14 janvier 2011

"Un grand vin naît dans le vignoble"

Bis repetita placet (de freins), quand c'est pour la bonne cause.

Vous rappelez vous du Professeur Spellum? Mais si, c'est cet américain qui est parti en guerre contre les mentions inutiles sur les étiquettes de vin, voici quelques années.

A commencer par la phrase maintes fois rabâchée: "Un grand vin naît dans le vignoble"

Il paraît que compte tenu du mode de vie du raisin, les mauvais vins naissent aussi dans le vignoble. Seuls les très très mauvais, eux, naissent au labo. 

Bref, cette phrase perdu beaucoup de sa force. Elle est aujourd'hui aussi diluée qu'un Sonoma mouillé à 40%.

Je vous propose une solution radicale. Et si on taxait les producteurs en fonction de l'intérêt de leurs contre-étiquettes? Plus elles seraient tartes, et plus la taxe serait élevée. D'abord, ce serait plus que correct écologiquement: pourquoi couper des arbres pour imprimer des choses inutiles?

Et puis, on reverserait l'argent aux bons producteurs qui ne vous dorent pas la pilule.

On plafonnerait quand même la taxe, car on ne veut la mort de personne; et puis, sinon, demain, Luc Charlier aurait de quoi racheter la Coopérative de Limoux.

Bon, en attendant, j'attends vos meilleurs exemples de contre-étiquettes particulièrement non-informatives...

00:01 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, étiquettes, sémantique | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |

05 décembre 2010

Le "goût" américain et le goût tout court

Tiens, je vous parlais voici peu de mes réserves vis-à-vis des vins italiens boisés et issus de cépages internationaux, alias Supertoscans. Tout le monde ne pense pas comme moi: au classement des 100 meilleurs vins du monde de Wine Spoectator, le premier italien (qui se trouve être aussi le premier européen) est un supertoscan de Fontodi.

Bon, l'idée même d'un classement mondial des vins est une grosse bêtise.

Par ailleurs, tous les goûts sont dans la nature, le consommateur américain - ou ceux qui interprètent ses choix - a bien le droit d'aimer ce que je n'aime pas.

Attention tout de même, ce n'est pas la diversité des goûts qui est en jeu, c'est la diversité des productions. A force de recommander des faux Bordeaux bodybuildés issus des quatre coins de la planète, on suscite leur éclosion partout.

Je ne voudrais pas faire d'antiaméricanisme primaire.

D'une part, parce que généraliser sur plus de 200 millions de personnes, ce serait indécent.

D'autre part, parce qu'à ma grande honte, il me faut reconnaître que la connaissance du Français moyen en matière de vin n'est pas des plus impressionnantes. Entre ceux qui ne boivent pas, ceux qui ne boivent plus, ceux qui boivent des étiquettes, ceux qui boivent régional et ceux qui boivent du prix, il faut chercher pour trouver de vrais oenophiles.

Mais quand mon confrère et ami québécois Marc-André Gagnon me confie que certaines de ses connaissances ne jurent que par les classements de Parket ou du Wine Spectator, je me dis qu'il y a encore beaucoup de travail à faire pour éduquer les consommateurs. Pas tant pour leur faire adopter nos goûts - en quoi mon goût serait-il meilleur que celui des guides ou de n'importe quel gourou? - que pour leur donner confiance dans leur propre jugement.

 

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, boisé, international | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |