22 septembre 2010

Les repas avec ou sans

Si vous écoutez les radios françaises, ces derniers temps, vous n'avez pas pu échapper à ces spots.

Je cite de mémoire: "il y a les repas sans" - ternes, mornes; et "il y a les repas avec", joyeux, conviviaux, plein d'allégresse.

Avec quoi? Avec un bon vin?

Bien sûr que non! Avec un Coca-Cola.

Je sais bien que ce n'est que de la pub et qu'on n'est pas obligé d'y croire. Mais les publicitaires ne font jamais rien sans un minimum de potentiel d'adhésion de la part de leur cible. S'ils ont décidé d"'investir le territoire du repas", s'ils s'attaquent à ce fief de l'eau, de la bière et du vin, c'est parce qu'ils disposent sans doute d'études qui leur prouvent qu'au moins une frange de consommateurs est réceptive.

Qu'importe si leur breuvage se marie bien aux plats. Ce n'est pas la préoccupation des bouffeurs de France. Qu'importe si Coca les bourre de sucre ou d'édulcorant. Coca-Cola a des alliés jusque chez les nutrionnistes, il a payé assez de travaux de recherche pour qu'on ne l'accuse plus de créer des obèses.

Et ne venez pas leur dire qu'il américanise la France. Les Français s'américanisent bien tous seuls.

Dans la guerre des boissons, le breuvage de Bacchus manque de grandes marques, manque de  soutiens médiatiques, manque de relais politique; aussi est-il bien faible face aux sodas (ou même aux alcools et aux bières). 

Je ne serais pas surpris d'apprendre que la consommation de Coca-Cola dépasse celle du vin à table, dans bien des familles françaises.

"Au fait, le vin, combien de divisions", comme aurait dit Staline?

Je ne parle pas des divisions intestines entre régions et formes de productions, bien sûr...

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis, France | Tags : coca-cola, repas, américanisation | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

25 mai 2010

Les jeunes américains et les grands vins: questions sans réponse

Le critique américain Eric Azimov s'intéresse aux nouvelles tenances de consommation de vin outre-Atlantique; et égratigne Bordeaux au passage: "for a significant segment of the wine-drinking population in the United States, the raves heard around the world were not enough to elicit a response beyond, perhaps, a yawn. For these people, Bordeaux, once the world's most hallowed region and the standard-bearer for all fine wines, is now largely irrelevant".

Tire-bouchon


D'accord. Mais pourquoi limiter le problème à Bordeaux? Comment s'en tirent les Barolos, les Brunellos, les Rheingau, les Madère et les Portos?

Quels sont donc les nouvelles icones vineuses des "nouveaux buveurs" américains? Comment se déterminent-ils?

Ont-ils une nouvelle logique? Est-ce une question de prix? Est-ce une question de goût (complexité versus plaisir). Est-ce une question d'image -  les jeunes buveurs veulent-ils rompre avec les vins de Papa? Ou bien encore est-ce une question d'apprentissage? Mais les jeunes veulent-ils encore faire l'apprentissage des grands vins?

Questions subsidiaires: la génération précédente était-elle vraiment si différente? Ou bien chaque génération doit-elle d'abord renier l'héritage pour le redécouvrir ensuite? Et puis, les modes du vin ne touchent-elles pas toutes les générations? Cesse-t-on d'avoir envie de découvrir quand on passe le cap des 50 ans?

Les chiffres montrent que la consommation de vin n'a pas cessé d'augmenter aux States ces 20 dernières années. Alors, est-ce que le peu d'acheteurs potentiels d'aujourd'hui des vins de prix  "baillent" vraiment plus que ceux d'hier en entendant parler des grands Bordeaux?

A moins, bien sûr, que les Américains riches se lassent du vin à valeur statutaire. Qu'ils se tournent vers le vin-qui-se-boit.

Tiens, tout à coup, je pense au Festival de Cannes. Qui s'intéresse encore vraiment à cette institution à part quelques festivaliers dont c'est le gagne-pain? Quelques pipoles et leur lot d'indécrottables grouies des deux sexes?.

Je vais parfois au cinéma, mais jamais je ne vais voir les films qui sont en compétition à Cannes. Ou plutôt, jamais Cannes ne sélectionne les films que je vais voir. Mes films sont trop grand public, pas assez cérébraux, pas assez hermétiques.

Et si les grands crus étaient au vin ce que Cannes est au cinéma? Je vous laisse méditer là dessus...


07:02 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis | Tags : americains, tendances, vin | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |