22 avril 2011

What good wine writers are for

Mon confrère britannique Stuart George débatait récemment sur son blog avec Randall Grahm (le fondateur de Bonny Doon, chroniqueur à ses heures perdues pour Dr Vino). Le sujet: le rôle du critique vineux. Un débat vieux comme la critique vineuse, mais relancé voici peu par la nomination d'Antonio Gallioni au poste de correspondant du Wine Advocate pour la Bourgogne et la Californie.

Deux régions où le nouveau promu n'a été que deux fois dans sa vie, comme il l'avoue lui-même.

Ce qui, sans rien enlever aux capacités de dégustateur de M. Gallioni, pose pour certains le problème de sa compréhension des deux régions, ou encore (lâchons le mot qui fâche) son approche des terroirs.

 

vin,vignoble,critique

Stuart George

Stuart: “Do you not think that wine writers should encourage what they believe to be the most authentic expression of any given terroir rather than more outré interpretations…?”

Randall: “I am in agreement that outré stylistics are infinitely less interesting that true expressions of terroir (and would suggest that the New World modern style is generally a stylistic overreaching). But I am glad that there are people making orange wines, fermenting oddball grapes in amphorae, making wines without SO2, making wines with tons of SO2 (Manfred Prüm). An influential wine writer has to ask him(her)self if his own predilections are making the world of wine richer or more impoverished. Great terroirs are precious and are worth championing."

Voila qui est bien dit. Mais au fait, pourquoi le Wine Advocate ne se trouve-t-il pas un bon journaliste bourguignon pour suivre l'actualité viticole locale, déguster ce qui doir l'être sur place, rencontrer les gens qui comptent? Il est plus facile de trouver un bon traducteur qu'un bon expert en vins de Bourgogne...

Et c'est vrai également pour la Californie, mais sans le problème de traduction.

Etonnez-vous après ça que je ne lise pas le Wine Adovocate (ni le Wine Spectator, d'ailleurs!).

En attendant, je rajoute le blog de Stuart George dans mes favoris: c'est ICI

PS. On passe beaucoup de temps à se demander à quoi on est bon dans cette profession. C'est bien parce que le doute est salutaire. Mais trop n'en faut: l'important, ça reste le vin lui même, pas ce que moi je pense du vin, pourquoi j'y pense, comment j'y pense, etc...

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, critique | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

18 avril 2011

France Agrimer et la promotion des vins français à l'étranger

France Agrimer et les professionnels de la filière vitivinicole se sont interrogés, d’une part sur les actions de promotion collective réalisées dans l’Union Européenne et dans les pays tiers, et d’autre part sur l’image de la France et des vins français.

Ces études orientées vers les marchés extérieurs ont eu deux objectifs :

-évaluer l’image «France» des vins et la valeur ajoutée de la bannière collective «vins de France» auprès de groupes de consommateurs ;
-analyser quelles actions de promotion collective des vins français seraient efficaces auprès des opérateurs à l’étranger.
Les études ont été réalisées en 2010 par les cabinets Agrex Consulting pour la partie opérateurs et Pharest pour la partie consommateurs.


 Les valeurs fondamentales associées au vin français se trouvent être des valeurs antagonistes et pourtant toujours combinées :
-un produit à la fois simple et luxueux 

-un produit à la fois authentique et à la mode

-un produit à la fois rustique et raffiné


Une image homogène de la France à travers tous les pays

La France est perçue par tous comme un petit pays à grand rayonnement et possède une image d’exception.
En outre, la France a surtout une image qui fait vendre, avec des éléments d’image principaux nuancés selon les pays :
- son Histoire, plus prégnante au Québec et en Chine avec ses rois, ses châteaux, sa révolution
-sa Géographie, la France est le pays du tourisme
-son Agriculture, plus prégnante en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, qui représente la nature, la ruralité, l’authenticité
- sa Cuisine & son Vin, plus encore en Russie et au Japon, symbole d’excellence, de toques, d’étoiles, d’art de vivre, d’hédonisme
- la Culture : Arts, Architecture, Musées
- le Luxe & la Mode (plus prégnants en Chine, Russie et au Japon) : Marques, Couture, Beauté, Élégance, Séduction, Romantisme
- l’Esprit, une unanimité sur les qualités et défauts des Français avec des talents (créativité, audace, liberté, goût du beau, perfectionnisme) mais aussi des travers (nombrilisme, arrogance, refus de communiquer)
Le nom France dispose d’une bonne image en Allemagne, c’est le ‘’premier et meilleur barrage aux concurrents’’. L’intérêt est croissant sur les circuits les moins traditionnels mais de gros regrets sur la sous- exploitation de l’image France.
- Au Royaume-Uni, l’image France = "club secret à ouvrir". L’image est préservée, elle est même le rempart aux fluctuations de mode des régions françaises.
- Excellente image sur la Belgique, attachement presque viscéral (plus faible sur le Nord), de fortes attentes en association avec les régions.
- Potentiel aussi sur la Canada, image vierge en allant vers l’Ouest. L’image n’est pas démodée, pas ringarde, et fait rêver. De même pour le Japon, la Chine et la Russie, où l’image reste intacte. Sur ces pays les clichés français fonctionnent bien et il faut prévoir des campagnes de promotion adaptées et une identification France aisée.
Une action est nécessaire pour retrouver une symbolique France.

09:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Canada, Etats-Unis, Europe, France, Gastronomie, Grande-Bretagne | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |