monnaies, et que vous avez un ami sûr qui ne boit pas au pays de l’oncle Barrack, c’est le moment de passer commande.

D’autant que les derniers millésimes sont franchement surnuméraires, pour soutenir des prix qui ne le méritaient pas pour certain et pour alimenter une belle spéculation dans le cas des 2005 par exemple, un grand nombre d’acheteurs s’est couvert à outrance de grands crus. Mais lorsque la bise fut venue, c’est le bordel qui s’est déclanché. On déstocke donc, et comme en plus, pour une fois, le millésime qui s’annonce semble vraiment exceptionnel en qualité et dans des quantités sérieuses, il va falloir faire de la place…


Vous chantiez, j’en suis Fortis, et bien dansez maintenant !

 

Eric (Trader) Boschman

11:31 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis | Tags : vin, cotation, commerce | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |