03 février 2010

Où l'on reparle du faux pinot noir

Un petit mot, à nouveau, sur l'affaire du faux pinot noir, puisque Decanter y consacre une nouvelle chronique. Ma consoeur Maggie Rosen pense que cette triste affaire pourrait inciter les autorités américaines à demander de nouvelles garanties à l'Etat français pour l'importation de vin. Un peu comme dans l'affaire du Brunello, avec l'Italie.

Bottleshot-PinotNoir

Le monde du vélo n'avait pas besoin d'un scandale de plus...

 

 

Permettez-moi de rigoler. Car qui a levé ce lièvre? Est-ce Gallo? Que nenni! Dans cette affaire, la victime n'est même pas partie au procès. Les pauvres consommateurs américains, alors? En aucune façon - ils continuent d'ailleurs à boire du Red Bicyclette en toute candeur. Sieur d'Arques, peut-être? Encore moins, puisque la cave dit n'avoir été au courant de rien.

Non, à l'intiative du procès, il y a l'Etat français - ce pelé, ce galeux. Pour une fois, on ne peut vraiment pas lui reprocher de ne pas avoir joué son rôle. de gendarme. Ce qui est d'autant plus méritoire que les produits n'étient même pas vendus en France.

Alors si les autorités américaines entendent vraiment protéger leurs consommateurs (et pas seulement leur marché, ce qui serait passer de la protection ou protectionnisme), qu'ils demandent déjà des comptes à leurs importateurs...

Bon, maintenant, attendons avec sérénité le 17 février (la date du prononcé), et passons à autre chose...

22:17 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis | Tags : pinot noir, protectionnisme, vin, france, etats-unis | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

28 janvier 2010

Too fast, too furious, too simple?

Les Californiens aiment-ils encore le Cabernet Sauvignon?

S'il faut en croire mon confrère Dan Berger, du Napa Valley Register, la réponse est: "pas tellement".

Et Berger de retracer l'évolution de ce qui était le cépage-phare de la région il ya trente ans, et qui est devenu aujourd'hui, pour beaucoup de Californiens, un petit vin d'apéro à boire frais.

Dan a interrogé des producteurs qui, sous couvert de l'anonymat, lui disent "je fais toujours du cabernet, mais je n'en bois plus".

Made in USA

Certains Américains doivent encore apprendre l'authenticité


Je ne peux m'empêcher de penser cette formidable machine à accélérer le temps que constitue le marketing de masse. Il a fallu cinq cents ans pour faire la réputation des climats bourguignons. Il suffit d'un kangourou sur l'étiquette et d'un peu de sucre résiduel pour faire d'un pinard anonyme un pinard de marque. Vous voulez du cabernet? On vous en donne. Vous n'en voulez plus, on plante autre chose.

Je dis vous, mais je devrais dire nous. Car nul n'est à l'abri des tendances.

Ma morale de l'histoire? Le cabernet - ou tout autre cépage - n'est qu'une des clés d'entrée dans le vin. On ne devrait pas lui attribuer plus d'importance qu'il n'en a. C'est sans doute parce qu'on l'a mis au pinacle qu'on le rejette aujourd'hui. Par lassitude. Comme le Chardonnay, en blanc. Demain viendra le tour du merlot, de la syrah, du pinot noir,  du sauvignon. Mais qu'est-ce qui oblige les Californiens à mettre le nom du cépage sur la bouteille? Pourquoi donner au consommateur ce repère qui n'en est plus un si le vigneron a un tant soit peu d'ambition? Pourquoi ne parlent-ils pas d'où ils sont, de qui ils sont, plutôt que de leurs outils.

Et dire que nos producteurs, en France, se sont battus pour pouvoir mettre le nom de cépage sur leurs AOC... Pour la facilité du consommateur, qu'ils disaient. On en reparle dans 15 ans...

 


14:47 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis | Tags : californie, vin, marketing, cepages | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |